SOUS LA SURFACE de Mr MARTIN MICHAUD chez Kennes Edition

Cette semaine, nous partons à la rencontre d’un auteur Québécois : Martin Michaud, pour son roman « Sous la Surface » chez Kennes Edition.

Une très belle découverte ; un thriller et une histoire d’amour. Des personnages qui restent gravés dans notre mémoire. Et aussi, une vision originale des coulisses du Super Tuesday.

La façon dont le passé rattrape les personnages est vraiment sublime !

Voici le résumé du roman :

Un thriller d’une puissance et d’une virtuosité exceptionnelles, dans lequel Martin Michaud nous entraîne dans le Massachusetts.

La veille du Super Tuesday, jour crucial des élections primaires américaines, l’écrivaine et ancienne top-modèle Leah Hammett débarque à Lowell avec son mari, Patrick Adams, candidat favori à l’investiture démocrate. Vingt-cinq ans après avoir quitté sa ville natale sans jamais y revenir, Leah voit son passé ressurgir avec violence, une violence aussi forte que les espérances qu’il suscite…

 

Un roman à dévorer pour les fêtes de fin d’année. Vous ne serez pas déçus. Je suis fier de connaître ce brillant auteur, dont on attend pour 2015, la sortie de trois autres romans.

Je profite aussi, de pousser une gueulante envers les maisons d’éditions françaises, qui sont frileuses à publier des romans Québécois. Osez ! Ne privez pas les lecteurs Français de brillantes plumes Québécoises.

Un grand merci, donc, aux Editions belges Kennes, pour nous faire partager ce coup de cœur.

 

La semaine prochaine nous partons rencontrer X .Je vous souhaite une très bonne lecture noire.

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Bienvenue sur le divan du Concierge.

Pouvez-vous nous parler de votre enfance et comment êtes-vous venu à écrire des thrillers ?

 

Très confortable ce divan, cher concierge ! Alors… Je suis né en 1970, dans la ville de Québec, au Canada, où j’ai grandi dans une famille de la classe moyenne. Je vis à Montréal depuis 1993. J’ai étudié en droit, puis pratiqué le métier d’avocat d’affaires pendant vingt ans. Pourtant, juste avant mon entrée à l’université, j’avais vécu un grand coup de foudre, qui s’était plutôt mal passé. En effet, j’y avais attrapé une maladie. Du genre de celles qu’on attrape sous les couvertures… Heureusement, c’était sous la couverture d’un recueil de poésie de Charles Baudelaire. Cette maladie, transmise textuellement, m’a donné l’envie irrépressible d’écrire. Aussi, durant les vingt ans où j’ai pratiqué le droit, j’ai toujours écrit en parallèle. Tout naturellement, j’ai commencé par de la poésie. De là, je suis passé aux paroles de chansons, que j’interprétais avec mon band, m-jeanne. Puis, vers l’âge de vingt-cinq ans, sans aucune raison particulière, j’ai commencé à écrire un premier roman… J’ai écrit deux romans sur une période de quinze ans avant d’être finalement publié. Un premier, tellement mauvais qu’il n’est jamais sorti de mes tiroirs. Puis un deuxième, qui a été refusé par toutes les maisons d’édition de l’Univers. Moi qui croyais écrire de la grande littérature, mon ambition de gagner le Goncourt venais d’en prendre pour son rhume ! (Rires) Puis, au moment où seule ma mère et mon chien croyaient en ma capacité de devenir écrivain, j’ai retrouvé un fichier dans mon ordinateur. Un an plus tôt, j’avais jeté quelques notes concernant un projet de série de romans policiers qui mettrait en vedette un enquêteur du SPVM (Service de police de la Ville de Montréal). Dans le fichier, j’avais déjà donné un nom au personnage principal : Victor Lessard… À partir de là, tout s’est enchaîné : Il ne faut pas parler dans l’ascenseur a été publié en 2010, La chorale du diable en 2011 et Je me souviens en 2012. Après ces trois premières enquêtes de Lessard, j’ai décidé d’aller voir ailleurs si j’y étais. J’ai donc publié deux hors série, Sous la surface en 2013 et S.A.S.H.A. en 2014. Toujours en 2014, j’ai publié le quatrième volet des enquêtes de Lessard, Violence à l’origine.

 

Il y a une chose qui m’a surpris avant de commencer l’interview, l’avant-propos de votre roman : « Au Québec, je vis, j’aime et je pense le monde en Français, dans une langue aux accents d’Amérique… » Expliquez-nous pourquoi vous en parlez au début, c’est un bel hommage.

