Sandrine Collette :: Un vent de cendres

OLYMPUS DIGITAL CAMERAIl souffle sur le monde des thrillers un vent de renouveau grâce à une génération d’auteurs de talent. Voici le deuxième roman de Sandrine Collette, Un vent de cendres.

Ne vous attendez pas à la même ambiance que dans son premier roman Des nœuds d’acier chez Denoël (Voir la première interview que l’auteur m’avait accordée à cette occasion). Sandrine Collette nous montre son énorme talent pour décrire la perversion humaine et maîtrise magistralement l’art de la manipulation. Un roman brillant dans les vignes de Champagne qui vous donnera des frissons garantis, on en redemande !

Résumé :
Des années plus tôt, un accident l’a défiguré. Depuis, il vit reclus dans sa grande maison. Jusqu’au jour où surgit Camille…

Malo a un mauvais pressentiment. Depuis leur arrivée au domaine de Vaux pour faire les vendanges, Octave, le maître des lieux, regarde sa sœur Camille d’un œil insistant. Le jeune homme voudrait quitter l’endroit au plus vite, partir loin de cette angoisse qui ne le lâche plus.
Camille trouve ses inquiétudes ridicules, mais Malo n’en démord pas. L’étrange fascination d’Octave pour Camille, pour ses cheveux d’un blond presque blanc, le met mal à l’aise. Camille, elle, oscille entre attirance et répulsion envers cet homme autrefois séduisant, au visage lacéré par une vieille blessure.
Ils se disputent et, le troisième jour, Malo n’est plus là. Personne ne semble s’en soucier, hormis Camille qui veut retrouver son frère à tout prix.
Mais leur reste-t-il une chance de sortir vivants de ce domaine, ou le piège est-il déjà refermé ?

La semaine prochaine, nous partirons dans le Berry rencontrer un voisin très spécial.

Je vous souhaite de très bonnes lectures noires.

 

93729472Comment t’est venue l’idée de ton second roman, Un vent de cendres ?
Le fond de l’histoire me tournait dans la tête depuis un moment ; tu te rappelles que je suis venue au roman noir un peu par hasard ? Dans cette ligne décalée, j’ai eu envie d’écrire une sorte d’histoire d’amour, en sachant qu’elle ne pourrait pas être rose, mais qu’émotionnellement il y avait quelque chose à faire. Et puis j’ai des souvenirs très vifs de six ou sept saisons de vendanges quand j’étais jeune…

Parle-nous de Camille, personnage principal de ton roman.
C’est une gamine qui n’a pas 20 ans, tout feu tout flammes comme on est à cet âge-là, qui vient faire les vendanges avec des amis et son frère Malo. Une môme qui a tout pour elle, qui va être fascinée tout de suite par le maître des vignes, et qui met alors le pied dans un engrenage terrible, sans y être pour rien. De ce point de vue-là, cette histoire est une véritable injustice.

Dans Des nœuds D’acier, la nature est hostile. Dans Un vent de Cendres, elle est plus accueillante. C’est ce que tu voulais ?
Oui, je ne voulais pas retrouver l’atmosphère uniformément hostile et violente Des Noeuds d’acier, même si c’est quelque chose qui me convient tout à fait. Je voulais installer une rupture entre la nature et les vendanges d’un côté, qui sont des temps presque festifs (mais il ne faut pas se fier aux apparences), et de l’autre côté la relation entre les personnages qui devient de plus en plus dangereuse.

Parle nous d’Octave et de Andreas. On fait connaissance avec eux dès les premières pages et c’est très sanglant d’emblée.
Un peu… L’idée était de plonger tout de suite dans l’adrénaline, et de respirer plus tard, je trouve que cela donne du rythme au livre dès le départ. L’événement du premier chapitre est celui qui va lier Octave et Andreas à la vie à la mort, il est fondamental pour comprendre leur relation, sans doute déjà sa complexité avec quelques coups d’oeil à la femme d’Andreas, mais surtout son caractère indéfectible : ils sont unis par un même traumatisme.

