Pierric Guittaut :: La Fille sous la pluie

pgLa Fille sous la Pluie de Pierric Guittaut est un roman magistralement écrit, qui, je pense, est dans la grande lignée des romans de la Série Noire.

Vous vous souvenez le célèbre roman L’Été Meurtrier et aussi le film avec Isabelle Adjani ? Ce roman m’y fait penser. Pendant deux cents pages, le lecteur est tenu en haleine. Et que dire des cinquante dernières ? Un feu d’artifice, vraiment brillant !

Pierric Guittaut est un jeune auteur qui, j’en suis sûr, refera très bientôt parler de lui, car quand on a un tel talent, c’est un avenir qui s’annonce bien dans le noir.

Résumé du roman :
Il pense à un grand animal sauvage en même temps que son pied enfonce la pédale de frein. Ce n’est pas un cerf ni un sanglier, mais une femme. Hughes s’est perdu dans la campagne en proie à un orage formidable. Son véhicule rend l’âme sous la pluie battante et le clerc de notaire trouve refuge auprès de la famille Girard, agriculteurs à l’hospitalité distante. Non loin de leur domaine vit Pascal Martin, le beau-père de la jeune femme troublante et mystérieuse aperçue sur la route. Grand rival des Girard, celui-ci sera vite soupçonné lorsqu’un premier drame éclate. Le nouveau venu va découvrir que sous le calme apparent d’un monde rural isolé couvent des passions redoutables, nourries de rivalités de chasse ou de convoitises de la terre, tandis qu’une ombre fascinante court les collines boisées. Le clerc ne le sait pas encore, mais sa vie trop rangée vient de basculer…

Le Concierge Masqué vous souhaite une bonne année 2014 (surtout la santé et le travail…) et évidemment vous souhaite de très bonnes lectures noires pour 2014 à toute votre famille.

La semaine prochaine, nous partirons voir une vétérinaire qui a un talent fou.

Pouvez-vous nous parler de votre enfance et nous dire comment vous êtes venu à écrire ce premier roman ?
Mon enfance s’est déroulée en deux grandes étapes très distinctes, d’abord en cité HLM à Melun en Seine-et-Marne, à une époque où ce type d’habitat était encore le fief des classes moyennes laborieuses, puis à St-Denis-de-Jouhet dans le sud de l’Indre, près de La Châtre où j’ai effectué toute ma scolarité de la sixième jusqu’au Bac. C’était alors le début des années quatre-vingt et le patriarche octogénaire de la ferme voisine portait encore des sabots en bois fourrés de paille, en parlant un patois berrichon que je ne comprenais pas. J’ai eu la chance de faire du vélo sur des petites départementales où les seuls dangers étaient les chiens de ferme, d’aller pêcher le gardon dans des petites rivières loin de tout, d’embrasser mes premières filles en chair et en os dans les bottes de paille et d’avoir à quinze ans une mobylette, plutôt qu’un scooter en plastique et un I-phone pour des rencontres virtuelles. Mon enfance et mon adolescence ont ainsi été les témoins successifs des derniers soubresauts de deux mondes désormais engloutis par la mondialisation : la banlieue populaire avant la ghettoïsation, et la petite paysannerie française séculaire.

pluieEn ce qui concerne l’écriture, j’ai eu le pressentiment assez jeune que je deviendrais écrivain mais j’ai attendu d’avoir vingt-cinq ans pour boucler un premier roman, qu’on qualifiera « de jeunesse » pour ne pas être trop dur. Je me suis ensuite cherché quelques années, ne voyant pas trop ce que je pourrais apporter à la littérature déjà bien fournie sans moi, avant de découvrir le roman noir sur le tard. Ce fut un déclic. J’avais trouvé le genre qui me permettrait de m’exprimer.

Pour ce premier roman à la Série Noire, j’ai voulu écrire un backwoods noir, un polar rural avec une forte dimension psychologique et une ambiance prenante, en évoquant la campagne sans mépris et sans idéalisation, en accord avec ma vie actuelle et avec une touche de fantastique en plus.