 

Avec mon éditeur (Dimitri Kennes), nous avons pris la décision de ne pas « adapter » mes romans pour le marché européen. Nous avons en effet souhaité proposer le texte original avec le cachet québécois (il sera d’ailleurs plus visible dans la série avec Victor Lessard que dans Sous la surface, dont les personnages sont américains et qui se déroule aux États-Unis). Nous avons choisi de privilégier cette approche par souci d’authenticité, mais aussi parce que nous croyons que la langue française est vivante et qu’il faut embrasser les différences qui peuvent exister, suivant l’endroit dans le monde où on la parle. C’est ce qui, à mes yeux, fait sa richesse.

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Comment vous est venue l’idée de ce superbe thriller, « Sous la surface » chez Kennes Editions?

 

Le point de départ de Sous la surface est librement inspirée de l’accident ayant impliqué le sénateur Ted Kennedy à Chappaquiddick. Je suis parti d’une image. Une voiture s’enfonce sous les eaux. À bord, une femme hurle, prise au piège. Sur le rivage, un homme observe la scène, sans intervenir. Pourquoi ?

 

Parlez-nous de Leah, Patrick et Chase, les trois principaux personnages du roman, même si ce ne sont pas les seuls qui nous restent en mémoire.

 

Leah Hammett est au milieu de la quarantaine. C’est une ancienne top-modèle et une écrivaine en panne d’inspiration. Elle accompagne Patrick Adams, son conjoint et principal candidat démocrate aux présidentielles américaines, pendant la campagne de ce dernier. Leah est une femme forte, qui est mal à l’aise avec l’image d’épouse modèle qu’on lui demande de projeter. Le jour du Super Tuesday, moment critique dans la campagne, Leah va recevoir un message de Chase Moore, son grand amour de jeunesse, décédé depuis plus de vingt-cinq ans. Ce message va faire ressurgir le passé de Leah de façon violente et changer irrémédiablement, en l’espace de quarante-huit heures, le reste de sa vie.

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Pouvez-vous nous parler du Super Tuesday, qui est une immense machine à broyer ? Ce que j’aime aussi, c’est la façon dont vous nous en montrez les dessous.

 

Le Super Tuesday est ce moment clé des élections primaires américaines où l’on départage, à l’intérieur de chacun des grands partis, démocrate et républicain, qui est le candidat qui se démarque des autres et qui aura l’occasion de croiser le fer contre son opposant de l’autre parti pour l’élection présidentielle. C’est effectivement une machine à broyer, car il implique des luttes fratricides au sein d’un même parti. Les luttes sont donc féroces entre les candidats et tous les coups sont permis.

 

Si je vous dis que ce thriller est aussi une très belle histoire d’amour, que me répondez-vous ?

 

Que vous avez raison, cher concierge ! Il y a effectivement dans Sous la surface, non pas une seule, mais deux grandes histoires d’amour tragiques… Tragiques, mais sans mièvreries !

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Avez-vous une anecdote à nous raconter sur ce roman ?

 

Mmm… J’en ai plusieurs. Voyons voir… Saviez-vous que :

 

  • Le nom de l’inspecteur Adrian Mitchum est une anagramme parfaite de… Martin Michaud…

 

  • Le nom de famille de Leah est un hommage à Dashiell Hammett (1884-1961), considéré par plusieurs comme le fondateur du roman noir (Maltese Falcon)…

 

  • Le nom de Francis Powers est un clin d’œil à Francis Gary Powers (1929-1977), le pilote de l’avion de reconnaissance U2 abattu au-dessus de l’Union soviétique…

 

  • Dans chacun de mes romans, il y a une référence à la pièce So What de Miles Davis et au comédien Humphrey Bogart. Sous la surface n’y échappe pas…

 

  • Le chef de police Seymour Glass doit son nom à un personnage récurrent de l’œuvre de J.D. Salinger, un de mes auteurs fétiches…

 

  • Leah Hammett a publié trois romans. Tu n’iras pas au ciel était le titre provisoire de mon roman Je me souviens. La mort mérite d’être vécue, celui de La chorale du diable, tandis que L’effet placebo est un roman jamais publié que j’ai écrit en 2005 (celui refusé par toutes les maisons d’éditions de l’Univers !)…

 

Parlez-nous des trois autres thrillers qui vont paraître l’année prochaine aux Editions Kennes. Je suis quand-même surpris. Tant mieux pour nous, mais en général, un écrivain publie un seul roman par an !

