Philip Le Roy :: La porte du messie

plrVoici un roman audacieux qui n’a pas froid aux yeux. Il s’agit du dernier roman de Philip Le Roy, La porte du messie, au Cherche Midi.

Il existe plein de romans sur le christianisme, moins sur le Coran. En outre, ce livre se distingue de tous les autres thrillers un peu cucul la praline, d’ailleurs on n’est pas dans un thriller. C’est un livre abordant les religions avec beaucoup de sérieux, un grand humour, du bon sens, et surtout de l’humanité, beaucoup. Un roman qui fait du bien et qui sort de l’ordinaire. Je suis fier de connaître un auteur de grand talent qui nous sort des romans de qualité.

Une seule solution pour vous : vous rendre dans votre librairie pour ne pas passer à côté de ce roman.

Résumé :
Aux funérailles de ses parents, Simon Lange, diplômé en théologie, apprend qu’il a été adopté. Son père lui a laissé des documents liés à ses origines dans un coffre à Jérusalem. Il s’y rend en compagnie de Markus, un ami de la famille. Le coffre est vide. Le soir même, d’étranges événements surviennent devant la porte du Messie, celle par laquelle, selon la tradition juive, le Messie entrera dans Jérusalem. Markus disparaît peu après.
Accompagné de Sabbah, une jeune Syrienne travaillant pour l’Unesco à Paris, Simon se lance à sa recherche. Il découvre alors que son père et Markus poursuivaient des investigations sur le Coran. Sa quête le mènera tant sur ses propres traces que sur celles des plus anciens manuscrits coraniques. Poussé à percer le mystère du Livre saint, il devra décrypter des énigmes historiques et religieuses et échapper à ceux qui veulent à tout prix garder secrète l’incroyable vérité.

En plus, dans l’interview, l’auteur se dévoile entièrement pour vous.

La semaine prochaine, nous partirons dans le Yorkshire. Je vous souhaite de très bonnes lectures noires.

 

downloadComment se sont passées les recherches pour écrire ton roman La Porte du messie ?
Comme une enquête policière. Une femme voilée (fatale ?) m’a mystérieusement remis des indices révélant un complot. J’ai rassemblé des preuves, reconstitué les faits et proposé la version la plus proche de la vérité. La différence avec un roman policier, c’est que le complot remonte à 1400 ans, que la manipulation porte sur un livre et que les victimes se comptent par milliards.  

Tu m’as troublé dans ma lecture dès le début par la note de l’auteur… Est-ce vrai ?
Ce qui est révélé dans ce roman est en tout cas plus vrai que ce qui est écrit dans les livres d’histoire qui se contentent de la version officielle dictée par les califes. La vérité dévoilée dans La Porte du Messie est celle des savants, des exégètes, des historiens, des orientalistes qui ont dépoussiéré le Coran malgré les pressions exercées par les gardiens du dogme. La liste des 70 ouvrages à la fin du roman l’atteste ! Ces révélations qui demeurent encore méconnues, je les ai romancées pour les rendre accessibles au grand public, mais aussi pour ajouter une dimension humaine et émotionnelle. C’est la force de la littérature d’être plus porteur de vérité. La Porte du Messie est le chaînon qui manquait entre tous ces ouvrages de spécialistes et le grand public.   

« La Vérité vous rendra libres » disait Jésus. La vérité n’est toujours pas bonne à dire ?
Quand le mensonge mène à la guerre, la vérité est toujours bonne à dire et à écrire. Même si cela doit passer par une remise en question de la pensée commune et heurter la susceptibilité des fondamentalistes.  

Tu remets en question le Coran. Tu n’as pas peur des réactions de certains ultra religieux ?
La vérité sur le Coran demeure cachée à cause de l’inculture et du terrorisme mental entretenus au sein des populations y compris en Occident. La Porte du Messie enlève ce cache, d’une part en apportant des faits et des preuves, d’autre part en utilisant la fiction et en bénéficiant d’une mise en place de 25 000 exemplaires. Le livre est sorti maintenant, on ne peut plus revenir en arrière. Il faut quand même savoir que les travaux qui ont été effectué sur la Bible au XIXème siècle ont suscité des réactions violentes, mais cela n’a pas empêché les croyants de continuer à croire. Cette remise en question qui n’a pas encore été faite sur le Coran heurtera les ultra religieux mais pas les vrais croyants. C’est ce que dit le personnage de Sabbah : « Ma foi est intérieure et ne concerne que ma relation avec Dieu. Le monde extérieur n’exerce aucune interférence. »  