Comment se sont passées vos recherches pour écrire votre roman La Fille de la pluie ?
Je n’en ai fait aucune. Vivant dans le Berry depuis plus de trente ans, étant moi-même chasseur depuis quinze ans, je n’en ai pas eu besoin. C’est un roman plus atmosphérique que technique, et je ne voulais pas non plus verser dans le reportage ethnographique sur la campagne, aussi bien intentionnée soit ma démarche.

J’aime bien l’ambiance du roman qui ce passe à la campagne, avec les non-dits et la jalousie, parlez-nous des principaux personnages.
Dans sa tête, Hughes est un personnage en perdition. Il a raté sa carrière de sportif pro pour des raisons non évoquées mais on comprend que le mental y a joué pour beaucoup. Lorsqu’il se retrouve isolé dans un milieu clos qu’il ne connaît pas, il va à nouveau subir les effets de ce manque de caractère qui va se révéler dramatique face à Morgane, une jeune femme qui ignore le doute autant que les illusions, et face à la rudesse du monde paysan en général. C’est un perdant qui se voit confier un bref instant les clefs de sa libération personnelle mais sa nature anxieuse et légèrement paranoïaque le condamne par avance. Face à lui, à ce fantôme neurasthénique de la virilité et de l’héroïsme, Morgane est le cri primaire de la vie, de la sensualité, étayée sur le cliché de la femme fatale du roman noir de l’âge d’or. C’est une amazone insolente, un brin sorcière. Une réincarnation de la Morrigane celte, comme son nom nous l’indique et comme le confirme la corneille qu’aperçoit Hughes lors du dénouement. Ce tandem est assez symptomatique des rapports homme/femme modernes, il me semble, avec des hommes qui ne savent plus où ils vont ni ce qu’on attend d’eux, et des femmes dont les revendications prennent une forme de plus en plus violente envers l’autre sexe. Le personnage le plus touchant est sans doute Virginie, une agricultrice à la solitude poignante. Désormais veuve et confrontée à la désaffection de son fils pour l’agriculture, elle doit porter l’exploitation sur ses seules épaules et sans beaucoup d’espoir de contrepartie affective ou d’épanouissement personnel. Contrairement à Hughes, elle ne se fait plus guère d’illusions. Sa résignation est terrible. Le vieil Hippolyte, lui, est l’incarnation de la vieille âme paysanne, mélange de facétie roublarde et de dureté.

Votre roman me fait penser à L’été meurtrier de Sébastien Japrisot, qui donna le film que tout le monde connaît, interprété par Isabelle Adjani qui jouait une femme fatale comme Morgane, une de vos héroïnes.
Je n’ai pas lu ce roman, et n’ai pas revu le film depuis plus de vingt ans, ce qui fait que je manque de matière pour me pencher sur les similitudes ou les dissemblances entre mon roman et L’été meurtrier. C’est en tous cas très flatteur car c’est un film qui a marqué durablement ses spectateurs pour entrer dans le patrimoine culturel populaire, voire l’inconscient collectif. Comme vous n’êtes pas le premier à évoquer cette parenté, je serais assez curieux de revoir le film et je vais sans doute lire le roman de Japrisot dans les mois qui viennent.
En ce qui concerne la femme « fatale », Morgane est bien sûr une variation voulue de cet archétype du polar des années cinquante, à la différence qu’ici elle n’est pas dangereuse parce que c’est une garce et point barre, mais parce qu’elle incarne une énergie primitive, une force révélatrice extrêmement sélective sur le chemin de la réalisation personnelle. Elle est l’ultime défi pour Hughes, lui qui a déjà raté presque tous ceux que la vie lui a présentés.

