Marie-Claude Aristégui et Arnaud Develde :: Sinon l’Hermione coulera

maxresdefaultVous êtes sur votre lieu de villégiature, sur la plage, assis à regarder les mouettes ? Je vous propose une lecture estivale : Sinon… l’Hermione coulera aux Éditions du Caïman dont l’action se déroule dans un chantier naval à Rochefort. Quelle belle façon que de découvrir la ville de Rochefort avec un roman policier.

Le roman est écrit à quatre mains par Marie-Claude Aristégui et Arnaud Develde et c’est une belle réussite. Ne vous attendez pas à un super flic bodybuildé, plutôt à un simple commissaire et son lieutenant menant l’enquête à leur façon. Une belle façon aussi de découvrir L’Hermione que je ne connaissais pas. J’en redemande encore.

Résumé :
C’était il y a deux ans, à Rochefort. Un soir d’hiver, dans l’ombre, j’attendais. Il est arrivé. J’ai surgi face à lui. Je voulais qu’il me regarde. Qu’il sache. J’ai frappé. Frappé. Oui, Monsieur le président, après, j’ai fui. Il y avait du sang partout. » Qui en veut au chantier de L’Hermione ? La frégate de La Fayette, reconstruite à l’identique, doit bientôt faire ses premiers essais au large de Rochefort-sur-Mer. Mais une série d’événements vient bouleverser ce projet. Un maître-chanteur surgit et des ouvriers de l’arsenal sont tués… Le commissaire Camdebourde et son lieutenant Venise parviendront-ils à bousculer l’état d’esprit de la paisible cité bâtie pour la Marine de Louis XIV… et découvrir ce qui se joue entre la Grande Histoire de la ville et les moins grandes .


Sinon…l’Hermione coulera – YouTube par arnaudrochefort1

Une belle découverte que je vous recommande absolument.

La semaine prochaine nous partons découvrir les derniers jours d’un junkie. Je vous souhaite de très bonnes lectures noires.

 

Editions-du-Caiman-Sinon-l-Hermione-coulera_original_with_copyrightPouvez-vous nous raconter comment vous est venue la passion de l’écriture ?
AD
: Tout petit déjà, j’aimais lire et j’ai lu énormément de polars. Les classiques, comme Agatha Christie, ou Conan Doyle. Puis, adolescent « le Fleuve noir », qui reste ma collection favorite (en dehors des polars Caïman bien sûr !). C’est Marie-Claude Aristégui qui m’a persuadé de me lancer dans l’écriture. Je l’avais aidée par le passé. Elle a fini par me convaincre.

MCA : J’ai commencé à lire très tôt. Je voulais toujours qu’on m’achète des livres. Des polars pour les petits puis  des romans de tout ordre, ensuite Agatha Christie évidemment et Simenon. Frédéric Dard aussi mais pas pas trop la série « San Antonio ». Quant au choix d’en écrire, cela m’a paru naturel. Je me lancerai dans un essai philosophique plus tard. Ou jamais.

Comment s’est passé le travail d’écriture ?
AD
: Au fond, c’est plus simple qu’on ne le pense. Après s’être mis d’accord sur le déroulement de l’intrigue, chacun écrit un chapitre et le transmet à l’autre pour relecture et éventuellement ajout d’éléments. C’est ainsi qu’il y a un peu de nous deux dans quasiment tous les chapitres du roman. Internet est très pratique pour communiquer entre nous.

MCA : Je dirai même plus : c’est très simple. Il suffit de s’entendre bien, de ne pas être prétentieux et d’accepter les critiques.

672Parlez-moi de Rochefort.
AD
: C’est une ville que nous connaissons et aimons tous deux. Petite cité  de province, elle est en soi un décor, (d’ailleurs c’est ce qui a séduit Jacques Demy pour ses « Demoiselles ») et elle présente un côté sombre qui colle bien à l’atmosphère du polar.

MCA : C’est une ville attachante, à la fois belle et austère, des caractéristiques idéales pour camper un roman policier.

