George Arion :: Cible royale

foto G. ARION-CIBLE ROYALE-DSCF7201[1]Le blog du Concierge Masqué fête cette semaine ses trois années d’existence. Trois ans d’interviews, trois ans de pur bonheur, trois ans de rencontres avec des écrivains du monde entier. Pour fêter cet anniversaire, quoi de mieux que faire connaissance avec un écrivain roumain, faire la connaissance d’un pays que l’on ne connaît pas, niveau polar.

Cet auteur,  c’est George Arion que nous avons interviewé pour son roman Cible royale chez Genèse Éditions. Le monsieur a tout de même treize romans policiers et thrillers à son actif. Poète, scénariste, théâtre, compositeur de chansons, cet homme est incroyable. Malgré cela, Cible royale est seulement son premier roman paru en France. Je remercie les éditions Genèse de nous faire découvrir cet auteur, mais il y a un problème dans le monde de l’édition, moi je vous le dis !

Allez, il faut rattraper le retard niveau parutions !

Parlons de son roman. Vous aimez les romans d’espionnage ? Vous aimez les tueurs professionnels ? Vous aimez l’humour ? Vous aimez le rythme ? Ce roman est pour vous. Un pur régal, une vraie belle découverte que je dois à Claude Mesplède que je remercie énormément, car sinon, je serais passé à côté d’une belle lecture.

Résumé :
Les Russes, qui souhaitent déstabiliser la région, provoquent la venue en Roumanie du Roi Michel et sollicitent les services d’un tueur à gages américain, Fred Coler, afin de l’assassiner au cours de cette visite. Parallèlement, un groupe de terroristes arabes organise une série de représailles en Roumanie à l’exécution de Nicolae Ceausescu, l’un de leurs plus fidèles alliés. Les services secrets roumains, et en particulier trois espions (Ioan Cantar, Horia Dragomirescu et Paul Conrad), découvrent peu à peu toutes ces machinations et s’évertuent à les déjouer. Commence alors une course contre la montre, dans laquelle sont impliqués des contre-espions roumains, des représentants de la CIA, du KGB et du Mossad. Et les lieux où se déroule l’action s’enchaînent à toute vitesse : Bucarest, Moscou, Vienne, Las Vegas, Versoix, Los Angeles, Tel-Aviv.

La semaine prochaine nous partons a Toulouse retrouver un auteur fort sympathique. Je vous souhaite de très bonnes lectures noires.

9782930585208_0Pouvez-vous, pour débuter cet interview, me parler de votre enfance ?
J’ai attendu un an avant d’être certain que la Seconde Guerre mondiale était bel et bien terminée et de décider de naître sans risque dans une petite ville de province, au sein d’une famille modeste d’enseignants. La vie était alors difficile, la nourriture se distribuait sur la base de tickets de rationnement, et mes parents devaient travailler du matin jusqu’au soir pour réussir à élever leurs enfants. J’ai d’ailleurs beaucoup plus souffert de leur absence à mes côtés que de celle de repas copieux ou de confort matériel. Des échos de cette période de ma vie se retrouvent d’ailleurs dans le premier recueil de poésies que j’ai écrit, intitulé Les Enfants esseulés.

Cependant, un jour, un miracle s’est produit : j’ai découvert le monde des livres. J’ai d’ailleurs su lire avant même d’aller à l’école. Je me suis mis à fréquenter assidûment les bibliothèques municipales et j’ai tout de suite commencé à me sentir moins seul. Quelques temps plus tard, j’ai même été officiellement déclaré comme le plus grand lecteur de ma ville. Cela fit d’ailleurs l’objet d’une annonce à la radio, ma photo a été imprimée dans le journal – qu’on placardait alors dans les rues du centre-ville, et j’ai même reçu un prix. Pour mon plus grand bonheur car il s’agissait de livres.