PaysageenBerryAvez-vous une anecdote sur ce roman à partager avec vos lecteurs ?
Il m’est arrivé une chose troublante au cours de l’écriture. Je voulais doter Morgane d’un certain penchant pour la sorcellerie. C’est un cliché concernant le Berry où je vis, et comme j’avais décidé de jouer sur les clichés avec ce personnage, je me suis dit que ce serait approprié. Elle jette donc clairement un sort à un autre personnage au cours du récit, mais elle met aussi plusieurs fois au défi le clerc de notaire par des provocations chargées de puissance sexuelle, ce qui était pour moi lié à son statut de femme « fatale », sans plus.
Après avoir terminé le manuscrit, j’ai lu un ouvrage sur les rapports entre magie et sexualité dans les récits celtiques insulaires. Je me suis rendu compte que Morgane lançait en fait à Hughes une geis, mélange de prophétie funeste, de malédiction et de mise au défi chez les anciens Celtes, dont la violation était fatale et que les femmes pouvaient utiliser pour éprouver la virilité de leurs amants. Comment ce concept assez précis, et réservé à quelques érudits, a-t-il pu se trouver dans mon récit, presque à mon insu ? Cela laisse songeur quand aux capacités de l’inconscient collectif, où j’ai beaucoup puisé pour écrire ce roman.

Vous montrez un monde rural très noir, est-ce votre vision du monde paysan ?
Il reste très peu de paysans en France, et ils auront tous disparus d’ici une génération, laissant la place à des « agriculteurs » travaillant sur des « exploitations agricoles » massivement remembrées et subventionnées par Bruxelles par une politique qui a exclu l’être humain et sa fonction sociale de son discours. Comme beaucoup de milieux, la paysannerie a été défigurée puis atomisée par le discours technicien et la logique marchande de la mondialisation. C’est peu étonnant de voir les jeunes ruraux fuir massivement une filière qui voudrait les réduire à des fonctionnaires, des assistés permanents ou de simples variables d’ajustement de l’industrie agro-alimentaire. C’est très triste mais les vieux paysans comme Hippolyte constituent une espèce en voie d’extinction. D’ici une ou deux décennies, ils auront tous disparus dans l’indifférence générale et la fin du roman est une métaphore assez explicite sur ce point.

Combien de temps avez-vous mis pour écrire un tel roman ? Comment vous écrivez ? (Le matin ? Le soir ? Dans un bureau…)
J’ai écrit La Fille de la pluie en sept mois, en y consacrant une heure et demie par jour les soirs de semaine et six ou sept heures les week-ends en phase de finalisation. J’écris assis dans mon lit, sur un petit PC portable dédié au traitement de texte posé sur mes genoux, sans radio ni musique ni télévision. J’ai besoin de calme pour écrire, c’est impératif, et il m’arrive ainsi d’écrire avec mon casque antibruit de tir sur les oreilles quand je trouve la maisonnée trop bruyante pour me concentrer. Comme il n’est pas facile, nerveusement, de cumuler un travail en journée, des obligations familiales et l’écriture d’un roman, j’ai aussi pris l’habitude avec ce roman de faire de courtes séances de relaxation/méditation de quelques minutes avant de commencer à écrire.

accueil-01Avez-vous des projets en cours d’écriture, le concierge est curieux !!
J’ai une idée en tête qui résume un futur projet de livre. Un gendarme en guerre avec sa hiérarchie, en proie à son passé rural, en prise avec des braconniers et en quête d’un amour perdu. Vous en savez désormais autant que moi…

