Philippe Boizart :: Le reflet de la Salamandre

pbRégion parisienne. Une jeune femme est retrouvée atrocement mutilée dans un terrain vague le long de l’autoroute. Les sévices qui lui ont été infligés n’augurent rien de bon quant à la folie des meurtriers. Pour Camille, dont la vie privée va se retrouver intimement liée à cette affaire, et Mathias, enquêteurs au 36, quai des Orfèvres, c’est le début d’une course effrénée contre la mort qui va éprouver toutes leurs convictions. Tour à tour chasseurs ou gibiers, les deux officiers accompagnés de Sophie, leur amie médecin légiste, vont vivre une traque infernale et bouleversante.

Le reflet de la Salamandre de Philippe Boizart  chez Ex Aequo Éditions. Comment un tel roman aussi machiavélique peut-il sortir de la tête d’un écrivain, qui plus est pour son premier livre ?

Même si on remarque quelques petits défauts, ce roman nous tient en haleine jusqu’au bout et c’est ce qui fait sa réussite. Et c’est pour cela que je vous le recommande, vous passerez un très bon moment de lecture.

Son deuxième roman, Nuisibles, lorgne du côté du fantastique. Il arrive à nous donner le frisson, le bougre !  Qui aime les rats ? Tout le monde, je pense, a des frissons en pensant à ces petites bébêtes. Eh bien ici, le pur frisson est garanti. Après avoir lu ce roman, vous aurez une autre vision des rats…

Résumé :
Étienne, dix ans, est un garçon sensible et intelligent. Sa personnalité et sa situation familiale difficile l’ont rendu solitaire. Il trouve refuge dans les livres de la bibliothèque et réconfort auprès de sa seule amie, Lili, avec qui il va partager un précieux secret. En effet, Étienne a découvert qu’une partie de son habitation était colonisée par une famille toute particulière… Malheureusement, le bonheur fragile créé par Étienne sera mis à mal, et l’adolescent s’approchera dangereusement de la folie.

La semaine prochaine, nous partirons rencontrer un auteur libanais pour deux petites nouvelles qui valent de l’or. Je vous souhaite de très bonnes lectures noires à tous.

 

9782359625035_DI-IMMA-BO-0023636Merci d’être sur le divan du concierge. Ma première question : Parle-nous de ton enfance et dis-nous comment tu es venu à écrire.
Mon enfance : pas de doute, je suis bien sur un divan ! Une enfance simple et heureuse, à Abbeville, une petite ville tranquille de la Somme. Des parents ouvriers aimants qui m’ont permis de m’épanouir sans problèmes particuliers. Fils unique, j’ai grandi dans un quartier tranquille où je passais le plus clair de mon temps avec les enfants qui y habitaient. J’ai obtenu un bac C avant de poursuivre mes études sur Amiens et Nancy. Après cela je suis allé vivre dans la région Lilloise pour le travail où j’avais obtenu un poste dans la fonction publique territoriale. J’y suis Ingénieur principal en voirie et espaces publics.

L’écriture est venue tardivement, en 2012. Je lisais des romans policiers aux éditions « Les nouveaux auteurs », l’envie d’écrire est venue. Je me suis dit pourquoi pas moi et je me suis lancé, ce que je ne regrette pas. Ne pas écrire est devenu impensable.

Dans ton roman Le reflet de la Salamandre chez AE Edition, tu nous as fabriqué un tueur que l’on ne risque pas d’oublier de sitôt. Il adore les scalps. Peux-tu nous parler de la construction de ce personnage ?
Objectif atteint alors. Je souhaitais un tueur qui marque les esprits, d’où sa folie démesurée. Mais cela ne suffisait pas, ce tueur devait posséder des aptitudes à la hauteur de cette folie, de manière à pouvoir mettre celle-ci à l’œuvre sans restrictions, afin de le rendre l’homme le plus dangereux qui soit. Mais je suis aussi intimement persuadé que toute folie trouve son fondement dans son chemin de vie, aussi ai-je tenu à expliquer son origine, créer ainsi une empathie pour ce tueur qui en est lui-même dépourvu, créer une forme de compréhension dérangeante. Car qui peut affirmer qu’il n’aurait pas agi de même s’il avait connu un parcours identique ?

Dans ton écriture, on sent les doutes de Camille et Mathias (Alex), tes personnages principaux. C’est ce qui fait la réussite de ton roman. Parle-nous de ces deux personnages.
Je parlerai surtout de fragilité. Camille et Alex sont des êtres humains comme nous tous. Ce à quoi ils font face tous deux, de manière différente, demande une force extrême. Et bien qu’ils possèdent des armes pour faire face à ces situations, ils sont tout de même fragiles, doutent et ont besoin de décompresser et d’être rassurés. Lorsque l’adrénaline ne fait plus effet, plus que quiconque, ils ont alors besoin d’affection, d’être épaulés. Il faut compenser, les émotions agissent comme des vases communicants.

As-tu une anecdote à nous raconter sur ce roman ?
J’ai voulu un roman sans fioritures, sans descriptions intempestives de lieux ou d’autres choses. Tout est basé sur l’action et le rythme pour que l’envie de tourner rapidement les pages soit la plus forte. J’ai voulu des scènes réalistes qui donnent l’impression de visionner un film. Et aux nombreux retours des lecteurs je pense y être parvenu. Par contre j’ai voulu des personnages crédibles, avec une vraie dimension émotionnelle et psychologique, auxquels on s’attache et que l’on n’ait pas envie de quitter.