Que lisiez-vous à cette époque ?
J’ai été un enfant qui n’aimait pas les contes de fées. Je me souviens que je lisais plutôt des livres de guerre dans lesquels on vantait les actions héroïques de l’Armée Rouge (entre parenthèses, je tiens à préciser que la Roumanie a été occupée par les troupes soviétiques jusqu’en 1958 ; à la suite de quoi, la Roumanie est restée un satellite de Moscou). Mais à l’âge de neuf ans, j’ai découvert un livre qui m’a marqué pour toute ma vie : L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche. La lecture de ce chef-d’oeuvre m’a alors montré ce que voulait vraiment dire le mot “littérature”. Entre temps, de nombreux textes importants avaient été traduits en roumain. Et je les dévorais tous un par un. Mais jamais l’idée ne m’aurait traversé l’esprit de devenir un jour écrivain. J’ai étudié le violon pendant des années, en rêvant de devenir un musicien célèbre. J’ai également fait beaucoup de sport. Finalement, à l’insistance de mes parents, je suis entré à Polytechnique – dans les années 1970, le métier d’ingénieur était très à la mode. Mais un an plus tard, j’abandonnais ces études, et intégrais la faculté de Lettres. Je commençais également à écrire de la poésie et à pratiquer le métier de journaliste. Évidemment, je continuais à lire avec la même frénésie, comme je le fais d’ailleurs encore aujourd’hui.

USCYBERCOM_Logo_CroppedComment vous êtes-vous rapproché du roman policier ?
Assez difficilement. Lorsque j’étais adolescent, j’ai lu Conan-Doyle, Agatha Christie, mais cela ne m’a guère marqué. Ce n’est que dans les années 1970 que je fis la connaissance de Chandler, Hammett, Cheyney, Simenon, Boileau-Narcejac, Japrisot, Noël Calef, Guy des Cars… Ce sont eux qui m’ont réellement ouvert à ce genre littéraire et qui m’ont conduit à ma poser la question : “Et si j’essayais moi aussi de marcher sur leurs pas ?”

Comment se développe le polar en Roumanie ? Y a-t-il des festivals de Polar comme en France ? Et quelle est l’avenir du Polar en Roumanie ?
L’expansion du polar à travers le monde est sans précédent. Les livres des auteurs de ce genre sont édités par dizaines de millions d’exemplaires et leur rapportent des bénéfices fabuleux ! Leurs oeuvres sont commentés par des personnes avisées, dans des revues à grands tirages ou des blogs très consultés, et leur adaptation pour le cinéma est quasiment automatique. Les maisons d’éditions réalisent fréquemment grâce à eux des bénéfices importants qui leur permettent ensuite la publication d’ouvrages moins rentables. En Roumanie cependant, on peut compter sur les doigts de la main ceux qui ont le courage de se lancer dans une pareille aventure.

Tout d’abord, qui va parler d’eux ? À ma connaissance, il n’existe qu’une seule chronique à grande diffusion qui soit consacrée aux parutions de polars en Roumanie : Scena crimei. Et c’est la mienne (en huit ans, j’y ai d’ailleurs écrit plus de 400 articles).

Cette crainte de se lancer dans l’écriture de polar est-elle également dûe à une absence de tradition ? Peut-être. Il est vrai que peu d’auteurs roumains se sont frottés à ce genre avant 1990. Et encore moins nombreux sont ceux qui en ont obtenu des résultats concluants. Serait-ce alors la faute à l’invasion du marché par de nombreux polars étrangers ? Selon moi, ces derniers devraient plutôt être un facteur d’émulation qu’un facteur d’inhibition. Serait-ce alors parce que nous n’avons pas d’écrivains professionnels ? Nombreux sont pourtant les auteurs étrangers qui commencèrent comme journaliste, policier, ou agent secret, avant de vivre de leur propre plume.