 

Ce sont les trois premières enquêtes de Victor Lessard, dont j’ai parlé précédemment, le personnage récurrent de quatre de mes romans, celui qui m’a fait connaître des lecteurs et des médias au Québec. Les trois premiers Il ne faut pas parler dans l’ascenseur, La chorale du diable et Je me souviens seront publiés en Europe en 2015. Violence à l’origine, qui vient de paraître au Québec en novembre, sortira au début 2016. Pourquoi les publier en tir groupé ? Mais parce qu’on veut séduire les lecteurs européens, cher concierge, et surtout leur éviter de subir un trop long sevrage entre deux enquêtes de Lessard ! (rires)

Je voudrais aussi faire une remarque : la difficulté de lire en France des thrillers et romans noirs Québécois. Heureusement que des maisons d’éditions Belges nous font partager leurs coups de cœur, c’est un vrai problème non ?

 

Je dois avouer que je me trouve extrêmement privilégié d’être l’un des premiers auteurs de polars québécois à faire surface sur le marché européen. Je me réjouis de savoir que l’un de mes amis et collègues, Patrick Senécal, le maître du roman noir et de l’horreur chez nous, dont la renommée dépasse la mienne, se retrouvera lui aussi bientôt sur les rayons, chez Fleuve noir. Il y a au demeurant plusieurs autres auteurs de calibre international chez nous. J’espère qu’ils nous rejoindront dans un avenir rapproché.

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Comment écrivez-vous ? Le matin, le soir, dans un bureau…

 

J’écris généralement de mon bureau, à la maison, mais je me rends aussi dans le plus total anonymat quelques fois par semaine dans un café de mon quartier de Notre-Dame-de-Grâce. Le patron me demande souvent comment vont mes études, les examens, etc. J’ai l’impression qu’il me prend pour un de ces éternels étudiants au post-post-post-doctorat. J’écris toujours en écoutant de la musique avec des écouteurs (modèle Audio-Technica ATH-M50). Je peux faire jouer la même chanson en boucle pendant des heures. Je laisse la musique me transporter dans un autre univers, à la lisière de mon inconscient. Et là, la magie s’opère, les mots jaillissent. Je ne souffre jamais du syndrome de la page blanche. Par ailleurs, je ne travaille pas à heure fixe. Certains auteurs n’écrivent que le matin : pas moi. J’écris à toute heure du jour ou de la nuit. Et les longues journées d’écriture ne m’effraient pas.

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Je crois que vous adorez Jack Kerouac, car pendant tout le roman on sent sa présence.

 

Très juste observation, cher concierge. Avec On the road, Jack Kerouac a été l’un des écrivains qui a compté quand j’ai commencé à m’intéresser à la littérature. Alors, j’ai voulu lui rendre hommage à ma façon dans Sous la surface. J’ai même baptisé un hôtel « Le Kerouac » en son honneur.

 

Quels sont les auteurs que vous aimez, et quel roman lisez-vous actuellement ?

 

Henri Vernes, George Simenon, Henning Mankell, Franck Thilliez, Jo Nesbo, RJ Ellory, Michael Connelly, Boris Vian et Romain Gary. Et aussi, dans l’ordre ou le désordre : Paul Éluard, Alexandre Dumas, Pablo Neruda, Cormac McCarthy, Paul Auster, Charles Baudelaire, Réjean Ducharme, Michel Tremblay, Pierre Nepveu, Rimbaud, Michel Houellebecq et Jean-Paul Dubois. Surtout Jean-Paul Dubois. Je viens de terminer le Syndrôme [E] de Franck Thilliez (que je recommande chaudement) et je m’apprête à commencer I am Pilgrim, dont j’ai entendu autant parler en bien qu’en mal. En parallèle, je relis La promesse de l’aube, de Romain Gary, dans une édition illustrée qui m’a été offerte par mon ami, le romancier québécois Bryan Perro.

 

 

Quels sont vos films préférés ?

 

Il y en a trop pour que je puisse faire une liste sérieuse et exhaustive. Alors je lève la tête, cher concierge et je regarde quelques titres empilés sur les rayons, au-dessus de mon bureau : Fight Club, Pulp Fiction, Casablanca, No Country for Old Men, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Apocalypse Now, Saving Private Ryan, Slap Shot, Un zoo la nuit, Léolo, César et Rosalie, Les choses de la vie, ainsi qu’un coffret de Hitchcock. J’arrête ici, je viens d’apercevoir quelques titres inconvenants sur mes tablettes (rires).

 

 

Quel sera le mot de fin à cette interview ?

 

Chers lecteurs européens, je vous remercie de me confier vos loisirs et de me faire confiance en achetant mes romans. C’est un geste qui compte et qui me touche. N’hésitez pas à m’écrire pour me donner vos impressions de lecture à : www.facebook.com/martinmichaudauteur