Sandra Martineau :: Les blessures du silence

avec-ses-polars-sandra-martineau-devoile-son-cote-sombre0On ne va pas passer sous silence – jeu de mots – un tel roman.  Parce que, oui, aujourd’hui il sera question du roman de Sandra Martineau, Les blessures du silence, sorti chez . Je suis Sandra depuis maintenant quelques romans et je trouve qu’elle, ici, a élevé son niveau d’écriture.

J’adore le personnage original d’Antonia, une inspectrice de police qui ne peut pas laisser indifférent.

Vous ne connaissez pas cet auteur ? C’est le moment de la découvrir.

Résumé :
Yohann, jeune journaliste ambitieux à l’appétit sexuel grandissant, s’inquiète de ses migraines de plus en plus fréquentes et de ses cauchemars récurrents : il se noie.
Alice décide de quitter son petit ami volage Samuel et part chez sa mère à Lavernat. Elle n’arrivera jamais à destination et c’est Samuel qui fait part de sa disparition.
Antonia, inspectrice de police, enquête sur Florence Ouvrier retrouvée morte en forêt du côté de… Lavernat. Mort, disparition, les affaires sont-elles liées ?
Yohann, de son côté va voir un guérisseur pour ses maux de tête et celui-ci lui conseille de demander à sa mère s’il n’a pas eu un accident en relation avec l’eau. Tout en menant l’enquête pour comprendre ce qui le hante, il alimente le journal avec des révélations surprenantes sur la mort de Florence Ouvrier…
Sa quête personnelle, son enquête sur le meurtre et la disparition l’emmènent sur des routes non parcourues depuis très longtemps. Pourquoi ?

La semaine prochaine, nous partirons à la rencontre d’une charmante auteur corse qui habite Lille. Je vous souhaite de très bonnes lectures noires à tous.

 

1Comment t’es venue l’idée de ton dernier roman, Les Blessures du Silence ?
Bizarrement, en fait. Je sortais de chez moi et sur ma route de campagne, j’ai vu au loin une voiture arrêtée sur la chaussée opposée mais dans le même sens de circulation que moi. J’ai ralenti pour voir si le conducteur n’avait pas un problème mais la voiture semblait vide. Brusquement, un homme a surgi en courant de devant le capot, me provoquant au passage une belle frayeur. Et là, la question ! Que se serait-il passé si j’avais donné un coup de volant et l’avait renversé ? Les hypothèses fusèrent, imaginant un corps dans le coffre (oui j’ai l’imagination très fertile), l’histoire commença à se tramer.

Les blessures du silence plonge le lecteur au cœur de l’action dès les premières pages, avec le kidnapping de Florence Ouvrier. Comment se crée un tel Suspense ?
Comme une bombe ! Avec beaucoup de minutie et d’intensité, chaque action a une importance dans le rythme de ce suspense. Il ne faut pas que ce soit trop lourd pour ne pas dégoûter le lecteur mais assez vif pour titiller son intérêt et lui donner quelques frissons.

Peux-tu nous parler d’Antonia Scarone, lieutenant de police attachant que l’on ne peut pas oublier après lecture ?
Antonia est un accident en fait. Un de mes clients pro n’arrêtait pas de me charrier et je l’ai prévenu que s’il continuait il se retrouverait dans mon manuscrit. Son prénom, Tony. La question : à quel personnage attribuer ce prénom ? Je trouvais le personnage du flic assez fade, et, là, l’idée a jailli : ce sera une femme, Antonia, mais ses collègues de boulot l’appelleront Tony car elle sera lesbienne. Il en découlera tout une histoire qui lui sera propre. Le profil de ce personnage venait de faire un bond en avant juste sur un changement de prénom.  

Ton univers se situe entre le thriller et le polar ; ton cœur penche de quel côté ?
Plutôt pour le thriller qui me laisse une plus grande marge de manoeuvre. Le genre policier est aussi très intéressant mais je maîtrise moins le fonctionnement de la police. Le thriller, c’est un peu free style, donc du coup j’en invente des vertes et des pas mûres.

297_001Parle-nous de Yohann, jeune journaliste très ambigu ?
Yohann est un personnage à qui on a caché beaucoup de choses dans son enfance. Du coup, il a eu du mal à construire son avenir d’adulte. Au début, il semble tout à fait sympathique. Au fur et à mesure, on se rend compte qu’il est un peu spécial, surtout dans sa conception de la compagne idéale…

Tu fais régulièrement référence à la Sarthe dans tes romans, amoureuse de ce département ?
C’est ma région d’adoption et je ne peux m’empêcher de lui faire une place dans mes écrits.

As-tu une anecdote à nous raconter sur ton dernier roman ?
Des lecteurs m’ont confiée ne plus regarder la forêt de ma commune comme avant.

Le Concierge est curieux ! Peux-tu nous parler de ton prochain roman en exclusivité ?
Il s’agit à nouveau d’un thriller psychologique, un huis clos sur un bateau de croisière. Mon héros va reconnaître celui qui a ruiné sa vie des années auparavant. Il essayera de l’empêcher de nuire à nouveau. Vous vous doutez bien que rien ne sera simple…

Quel roman lis-tu actuellement ? Dans les romans que tu as lu depuis, lequel aurais-tu aimer écrire ?
Je viens de finir Je ne t’oublierai jamais de Sophie Mc Kenzie. Concernant le livre que j’aurai aimé écrire, il y a tellement de beaux livres qui sont passés entre mes mains que je ne saurais dire, sûrement un roman de Franck Thilliez ou de Stephen King.

Trois romans trois, maisons d’éditions. Tu as la bougeotte ?
Trois horizons différents, trois façons de faire différentes.  J’ai besoin de confiance et de sérénité quand j’écris, savoir que je peux m’appuyer sur les gens pour gérer le reste et me savoir soutenue est très important. Alors ceci peut expliquer cela.

kidnappingQuelles sont tes passions ?
Je me cantonne à l’écriture et la lecture pour le moment, mais j’aimerais me remettre à la photo et au dessin. C’est le temps qui manque…  

Comment combine-t-on la gestion d’une entreprise, l’éducation de ses deux enfants et l’écriture ?
J’ai un déguisement de Superwoman dans mon placard et je l’enfile sous mes vêtements le matin ;) . Sérieusement, il faut une organisation à toute épreuve. Je ne combine pas que ça non plus. Je ne vais pas tout lister, je me fais peur des fois.

Quel est ton plus grand regret côté écriture ?
Manquer de temps pour écrire tout ce que j’ai en tête. Il va me falloir quelques années pour venir à bout de mes projets.

Quelles musiques écoutes-tu quand tu écris ?
Rien de particulier. J’aime avoir un bruit de fond mais je suis concentrée sur mes écrits. Et puis, si j’écoutais de la musique, je danserais plutôt que d’écrire.

Quel sera ton mot de fin ?
J’espère surprendre mes lecteurs encore longtemps.