Parle-nous de Simon Lange et de Sabbah ?
Les destins de Simon et Sabbah sont étroitement liés aux origines du Coran. A cause d’une histoire de vengeance incroyable. Simon est l’archétype du personnage de thriller, un homme apparemment normal qui se retrouve face à une situation qui le dépasse totalement. Il va s’interroger sur son identité réelle et entraîner le lecteur dans une course folle pour découvrir la vérité. Quant à  Sabbah, elle est l’héroïne dont je rêvais depuis longtemps. Elle est venue mystérieusement à moi avant de disparaître brusquement et j’ai imaginé le reste.

DSCN1592As-tu une anecdote à nous raconter sur ton roman ?
Pour l’anecdote, je peux te confier que Guillaume et moi avons essayé de reproduire l’exploit de Simon devant la Porte du Messie à Jérusalem. Tu te doutes bien que nous n’y sommes pas parvenus. Peut-être que nous n’étions pas assez ivres comme l’étaient Markus et Simon à ce moment-là.

Parle-nous de ta rencontre avec Guillaume Hervieux, le préfacier de ton roman.
J’ai rencontré Guillaume Hervieux alors qu’il venait de publier un essai théologique intitulé L’ivresse de Noé. Après l’irruption de la femme voilée dans ma vie, j’ai contacté Guillaume qui m’a permis de mesurer la valeur des éléments que l’inconnue m’avait confiés. Il m’a apporté ses connaissances en théologie et mis à ma portée le contenu des ouvrages cités à la fin du roman.

Le concierge est curieux, tu le sais. Quels sont tes futurs projets littéraires ?
La curiosité est une qualité de plus en plus rare chez les gens. Donc je suis heureux d’assouvir la tienne. Au cours de nos recherches, Guillaume et moi avons fait des découvertes incroyables que nous n’avons pas mises dans La Porte du Messie. Ces découvertes ne portent pas seulement sur l’islam mais sur les trois religions monothéistes. Il s’agit d’une véritable bombe qui fera voler en éclats tous les dogmes. Ce sera le sujet de la suite de La Porte du Messie. Une suite dans laquelle on retrouvera Sabbah, car je n’ai pas abandonné l’idée de retrouver sa trace un jour. Parallèlement, je suis en train d’écrire un roman provisoirement intitulé Sortie de Secours un thriller qui devrait révéler des vérités qui se cachent derrière quelques mythes américains.

Quelles sont tes lectures actuelles ?
En tant que juré de la BILIPO, beaucoup de romans passent sous mes yeux et… me tombent des mains. J’essaie donc de lire des choses peu connues, écrites par des auteurs qui ne sont pas devenus des marques, des récits moins formatés provenant de cultures différentes et surtout des histoires bien racontées. Dernièrement j’ai lu de belles choses comme Témoin de la nuit de l’Indienne  Kishwar Desai, Disparition inquiétante de l’Israélien Dror Mishani, Le grand sacrifice du Français Daniel Hervouet, 911 de  l’Américain Shannon Burke et 35mm du Belge Christophe Collins. Ce dernier est publié chez Lune Écarlate, une jeune maison d’édition qui s’efforce de proposer une littérature de l’imaginaire sortant des sentiers battus.  

DSCN3525 - CopieTu dis sur ton blog, que la France a peur et que les Français sont devenus des autruches. Peux-tu nous expliquer ça ?
Parfois le comportement des gens me fait péter les plombs et ça se traduit par des pamphlets sur mon blog. Je déplore que nous soyons devenus les rouages d’un système pervers, des consommateurs obsédés par l’achat de produits inutiles et de technologies qui réfléchissent à notre place et nous rassurent. Nous perdons toute notion de citoyenneté, de pensée et d’humanité. Nous ne votons même plus et nous ne pensons plus par nous-même. Notre civilisation est devenue celle du vide, proche de l’illettrisme. De moins en moins de gens lisent alors que c’est le dernier acte de résistance face au néant qui nous attend. Quand je vois une librairie vide un samedi après-midi juste à côté d’un magasin H&M où l’on fait la queue aux caisses, j’ai envie de gerber. Il faut se battre aujourd’hui pour vendre un putain de bouquin quand on n’est pas une célébrité. Combien de médias, vecteurs du politiquement correct, ont peur de chroniquer La Porte du Messie et subissent des pressions venues d’en haut ou d’ailleurs pour enterrer les exemplaires de presse qu’ils reçoivent ? Il faut donner aux spectateurs du football, de la gaudriole, du people. Tout cela entrelardé de pubs.  Avec toujours ce même réflexe d’accuser d’islamophobie tous ceux qui essayent de démonter les mécanismes d’une religion capable de transformer un individu normal en combattant prêt à tuer des personnes qu’il n’a jamais vues et à se sacrifier au nom d’un livre. Cela me fait rire quand j’entends certains pseudo journalistes déclarer « le sujet de La Porte du Messie ne nous intéresse pas » alors que le Coran fait chaque jour l’actualité.  Faudra-t-il encore longtemps se plaindre des effets de cette religion sans en comprendre le mode de fonctionnement ?   