Quels sont vos écrivains préférés et quel roman lisez-vous actuellement ?
Souvent, les œuvres dites « littéraires » me tombent des mains ou m’ennuient par leur nombrilisme. J’aime surtout les écrivains de l’imaginaire et la littérature populaire. J’ai beaucoup lu Stephen King entre quinze et vingt-cinq ans, ainsi que Robert E. Howard et son cycle des Conan. Le Dune de Frank Herbert est pour moi un classique incontournable en matière de science-fiction et après l’avoir lu cinq ou six fois en français, je me suis acheté une édition américaine pour le relire en V.O. Je ferais de même un jour avec le Silmarillion et le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. Mon frère aîné a été très surpris de me voir écrire du  polar, il était certain que j’allais écrire de la Fantaisie ! Aujourd’hui, j’essaie de trouver des éditions originales en poche de tous les romans de Charles Williams, mon auteur de roman noir américain préféré, avec Daniel Woodrell. Côté Fantaisie, j’aime beaucoup le travail de Justine Niogret, une bretonne surdouée qui élève la littérature de l’imaginaire à ce qui se fait de mieux en matière d’écriture et d’exigence, notamment dans son dernier Mordred.
Je lis aussi des livres d’Histoire, seule vraie matière qui m’a plu au sein de l’Éducation Nationale, ou des essais de tous genres. J’aime aussi les travaux un peu marginaux et mystiques, comme le Matin des magiciens de Pauwels et Bergier, ou des livres de cartomancie (il m’arrive de lire le tarot pour des amis).  En dépit de mon bac scientifique décroché à dix-sept ans et ma formation actuelle de technicien dans l’industrie, je conserve un part d’irrationnel romantique et je crois fermement dans les pouvoirs de l’imaginaire et leur rôle fondamental dans la santé mentale d’un être humain. C’est l’un des grands crimes du « Progrès », devenu totalitarisme idéologique, que d’avoir voulu éradiquer l’imaginaire. On admire le résultat chaque jour.

Être publié à La Série Noire doit être une fierté pour vous ? Que représente pour vous cette grande maison d’édition ?
C’est un honneur, avant tout, et une reconnaissance de tout le travail et de tous les sacrifices investis dans l’écriture depuis dix ans. A quinze ans, j’aurais choisi Gallimard comme maison d’édition « idéale », pour le prestige immense de son catalogue chargé d’histoire et son rayonnement international. Aujourd’hui mon nom y figure, et c’est une grande satisfaction intérieure : l’adulte n’a pas trahi l’adolescent d’autrefois, c’est surtout cela ma vraie fierté, et aussi celle d’honorer le nom de mes parents et grand-parents à travers cette publication.

Parlez-nous de votre passion pour la Chasse qu’on retrouve dans votre roman d’ailleurs.
La chasse s’explique difficilement par les mots. Il faut la vivre, la ressentir. Plutôt qu’un grand discours « engagé » placardé dans la narration, j’ai préféré embarquer Hughes dans une partie de chasse impromptue pour que le lecteur découvre en même temps que lui, et de l’intérieur, une partie de cette activité. La chasse n’est pas un sport, ni un loisir. Je comprends les gens qui sont révoltés par cette appellation. Il n’y a rien de sportif dans le fait d’abattre un animal avec une arme à feu. C’est un acte primordial, primitif, chargé de magie ancestrale, et bien trop grave pour être considéré comme un amusement. Ceux qui voudraient faire de la chasse un simple loisir très rentable soumis aux lois du marketing sont de la même engeance que ceux qui voudraient la supprimer par totalitarisme idéologique « vert » : des imbéciles.
J’ai été initié sur le tard, par mon beau-père, un berrichon du Pays Fort, solitaire et dur au mal, chasseur depuis toujours. Nous avons fait chacun un pas l’un vers l’autre en dépit du mur culturel initial qui nous séparait. Cela nous a beaucoup rapproché au final et aujourd’hui la chasse est devenue une constituante fondamentale de ma vie, jusqu’à orienter en partie le choix de mon lieu de résidence actuel. J’ai découvert le « sang noir » qui coulait en moi !

