Pierre Gaulon :: La mort en Rouge

Voici un premier roman original qui montre le talent certain de l’auteur. Il s’agit de La mort en rouge, de Pierre Gaulon. Pourquoi je dis qu’il est talentueux ? Tout simplement parce qu’il arrive à nous attirer dans sa toile avec perfection.

La vengeance est un plat qui se mange froid et vous regarderez la route différemment après avoir lu son roman. Roman que je recommande les yeux fermés et qui sera dans mes coups de cœur de fin d’année.

Voici un résumé de La Mort en rouge chez City Éditions :
Des coups frappés à la porte, comme autant d’appels au secours. À travers le judas, Clément Danver a juste le temps d’apercevoir un homme se jeter du haut de cinq étages. Selon toute vraisemblance, l’homme s’est suicidé. Sauf que… Clément a cru voir, un instant, une autre silhouette.
Une femme spectrale à la chevelure maculée de sang. Sans doute a-t-il rêvé… Mais le policier envoyé sur les lieux a lui aussi des doutes sur le suicide.
D’autant que la mystérieuse « fille aux cheveux rouges » semble bien réelle. Elle laisse même des cadavres partout où elle passe… De sombres secrets enfouis depuis la Seconde Guerre mondiale ne tardent pas à ressurgir. Pour certains, la vengeance est vraiment un plat qui se mange froid.

Et voici un résumé de son nouveau roman, Noir Ego, chez City Éditions :
Au milieu de l’été, sur une aire d’autoroute, un homme disparaît. Il s’est littéralement volatilisé lors d’une simple halte en famille. Sa femme et ses deux enfants le recherchent désespérément avec l’aide d’un policier à la retraite rencontré par hasard.
Philippe a-t-il décidé d’abandonner sa femme et ses enfants ? Ou alors est-il la proie de cet assassin en cavale qui sévit dans la région ? Quelles autres hypothèses pourraient expliquer cette incroyable disparition ?
Bloquée sur l’aire d’autoroute à cause d’une violente tempête, face à l’incompréhension, une famille vole en éclats. Elle va de découvertes en découvertes et comprend bientôt que chaque homme possède une face cachée et des secrets inavouables…

La semaine prochaine, nous partirons rencontrer une auteur indienne. Je vous souhaite une bonne semaine à vous tous.

 

pgPour faire connaissance avec toi, peut tu nous parler de ton enfance et nous dire comment tu es venu a écrire ton premier thriller ?
J’ai eu une enfance heureuse au cours de laquelle je n’ai manqué de rien !!! J’ai écrit mon premier « thriller » à 13 ans après trois ans d’essais. Un petit texte d’une vingtaine de pages intitulé « L’étrange maladie » qui parlait d’un gardien de phare. J’avais l’impression que le récit faisait peur mais il ressemblait plus à une histoire tirée du « Club des cinq » qu’à un polar… J’ai bien dû noircir des milliers de pages avant d’obtenir quelque chose de convenable ! Mes premières tentatives étaient davantage axées sur la poésie et les livres « dont vous êtes le héros ».

Comment c’est passée la construction de ton roman La mort en Rouge chez City Édition, comment t’est venue l’idée ?
La mort en rouge résulte de la confrontation de plusieurs idées, comme à chaque fois que j’écris. La toute première scène est tirée de mon vécu. J’étais seul dans mon appartement quand quelqu’un a frappé à la porte. Après un coup d’œil dans le judas, j’ai vu qu’il n’y avait personne. Et je me suis demandé comment j’aurais réagi si un homme torturé s’était trouvé devant (sans doute une réminiscence d’une lecture de Maupassant intitulée La peur). Quelques jours plus tard, je rêvais (ou plutôt je cauchemardais) que je discutais avec un officier au cours de la seconde guerre mondiale lorsqu’une femme aux cheveux de sang est passée devant nous, en tenue d’Eve ( je n’ai aucune envie de  savoir ce que représente la signification de ce rêve !). Bref, les deux idées sont rentrées en collision et ont donné La mort en rouge.

9782824602981Dans ton roman nous naviguons dans deux périodes : Le présent et la seconde guerre mondiale.
La seconde guerre mondiale m’a toujours extrêmement touché, peut-être à cause des récits que m’en ont faits mes grands-parents (j’ai en tête l’histoire de pendus près d’Aix-en-Provence particulièrement choquante). J’ai l’impression que beaucoup ont tendance à banaliser cette période horrible. J’ai donc cherché un moyen d’en rapprocher le lecteur, pour lui montrer qu’il y a 70 ans la France était occupée et que des hommes tentaient de se battre pour leur pays. La création d’une légende urbaine était pour moi le meilleur outil pour arriver à mes fins. Le mélange du blanc ( la neige) et du rouge (le sang) n’est pas anodine, je voulais qu’il fasse l’effet de ces films documentaires colorisés de la seconde guerre mondiale, que du noir et blanc, on passe à la couleur.

Parle-nous des deux personnages principaux : Lou et Sérinam.
Je pense qu’il faudrait en rajouter un troisième, Clément, car il forme un « duo » avec Lou. Lou Venucci est un ancien officier de gendarmerie reconvertie en détective privée, c’est une femme à l’imagination débordante et pourtant très cartésienne. Clément est son opposé, un rêveur qui vit à travers ses lectures. Ce couple forme les deux aspects de ce fantastique « à l’ancienne » que je voulais créer. Le côté irrationnel confronté à la logique pure. Je voulais que le lecteur navigue entre les deux. Sérinam représente quant à lui l’entre-deux, le personnage qui essaie de saisir tous les aspects du problème.

