Claire Favan :: Apnée noire

cfAprès deux premiers thrillers à succès, Claire Favan sort son troisième roman, Apnée noire, aux éditions du Toucan. Une montée en intensité et en écriture.

En l’espace de quelques années, Claire Favan est devenue une référence du thriller français. Son secret ? Elle arrive à nous capter de la première page à la dernière page.

Apnée noire est un roman parfait qui donne des frissons et qui hantera vos nuits, à coup sûr. Un coup de maître et un énorme coup de cœur de cette année.

Résumé : Vêtue d’un pyjama en satin écru, la jeune femme repose dans une baignoire remplie, en position de fœtus inversé. Ses mains et ses chevilles sont étroitement liées derrière son dos et elle flotte encore avec un soupçon de grâce. À Columbia, sur la côte est des États-Unis, c’est la scène macabre que découvre le lieutenant Sandino. Officier intègre, c’est aussi un homme brisé depuis la disparition de sa famille. Pour mener cette enquête, il doit collaborer avec Megan Halliwell, l’agent du FBI qui a permis l’année précédente l’arrestation de Vernon Chester, un tueur psychopathe qui vient d’être exécuté. Très vite pourtant, il apparaît que ce dernier meurtre présente des ressemblances troublantes avec les crimes commis par Chester. Comment est-ce possible ? Tandis que Megan n’ose imaginer le pire, une erreur judiciaire, Sandino se concentre sur certaines incohérences. De discordes en silences, la relation des deux policiers évolue, alors que chaque jour le tueur semble se rapprocher d’eux, omniprésent et insaisissable…

La semaine prochaine, nous partons pour les vendanges, des vendanges sanglantes… Je vous souhaite de très bonnes lectures noires à tous.

94013141_oBonjour Claire. Ma première question est toute simple : Comment t’es venue cette passion pour « les tueurs en série » ?
J’ai toujours aimé lire. Je me suis progressivement dirigée vers les romans de Stephen King, puis vers les romans de Fantasy médiévale et ceux sur les tueurs en série. J’aime particulièrement les enquêtes axées sur la psychologie comme par exemple dans L‘Aliéniste de Caleb Carr.

Un jour, je me suis juste dit que j’allais regrouper l’écriture et mes lectures préférées. C’est ainsi que Will Edwards est né.

J’insiste cependant sur l’aspect romancé. Je ne suis pas du tout les actualités ou les émissions consacrées.

Comment se sont passées tes recherches pour  ton dernier roman, Apnée Noire ?
J’utilise beaucoup internet pour rechercher les informations dont j’ai besoin. Pour Apnée noire, cela m’a été très utile pour situer mon action, les scènes de crime, les déplacements.

J’aimerais que tu nous en parle des deux personnages principaux de ton roman. Comment t’est venue l’idée de ces personnages fort en personnalité : le lieutenant Sandino et l’agent du FBI Megan Halliwell ?
Vince Sandino est devenu alcoolique après un drame qui l’a laissé brisé par la culpabilité et le deuil. Il se retrouve sur cette enquête presque par hasard, mais dès qu’il se l’approprie, elle lui permet de sortir la tête de l’eau.

Megan Halliwell est ambitieuse, sûre d’elle. Cette enquête représente le premier échec de sa carrière de jeune prodige. Or au moment où elle doit sauver sa réputation, elle doit collaborer avec Vince qui est son exact opposé.

Ce sont des personnalités qu’on a tous déjà rencontrées dans des romans. Ce qui m’intéresse c’est de les travailler à ma façon, de les faire évoluer, se relever ou perdre pied, de les confronter l’une à l’autre.

650031Screenshot_38As-tu une passion pour les États-Unis, lieu d’action de tes trois romans ? Penses-tu que la France peut aussi t’inspirer ?
Passion pour les États-Unis, je ne sais pas. C’est juste, le bon endroit et le bon cadre, pour situer mes histoires. Pour la France, il ne faut jamais dire jamais. Toutefois, je ne prévois pas d’écrire un roman se situant ici dans un avenir immédiat.