garderepublicainevauciennesOn pourrait dire que c’est une histoire d’amour, La Belle et la Bête version Polar ?
Oui, c’est absolument de cette façon que j’ai écrit Un vent de cendres, avec l’envie de croire que cette belle histoire est possible, une certaine curiosité et une vraie affection pour ces personnages qui se rencontrent, s’étudient, font un pas l’un vers l’autre puis trois en arrière…

As-tu une anecdote à nous raconter sur ton nouveau roman ?
Pas vraiment, si ce n’est que je ne raconterai plus jamais l’avancée de mes romans à mes proches, pour qu’ils arrêtent de vouloir changer les prénoms de mes personnages coûte que coûte…

Des Nœuds D’acier vainqueur du Grand Prix de littérature policière 2013, en Finale du Prix SNCF 2014 et en lice pour le Balai d’Or 2014. Comment analyses-tu tout ça ?
Que ça va très vite et très bien : je ne suis pas assez bête pour ne pas vivre à fond cette drôle de période de ma vie, toute nouvelle, exaltante, mais avec toujours une réserve parce que je ne sais pas combien de temps cela va durer. J’ai parfois l’impression de ne pas mériter tout ça, de ne pas être capable de tenir dans le temps, et Un vent de cendres est un vrai test pour moi… et puis à d’autres moments je me dis seulement que la vie est belle et qu’il faut en profiter !

On trouve une interview à la fin de ton roman Un Vent de Cendres. Comment t’est venue l’idée ?
Snif… ce n’est pas moi qui l’ai eue mais Béatrice Duval, la directrice des éditions Denoël… La pro, c’est elle ! Mais je trouve l’idée séduisante et moderne.

Pictographistes_-_Sandrine_ColletteLe concierge est curieux ! Es-tu déjà sur un troisième roman et, si oui, peux-tu nous mettre l’eau à la bouche?
Hé non, je n’ai pas entamé de 3ème roman ! Je fais une petite pause pour profiter un peu d’Un vent de cendres qui est tout frais. Mais promis, dès que je commence, je te raconte…

Comment s’est passée la rencontre avec Denoël et la collection Sueurs froides ?
Un bon conseil et un coup de chance ; le bon conseil, c’est une amie travaillant dans l’édition qui m’a expliqué qu’on n’envoyait pas n’importe quel manuscrit à n’importe quel éditeur, et le coup de chance, c’est l’arrivée de Béatrice Duval aux éditions Denoël : elle voulait relancer la collection Sueurs froides et elle a pris le risque de publier un premier roman, il faut avoir du cran. Son soutien à mon premier puis deuxième roman est incroyable et je lui dois beaucoup, ainsi qu’à toute l’équipe de Denoël qui est bien évidemment la meilleure du monde…

Quel sont tes lectures actuelles ?
Des polars pour le jury du Grand prix de littérature policière 2014 dont je fais partie cette année ! Sinon, je lis avec retard un monstre noir : L’échiquier du mal de Dan Simmons.

Est-ce qu’un jour on verra un de tes romans se passant en ville ? Le défi est lancé.
Possible… Ce n’est pas un univers que j’aime mais si c’est un défi, je vais forcément le faire un jour !

wallpaper-paysage-vignoble-bordeaux-blackLe Concierge est très très curieux. La photo de couverture de Un Vent de Cendres, c’est toi de dos ?
Non, pas du tout ! Mais c’est incroyable, tout le monde me pose la question. Et je promets que le graphiste ne me connaît pas…

Tu étais aux Quais du Polar, cette année. Que penses-tu de ce festival ?
Mon souvenir 2013 des Quais du polar ressemble à un rêve, un peu flou, sans doute parce que j’étais débordée par l’accueil fait à Des noeuds d’acier… J’ai signé à trois mètres de Harlan Coben, ça je m’en rappelle ! C’est un festival hors norme par l’endroit, les stars du polar qui y viennent, le public, l’ambiance…

Quel sera ton mot de fin à cette interview ?
Toujours merci ! Et au plaisir de retrouver mon Concierge préféré sur les salons.