As-tu une anecdote à nous raconter sur ton roman ?
Plusieurs même ! Des lecteurs ont par exemple fait des recherches sur « la fille aux cheveux rouges » afin de vérifier qu’il s’agissait d’une véritable légende urbaine, du type « la dame blanche ». Certains ont été déçus de découvrir qu’elle n’existait pas, d’autres au contraire ont trouvé ça super ! De même, quand mon éditeur m’a contacté, il était persuadé que je venais du nord de la France (J’habite en réalité près d’Aix-en-Provence) car il trouvait les descriptions très précises. Or, la ville dans laquelle se déroule l’action a été inventée de toute pièce !  

1510694_451753644954385_1183656084_nLe Concierge est curieux ! Quel sont tes futurs projets littéraires ? Retrouverons nous Lou et Sérinam ?
Pas mal de projets ! Pour commencer, un deuxième thriller intitulé Noir Ego sort ce mois-ci, toujours chez City Éditions. Plus noir, plus huis clos mais avec toujours cette petite part de fantastique. Plusieurs maisons d’éditions sont également intéressées par un roman de fantasy adulte (Blizzard) et d’autres par un roman d’anticipation scientifique / horreur (Enragés) . Lou et Serinam reviendront en effet dans un futur roman dont le plan est déjà complet dans ma tête, mais il faudra attendre un peu…

Parle-nous de ta maison d’édition : City Éditions, je ne connais pas
City fait partie de ces maisons d’édition dont on ne connaît pas forcément le nom mais dont on connaît les titres. Il suffit de rentrer dans une librairie pour tomber sur un « Richard Castle », un « Tom Clancy » ou un « Scott Mariani » , des best sellers internationaux. City publie également des auteurs français reconnus comme François Xavier Cerniac, coup de cœur du Prix VSD du polar ou David Moitet… Pour un premier livre, on peut dire que j’ai eu de la chance d’avoir été accepté par eux !

Comment écris-tu ? (le matin, le soir, dans un bureau…)
Tout dépend, j’essaie d’adapter mes horaires. En général, je suis plutôt du matin, le soir étant consacré à la relecture ou à la lecture d’autres auteurs. Le lieu et le support n’ont pas d’importance, j’écris partout dès que j’ai un instant (en salle de pause, devant mon ordi, dans mon lit, en promenade…) J’essaie de m’imposer un rythme de 500 mots par jour minimum lorsque je travaille et 1000 lorsque je suis en repos. Car je pense que l’inspiration se travaille.

Quels sont tes écrivains préférés ? Que lis-tu actuellement ?
Je suis un véritable fan des auteurs de « fantastique » du 19eme. Mes mémoires de Master ont d’ailleurs été consacrés à Villiers de l’isle-adam et à la différence entre « fantastique » et « science fiction ». Je citerai donc Maupassant, Mérimée, Edgar Poe… Chez les contemporains, j’aime beaucoup Stephen King évidemment.

la-serie-supernatural-consacre-son-tout-premier-episode-a-la-dame-blanche_119495_w620Quel sont tes films préférés ?
Sans aucun doute ceux de Tarantino. Un lecteur (celui qui a gagné votre prix balai de la découverte l’année dernière pour ne pas le citer, hein Frédéric ?) a d’ailleurs trouvé que le général Gottfish de La mort en rouge avait un côté « Hans Landa » de Inglorious Bastard ! J’aime aussi beaucoup Usual suspect. On me dit souvent que j’ai un style pictural. Je travaille en effet par « scène » et je pense que le cinéma m’a également fortement influencé.

En 2006, tu publies ton premier roman, Tendres tortures. Peux-tu nous en parler ?
Ce n’est pas vraiment un roman, mais un genre hybride entre la nouvelle, la poésie et l’essai. Disons une novella poétique, un roman-sonnet. Il s’agissait pour moi d’une thérapie, d’une façon d’expulser mes angoisses de la crise de la vingtaine. Je l’ai écrit et publié à compte d’auteur comme un accouchement sans même chercher d’autres maisons d’édition car je pense qu’il n’était pas mûr.

Quelle actualité t’énerve actuellement, et pourquoi ?
En réalité c’est un ensemble de choses. Je dirais la bêtise et l’horreur. L’une découlant peut-être de l’autre. Je suis effaré par les actualités. Tous les jours, les informations dépassent largement ce que les romanciers les plus inventifs pourraient imaginer.

Quelles sont tes passions dans la vie ?
La première est ma fille, mon petit bébé qui vient de naître et que j’embrasse très fort ! La lecture prend également beaucoup de place dans ma vie car je pense qu’on ne peut pas écrire sans être soi-même un gros lecteur. Je réserve toujours une plage de temps dans la journée à cette activité. Vient ensuite l’écriture évidemment. J’aime aussi beaucoup le « jeu de go » et le tennis.

Si tu devais être un personnage de roman policier, tu serais qui ? Et pourquoi ?
Question difficile. En réalité, je suis toutes les personnes que je lis ! La lecture et l’écriture ont cette propriété de nous investir d’une personnalité que nous ne connaissions pas !

Quel sera ton mot de fin ?
Merci. À vous lecteurs et chroniqueurs qui me permettez de vivre cette belle aventure !