En Roumanie, comme dans bien d’autres pays, un auteur de polars a un statut ambigu, presque celui d’un auteur “toléré”. Il n’inspire pas confiance aux critiques littéraires qui ont tendance à mépriser ce genre de romans – souvent faute d’avoir reçu une préparation approfondie sur la question. Dans le meilleur des cas, leurs références en sont restées à Agatha Christie, Conan Doyle, éventuellement Hammett, Chase et Chandler, alors qu’au cours de ces dix dernières années, le roman policier a connu des métamorphoses spectaculaires. Pour ma part, j’ai eu la chance d’avoir été plutôt gâté par la critique qui s’est exclamée dès mes débuts “Nous avons un Chandler roumain !”. On a beaucoup écrit à propos de moi, certains de mes livres ont même été récompensés par le Prix de l’Union des écrivains (en 1985 et en 1995), tandis que d’autres romans ont fait l’objet d’adaptation pour le cinéma et la télévision.

Néanmoins, et en général, un auteur de romans policiers en Roumanie ne reçoit guère de crédit de la part des lecteurs. Avant 1990, peu de polars ont été écrits à partir de sujets roumains. Il faut dire que nous vivions dans un pays où l’existence même de crimes ou de délits était complètement niée. Comme le remarquaient d’ailleurs Boileau-Narcejac, les régimes totalitaires sont les pires ennemis du polar. Ces romans “miliciens”, souvent écrits sans aucun talent et servant essentiellement à la propagande, ont particulièrement nui au genre policier, y compris après la chute de la dictature. Par conséquent, aujourd’hui encore, aucun éditeur n’accorde beaucoup de confiance à un polar se déroulant en Roumanie et les rares polars roumains qui paraissent malgré tout ne profitent pas d’une promotion adéquate, quelle que soit leur valeur.

Une autre raison pourrait enfin être avancée pour expliquer cette situation : le public roumain croit très peu dans son propre système judiciaire. Il lui est donc plus difficile de voir dans un héros de polar un justicier vraisemblable, alors que tant de procès sont actuellement intentés contre des policiers, des procureurs ou des juges.

Cela étant dit, il existe aujourd’hui une dizaine d’auteurs en Roumanie qui font tout à fait honneur au genre policier, et parmi eux, trois ou quatre sont particulièrement remarquables.

GEORGE ARIONParlez-nous du Prix Flacara et du Romanian Crime Writers Club dont vous êtes le président.
La Fondation des Prix Flacara décerne chaque année des prix pour les personnes les plus représentatives dans les domaines suivants : littérature, théâtre et cinéma, musique, journalisme, management, sport. Plusieurs personnalités importantes ont été récompensées par ce prix. Il existe également le Grand Prix Flacara, décerné à une personnalité centrale dans la vie publique en Roumanie. Le Roi Michel a d’ailleurs été le premier lauréat de ce prix.

Quant au Romanian Crime Writers Club, il a comme objectif principal de promouvoir le roman policier en Roumanie.

Votre roman Cible royale chez Genèse Édition est vraiment d’actualité, avec ce qui ce passe entre la Russie et l’Ukraine. Comment se sont passées vos recherches au niveau de la documentation pour ce superbe roman ?
Mon travail de journaliste m’a permis d’avoir accès à de nombreuses sources d’informations. J’ai également utilisé pour ce roman des faits que j’ai vécus personnellement ou que l’on m’a racontés. C’est un roman actuel bien qu’il ait été écrit en 1997. Et il le restera sans doute tant que les empires existeront. Car ces derniers ne renonceront jamais à un comportement barbare à l’égard de leurs voisins.

CIA-KGB-Mossad-SRI… vous nous dévoilez différents services secret. Comment vous est venu l’idée ?

Ce n’est pas une idée très originale. Cible royale a un caractère de roman d’espionnage. Il m’était donc difficile de ne pas impliquer les services secrets.

Il y a un personnage qui m’a marqué pourtant très peu fréquentable mais dans la lecture de votre roman il est primordial : Fred Coler. Parlez-nous de ce personnage.
Fred Coler est “une machine à tuer”. On pourrait le comparer au Chacal dans le roman de Frederick Forsyth. Il peut également rappelé Arthur Bishop, le personnage de Lewis John Carlino dans The Mechanic (publié dans la Série noire sous le titre Le Flingueur – j’en profite au passage pour dire que j’ai rêvé pendant des années de voir un jour l’un de mes romans publié dans cette collection). Mais celui auquel il ressemble le plus est… Fred Coler. Il a son propre passé et ses propres raisons d’agir comme il le fait.