As-tu une anecdote à partager sur ton roman ?
La naissance d’Apnée noire a été assez compliquée. J’ai en effet changé d’éditeur pendant cette période. Le livre a donc beaucoup évolué pour atteindre sa forme actuelle. J’ai même eu le temps de commencer mon quatrième polar et d’écrire un autre roman durant cette période.

Le Concierge est curieux ! Retrouverons-nous le lieutenant Sandino dans un autre roman ?
J’ai déjà donné dans le diptyque et j’ai compris la leçon. C’est très difficile de faire vivre un tome 2 surtout quand les histoires se suivent et qu’on n’est pas connu.

Selon moi, Vince n’a plus rien à m’apporter en tant que personnage principal. Il ne fait pas partie de mes projets. D’ailleurs, ni mon quatrième roman, en cours d’écriture, ni le cinquième, en gestation, ne se prêtent à son retour.

95169107_oPourquoi as-tu changé de maison d’édition ?
Le Toucan a une excellente vision du marché. Le livre est sorti dans un format entre le broché et le poche et à un prix très abordable.

D’un point de vue humain, nous avons la même façon de voir les choses. Ils sont à l’écoute, actifs, volontaires, disponibles. Je suis très contente de cette seconde expérience.

Quelles sont tes lectures actuelles ? Lis-tu des thrillers ?
Je viens de finir
Nécrologie de Paul Cleave et j’ai entamé Des Nœuds d’acier de Sandrine Colette.

J’ai lu sur un blog : « Si un jour je parvenais à trouver l’énergie et le courage pour me lancer dans une telle aventure, j’aimerais écrire un livre de Fantasy médiévale. J’avoue que c’est dans cette catégorie que j’ai vécu mes plus belles expériences de lectrice. » Toujours envie d’écrire un roman Fantasy médiévale ?
Une histoire contemporaine se situe dans un environnement connu et maîtrisé. La Fantasy médiévale demande un tout autre cadre. Il faut tout créer : la géographie, l’histoire, la politique, la religion, la culture, les codes régissant les rapports, les règles, les créatures… Bref, l’intrigue ne constitue absolument pas le chalenge principal.

Alors, un jour peut-être… Mais pour le moment, je n’ai pas la vie qui va avec un tel projet.

Peux-tu nous raconter ton expérience sur le recueil des Aventures du Concierge Masqué ?
J’ai été assez surprise en recevant mon texte. J’avais cru comprendre que le thème se situait dans le domaine policier. Or, mes complices avaient créé une intrigue à la Cour du Roi. Partager l’écriture est déjà un exercice peu habituel et c’est encore plus vrai lorsqu’on se retrouve hors de ses repères.

book_en3Au final, j’ai été très contente de pouvoir concilier l’aspect historique donné par mes collègues et mon goût pour les enquêtes !

L’objet en lui-même est très sympa et esthétique.

Qu’as-tu pensé de Pierre Rouffignac et Anthelme Hauchecorne, tes co-auteurs pour la nouvelle Les lésions dangereuses ?
Je pense que l’expérience est plus troublante pour eux que pour moi. Ils ont entamé l’histoire avec une idée de ce qu’ils auraient écrit. Contrairement à eux, j’ai maîtrisé un ensemble dans lequel je n’avais plus qu’à tirer les ficelles qui m’intéressaient pour clôturer la nouvelle.

Au final, je trouve que notre texte a une certaine cohérence en terme de style et une fin parfaitement immorale.

Quelles sont tes passions ?
Ma vie actuelle, ou plutôt mes vies, me laissent peu de temps pour d’autres loisirs. Je lis, je regarde des films américains plein d’explosions, d’extraterrestres et d’émotions, des séries type The Walking Dead, Game of Thrones, Dexter, Homeland

Si tu devais nous parler d’un ou d’une auteur que tu souhaiterais mettre en avant….
Je cite toujours Jacques Saussey, alors cette fois, je vais parler d’Armelle Carbonel.

Je suis ravie de pouvoir crier haut et fort que Criminaloft est génial. On y retrouve une ambiance glauque, terrifiante, le côté psychologique si cher à mes yeux, l’immoralité, une intrigue originale.

Je lui souhaite d’être découverte et appréciée à sa juste valeur.

Quel sera ton mot de fin à cette interview ?
« Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois. »  [Pierre Dumayet]

Alors, vivez !