Comment s’est passée ta tournée de promotion en Belgique ?
J’adore les Belges, à la fois ouverts sur le monde et pourvu de cet humour qui leur donne du recul sur les choses.  Lors de mes différentes rencontres avec le public, j’ai vu des yeux briller de curiosité. J’ai rencontré une Iranienne qui m’a dit « merci », un fan tombé amoureux de Sabbah et prêt à se lancer sur sa trace, et surtout des lecteurs intrigués ou éberlués qui me bombardaient de questions. Commencer ma tournée en Belgique m’a donné la pèche. J’en profite pour remercier ici Marc Bailly, le rédacteur en chef du magazine Phenix et Marie-Chantal Renson, directrice de la bibliothèque de Waremme d’avoir rendu cela possible.

J’ai vu que tu as beaucoup aimé Pierre Desproges, raconte nous ça.
Un grand monsieur, anticonformiste, à contre courant de la pensée commune, individualiste. Il s’en prenait à tout le monde, sans tabou. Et avec quel talent ! Desproges savait manier les mots. C’est grâce à lui que j’ai découvert le zeugma, cette figure de style rattachant deux éléments qui ne peuvent pas être mis sur le même plan et permettant de créer la surprise, de la poésie ou du rire. Personne aujourd’hui ne l’a remplacé, car les ligues de la vertu et de la pensée conforme sont toutes-puissantes. Sincèrement, pourriez-vous écrire aujourd’hui ces mots de Desproges : « Selon Léon Métastasenberg, le Belge prête à rire parce qu’il est blanc, ce qui permet aux comiques chafouins de se gausser à ses dépens sans encourir les foudres des diverses associations pour la défense de la dignité des Bougnoules. »  

porte_doree_2J’ai adoré, sur ton blog, ton texte « Et Moi Et Moi Et Moi », sur l’Europe. Que ressens-tu avec ces 25% du front national à ses élections.
Cela rejoint ma précédente réponse sur les Français. Il est plus facile d’imposer le totalitarisme à des autruches. L’extrémisme, l’obscurantisme, l’intégrisme progressent ainsi chaque jour. La connaissance et la culture, diffusées principalement à travers les livres, permettent d’écarter les œillères et de penser par soi-même.  Sartre disait que la fonction de l’écrivain était de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne puisse s’en dire innocent. Aujourd’hui nous manquons d’écrivains qui nous ouvrent les yeux sur le monde et surtout de lecteurs pour les lire. Les librairies ferment les unes après les autres et la liberté perd du terrain. La bataille est quasiment perdue.

Je voudrais que tu nous parles des Éditions Cherche Midi qui t’ont publié.
Comme les médias, beaucoup d’éditeurs font partie de ce système d’uniformisation des esprits. Ils ne prennent plus de risque même ceux qui prétendent être rebelles au système alors qu’ils sont subventionnés par ce même système. C’est du n’importe quoi ! Quand le Cherche Midi a lu mon manuscrit, l’équipe éditoriale s’est étonnée du fait qu’aucun roman n’ait encore été écrit sur les véritables origines du Coran ! Non seulement le Cherche Midi a décidé de publier La Porte du Messie sans censurer les passages sulfureux, mais l’éditeur veut croire en son succès. J’ai donc conscience d’avoir le soutien d’un vrai éditeur, capable de jouer les pionniers et de proposer autre chose que du consommable.

Quel sera ton mot de fin à cette interview ?
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