Et il y a aussi ces chapitres courts qui se passent dans une chambre blanche où on découvre un personnage attachant et mystérieux.

En effet, dans la chambre d’un hôpital, un homme est étendu, amnésique, à la suite d’un coup reçu sur la tête. Il ne se souvient plus de ce qui lui est arrivé. Ni même de son nom. Mais à partir de fragments de souvenirs, et grâce à de sérieux efforts, il parvient progressivement à reconstituer son histoire. Ce travail de remémoration est une occasion d’évoquer plusieurs épisodes qu’il a connu sous la dictature, ainsi que pendant les premières années après la chute du régime. À la fin de cet exercice de mémoire, il découvre une chose bouleversante : à l’instar de tant d’autres, il n’a jamais vécu que dans le mensonge, manipulé par les puissants du moment.

Dans votre roman, une incroyable machination : assassiner le roi Michel 1er . En feuilletant internet, j’ai réalisé que vous aviez pris comme personnage le Roi Michel 1er qui  avait lancé au Parlement où il fut invité : « Les rois ont fait la Roumanie moderne en cent quarante ans, a-t-il déclaré avant cette cérémonie. Les communistes ont tout détruit en quarante ans. » Parlez-nous de ce roi, quel sont vos impressions sur ce personnage ?
J’ai un profond respect pour le Roi Michel. C’est un homme qui entrera dans la postérité. En 1995, je me suis rendu chez lui à Versoix pour réaliser une interview. Et en 1998, nous lui avons décerné le Grand Prix Flacara. Ces moments passés en sa compagnie resteront pour toujours gravés dans ma mémoire. Chacune de mes rencontres avec lui aura été une leçon de sagesse, de modestie et de simplicité, de respect pour les autres et d’amour pour la Roumanie.

Bucharest Romania 1301552317(www.brodyaga.com)Avez-vous une anecdote a nous raconter sur ce roman ?
J’ai à ce sujet une anecdote intéressante. Après la parution du roman, une figure importante des services secrets roumains de cette époque s’est reconnue dans l’un des personnages du livre. Au cours d’une réception à laquelle je participais également, cet homme ne m’a rien dit mais a levé son index en signe de remontrance. Heureusement, cet avertissement est resté sans suite. Pour l’instant.

En 1983, vous écrivez un roman qui n’est pas encore traduit en France Attaque dans la Bibliothèque. Pouvez-vous nous en parler et sera-t-il traduit en France ?
En fait, Attaque dans la Bibliothèque est déjà traduit en français et attend simplement de trouver un éditeur. La traduction est toujours signée par Sylvain Audet (un très bon connaisseur de la langue roumaine, cultivé et doté d’une bonne plume, ce qui peut vous garantir une version française de grande qualité). Ce roman paru en 1983 est considéré par certains comme l’acte de naissance du roman policier roumain moderne. Il a d’ailleurs été publié en 2011 en anglais à Londres sous le titre Attack in the Library. Qui sait ? Peut-être paraîtra-t-il prochainement en France !

Comment vous écrivez ? (Le matin, le soir, dans un bureau.)
A cette question, je réponds d’habitude : de gauche à droite. Plus sérieusement, depuis quelques années, j’écris dans ma cuisine. Le seul endroit chez moi où je peux fumer la pipe sans déranger personne. Par conséquent, pendant les heures où je travaille, impossible pour les miens de venir se préparer à manger ou prendre quelque chose dans le réfrigérateur. Bref, mon travail d’écrivain a tendance à faire mourir de faim ma famille.

Quels sont vos écrivains préférés ? Que lisez-vous actuellement ?
Il m’est difficile d’établir une hiérarchie dans mes préférences littéraires. Pour ma part, j’ai commencé à écrire de la prose après avoir énormément lu d’auteurs étrangers.