Parlez-moi des deux flics du roman : Camdebourde et Venise.
MCA
Camdebourde est un flic que j’avais créé pour un précédent roman. Je voulais un nom béarnais, j’ai ajouté un « u » à un patronyme typique de cette région. Venise apparaît pour la première fois dans « L’Hermione ». Au début je l’avais juste posé, style fidèle second fadasse, Arnaud l’a étoffé, alors moi aussi. Il est bien maintenant.

AD : Venise est l’adjoint, un peu maladroit, toujours habillé de la même manière. Il aime les petits plats de sa femme. Épouse qu’on ne voit pas mais dont il parle tout le temps, à la manière de Colombo.

marie-claude-aristegui-devant-la-statue-de-jean-guiton_988076_1000x500J’ai remarqué que les titres avaient un rapport avec le cinéma.
MCA
: Bien vu ! c’est Arnaud qui a eu l’idée, une manière de relier l’action au cinéma, puisque le tournage des Demoiselles de Rochefort a un lien avec l’intrigue.

Une anecdote sur votre roman ?
Une anecdote en particulier ? Pas vraiment. Sinon qu’on a bien rigolé en décrivant certains personnages et lorsqu’on relisait ensemble (sur papier) en imaginant comment on pourrait se débarrasser de ceux qui nous gênaient et que l’on ne parvenait pas à bien faire évoluer. Mais comme on ne peut pas trucider tout le monde, on a trouvé des solutions. Enfin… on espère.

Une info sur votre prochain roman ?
Oui, il y a aura une nouvelle, de nouvelles aventures même. Mais c’est un peu tôt pour en parler.

film-les-demoiselles-de-rochefort5Parlez-moi de vos différentes activités ?
MCA
: Le Guide des Faits divers était une commande du Cherche-Midi. Il s’agissait de faire visiter des villes (du sud-ouest en l’occurrence) et des villages à travers des faits divers, du Moyen-Âge à nos jours. Crime au Ferret est en réalité une galerie de portraits liés par une intrigue policière qui n’est qu’un prétexte pour mettre en scène des personnages existants pour la plupart. Rien à voir avec Sinon L’Hermione coulera.

AD : Demoiselle FM est une radio qui existe vraiment. Elle a été créée en 1998, et emploie dix salariés dont trois journalistes. Elle est très connue pour ses infos de proximité justement. « Sud Ouest » aussi existe vraiment…

Comment écrivez-vous ?
AD
: J’écris plutôt le matin, et surtout le week-end, quand mon métier m’en laisse le temps, chez moi, sur l’ordinateur.

MCA : J’écris parfois le soir tard mais après avoir aussi écrit dans la journée pour « Sud Ouest », c’est difficile. J’écris donc le plus souvent pendant les jours de congé. Chez moi, avec une plume d’oie. Mais non, un ordinateur. Ou une tablette.

Que lisez-vous actuellement ? Quels sont vos auteurs préférés ?
AD
: Je lis en ce moment Niglo de Jean-Louis Nogaro, notre éditeur. Mon écrivain préféré ? Frédéric Dard

MCA : Moi aussi j’ai presque fini Niglo. L’éditeur nous a obligés. Non, je rigole. Dans le polar, j’aime Michael Connelly, R.J Ellory, Jean-Claude Izzo. Sinon, parmi les préférés, John Fante, Hemingway, Caldwell,  Truman Capote, Paul Auster, Oscar Wilde, Albert Camus, Romain Gary.

viens-voir-l-acadie-ou-le-quatrieme-festival-international-des-cultures-francophones-de-marennes_4563232-XLQu’est-ce qui vous énerve dans l’actualité ?
AD
: Les bruits de botte en Crimée.

MCA : Moi aussi, bien sûr.

Votre endroit préféré à Rochefort ?
AD
: Le port de plaisance où j’ai la chance d’habiter. Un petit paradis.

MCA : Les bords de Charente, de la Corderie Royale au pont transbordeur.

Votre mot de la fin ?
AD
« Faites gaffe »

MCA : « Sinon L’Hermione coulera ».