27a5f0_e24c168e6fa87f8b5ddc849ffaf6bbda.jpg_srz_4501_3561_85_22_0.50_1.20_0.00_jpg_srzTu changes d’univers pour ton deuxième roman en explorant le genre fantastique. Avec Nuisibles chez AE Édition, tu as réussi à me donner la chair de poule. On a une autre vision des rats après avoir lu ton roman. Comment t’es venue l’idée ?
Ce n’est pas vraiment une idée, plutôt un besoin qui s’est imposé à moi. C’est un livre très personnel qui représente les idées noires qui me rongeaient à l’époque où je l’ai écrit. Je crois que c’est ce verbe « ronger » qui a amené les rats. Le reste est une transposition d’émotions qui me submergeaient. Quant aux adolescents dont on suit l’évolution sur presque une décennie, je trouve que c’est une période de la vie qui se prêtait bien à l’histoire et ses bouleversements. Et leur candeur permettait d’apporter des touches lumineuses dans la noirceur. Je souhaitais surprendre avec ce livre. Et les nuisibles ne sont pas toujours ceux à qui l’on pense. Il ne faut jamais se fier aux apparences.

Parle-nous d’Étienne, héros principal du roman.
Étienne est un garçon courageux et intelligent qui a fait face à des épreuves bouleversantes qu’un enfant ne devrait pas connaitre. Mais il a lutté et retrouvé le bonheur. Malheureusement le sort s’acharne à nouveau. En pleine construction dans son adolescence il fait des choix pour survivre et se trouve une famille. Malheureusement il ne voit plus la vie qu’en deux parties, bien ou mal, d’où les actes extrêmes qui vont en découler.

Comment écris-tu ?
J’écris plutôt la journée, ou en fin d’après-midi après le boulot parfois. Sauf des poèmes que j’écris généralement le soir. J’ai un bureau dans ma chambre face à une baie vitrée, ce qui me permet de m’évader entre deux chapitres. J’écris sur un ordinateur portable.

Le concierge est curieux. Quels sont tes futurs projets littéraires ?
Je suis sur le point de terminer la suite de Le reflet de la Salamandre, un thriller teinté d’ésotérisme cette fois qui se déroule dans le nord de la France, dans le Pévèle plus précisément, là où je vis.

J’aimerais aussi publié un recueil de poèmes. J’écris parfois des nouvelles également qui seront peut-être éditées lorsqu’il y aura assez de matière.

Quels sont tes écrivains préférés ? Et que lis-tu actuellement ?
Amélie Nothomb, Françoise Sagan, Olivier Adam, Virginie Despentes, Maxime Chattam, Franck Thilliez, Paulo Coehlo, tatiana de Rosnay, Anna Gavalda, Philippe Djian,  sont des incontournables pour moi. Mais j’en oublie surement.

J’ai terminé récemment : A l’encre Russe de Tatiana de Rosnay, que j’ai dévoré. Au bras de fer un roman à suspens, de Françoise Tourneur, une toute nouvelle consoeur Ex-Aequo.

Je lis actuellement Adultère et Le démon et mademoiselle  Prym de Paolo Coehlo.

19255605Je vois que tu es aussi un amoureux de la poésie, quels sont tes poètes préférés ?
J’écris des poèmes, quelques-uns sont visibles sur ma page officielle Facebook.

J’aime Baudelaire, Anna de Noailles, Eluard, Verlaine…et bien d’autres. Je prends plaisir à dénicher ces recueils dans des braderies, des ventes de livres d’occasion.

Parle-nous de ta passion pour le 7ème Art. Quels sont tes films préférés ?
Je suis un boulimique de films depuis l’adolescence. La plupart des films que je vais voir au cinéma sont des films Français, je trouve que l’on fait vraiment de belles choses dans ce domaine : Des vents contraires, Les yeux de sa mère, Lulu femme nue, Un beau dimanche, Louise Wimmer … voilà quelques exemples qui me viennent en tête. Les films de Jacques Audiard (De rouille et d’os, Un prophète), tous les films d’Olivier Marchal, Ceux de Cédric Klapisch,…

J’adore les films de Clint Eastwood, Tarantino, Scorsese, Woody Allen…. Mes films favoris : Seven, Prisoners, True Romance, Kingdom of Heaven, Outsiders … Bref, la liste est très longue.

J’adore maintenant partager cette passion avec mes filles et leur faire découvrir des films qui m’ont marqués.

Si tu devais être un personnage marquant de la littérature…
Fletcher Christian, qui mena la mutinerie sur le navire « la Bounty ». Parce qu’il faut parfois se rebeller contre la hiérarchie et l’ordre établi quand ceux-ci sont devenus aberrants.

Je te laisse une tribune pour nous parler de quelque chose qui te tient à cœur ou qui t’énerve.
Ce qui m’énerve ? La plupart des choses que je lis ou vois quand je lis un journal ou allume la télévision.

Mais la société est en pleine mutation, et l’humain va revenir au cœur des priorités, j’en suis sûr, car :

« Quel homme serait celui qui ne chercherait pas à rendre le monde meilleur ? » – Kingdom of Heaven –

Quel sera ton mot de fin ?
Merci à tous ceux qui me suivent, me lisent, m’encouragent. Je vis une belle aventure depuis un an. Et surtout je rencontre de belles personnes, que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les salons ou en librairie lors de dédicaces. A chaque fois des liens se créent, de nouvelles opportunités se présentent.

Et merci au Concierge Masqué pour ses critiques et cette interview. Et au plaisir peut-être d’une vraie rencontre.