Mais si nous nous résumons à ce que les Français appellent le polar ou le roman noir, que les Anglais appellent mystery&thriller ou les Italiens giallo, voici une courte liste d’auteurs contemporains : John le Carré, Frederick Forsythe, Nelson DeMille, Jeffery Deaver, John Grisham, P.D. James, Patricia Cornwell, Tom Clancy, David Baldacci, Peter Grisham, Lawrence Block, Carlo Lucarelli, Andrea Camilleri, Fred Vargas, ainsi que quelques auteurs de la “vague nordique” : Stieg Larsson, Liza Marklund, Camilla Läckberg, Leif Davidsen, Anne Holt, Jo Nexbo.

Ma plus récente lecture a été celle du roman d’Emmanuel Carrère, Limonov. Qui a provoqué en moi des sentiments, je l’avoue, plutôt confus.

USSSVous avez écrit plus de treize polars et thrillers et nous vous découvrons seulement maintenant en France, comment l’expliquer ?
Treize polars ?! J’avoue, je ne les ai pas comptés. Mais si votre recensement a abouti à ce chiffre, c’est qu’il doit être exact. N’oubliez pas cependant d’en ajouter un dernier, L’Île des livres, mon dernier roman qui vient de paraître il y a deux semaines. Construit sous la forme d’une enquête policière, il s’agit en fait d’une réflexion sur le destin des livres à l’heure actuelle. J’ai tendance à considérer ce roman comme mon chef d’oeuvre.

Pourquoi je ne suis publié en France qu’à partir d’aujourd’hui ? J’espère que vous connaissez la réponse, car moi, je n’en n’ai pas la moindre idée. En tout cas, j’en profite pour remercier ici Genèse Editions et sa remarquable directrice, Mme Danielle Nees, d’avoir donné l’occasion à Cible royale de paraître et de rattraper ce retard. En attendant, la réponse à cette longue absence sur le marché français du livre se trouve peut-être dans cette poésie de Rimbaud : “Par délicatesse, j’ai perdu ma vie…”.

Vous avez une passion pour la poésie, pouvez-vous nous dire un de vos poèmes pour nos lecteurs et lectrices ?
Voici mon poem Film:

Ce film, avec ses maisons et ses arbres

Ses champs en mouvement sous des oiseaux immobiles,

Ses truites qui fendent les eaux froides,

A déjà été projeté pour d’autres.

Sages, nous regardons pour un temps,

Applaudissant ces scènes merveilleuses,

Et nous regardons avec étonnement

Certains d’entre nous

Se lever de leurs chaises

Et soudain sortir de la salle.

Parlez- nous de votre vision actuelle de Bucarest, ce que vous aimez de cette ville et son atmosphère.
Autrefois, Bucarest a été une très belle ville. On l’appelait même le “Petit Paris” pendant l’entre-deux-guerres. Bien entendu, cette comparaison ne s’appliquait pas à la banlieue de la ville. Pendant la période communiste, on y a construit des dizaines et des dizaines d’immeubles grisâtres, de véritables casernes, que je décris d’ailleurs dans Cible royale. Beaucoup de constructions superbes furent alors détruites. Après 1990, des tours d’acier et de verre ont fait leur apparition, parfois juste à côté de véritables bijoux d’architecture d’antan. Cette ville dans laquelle je vis depuis 1955 n’a malheureusement pas de style propre.

Qu’aimez-vous de la France ?
Ce que j’aime en premier lieu, c’est la culture française. La première fois que je suis venu en France remonte à 1993. J’ai découvert alors la ville que je m’étais imaginé. Pleine d’une grandeur qui sait ne pas être écrasante. Elle a un charme fou. Elle est unique.

Quel sera votre mot de fin à cette interview ?
Bonjour à vous, amis français ! Sachez que sur cette planète, j’existe moi aussi. Vous ne regretterez pas d’avoir eu la curiosité de me connaître.