HVI_BrenneParlez-nous du Magazine Éléments et quel est votre rôle dans ce magazine ?
Éléments est une revue d’idée qui paraît depuis quarante ans. C’est une publication de ce qu’on a appelé autrefois la « Nouvelle Droite », qui oeuvre pour le respect des peuples et la diversité humaine face à la globalisation, qui s’engage dans le futur européen et son renouveau, qui se montre très exigeante dans ses interrogations de tous les domaines de la pensée humaine et vise au-delà du clivage doite/gauche en combattant la soumission mortifère à l’ultra-libéralisme. Certains articles sont assez pointus et nécessitent un bagage intellectuel que je n’ai pas, notamment en matière d’histoire de la philosophie, mais la qualité de ses dossiers thématiques est remarquable et sans équivalent dans la presse française contemporaine. Quand j’ai lu un de mes premiers numéros d’Éléments, le dossier portait sur « Les banlieues malades de la France ». Moi qui sortait d’une expérience de cinq années de « quartiers » comme habitant et travailleur social, j’étais assez méfiant, le niveau des publications sur le sujet se limitant généralement à de la propagande idéologique ou un ramassis de clichés compilés par des gens n’y ayant jamais mis les pieds. Je n’ai toujours rien lu depuis qui approche la justesse des analyses de ce dossier sur ce thème, pourtant fondamental, de la société française contemporaine.
Mon rôle est simple : j’y chronique des ouvrages qui m’ont plu et que j’estime de qualité, dans le domaine du polar ou de la littérature populaire en général, et ce, depuis deux ans.

Quelle est votre musique préférée ?
Le thrash metal des années quatre-vingt. Mon groupe préféré est Megadeth, pour la qualité des ses riffs de guitare très techniques et celle des textes de Dave Mustaine, pas toujours automatique dans ce genre… J’aime aussi Manowar,  Slayer ou Loudblast, des lillois qui ont été les seuls français à rivaliser avec les grandes formations US. En dehors du metal, j’aime beaucoup Brel, Mano Solo ou William Sheller, ou encore du bluegrass américain avec ses banjos fous. J’ai aussi une petite collection intéressante de reggae jamaïcain.

Parlez-nous de votre vision du Berry, Qu’aimez-vous dans votre région ?
J’y aime surtout son rythme et sa philosophie de vie. Les berrichons prennent encore le temps de vivre et d’apprécier la vie, leur bon sens se moque bien de l’agitation stérile autour de tel ou tel « buzz », de tel ou tel « tweet », de telle ou telle déclaration « scandaleuse » à Paris. Les gens sont connectés et ont des smartphones mais ces engins sont considérés pour ce qu’ils sont : des gadgets technologiques, des objets de frime dans l’air du temps.
J’y aime aussi la qualité du tissu humain. Contrairement à ce que certains pensent, la vie sociale est  développée à la campagne et les gens sortent souvent pour des repas de telle ou telle association, des bals à la salle des fêtes, des rifles, des tournois de pétanque ou de carte, des brocantes ou des vide-greniers, des comices agricoles ou des fêtes de village, de l’élection des Miss ou de la course cycliste, sans parler de toutes les célébrations privées : mariages, baptême et enterrements, anniversaires de mariage, etc. Le lien entre le cycle naturel des saisons et la vie quotidienne n’a pas encore été rompu et chaque saison est rythmée par des activités précises qui reviennent chaque année.
Bien sûr, le Berry n’a pas été épargné par la mondialisation : ses villes connaissent aussi le chômage, la dégradation du logement social, la crise de l’industrie, les délocalisations, l’insécurité, mais cela reste une région agréable, très verte – puisque nous sommes ici au coeur de l’ancienne « gaule chevelue » – et où des inconnus peuvent encore vous filer un coup de main. Le niveau d’accès à la propriété est acceptable : 150 000 euros pour un pavillon avec trois chambres et mille mètres carrés de terrain. Vos enfants fréquentent des écoles sans violence endémique, où le mérite individuel fait encore l’objet de la distribution de bons points, et ils peuvent jouer dehors sans une surveillance constante et faire du vélo sans la pression d’une circulation automobile devenue ailleurs monstrueuse.  Mais chut, il ne faut pas le dire et faire croire que le Berry, c’est « Déliverance », pour qu’on reste encore un peu tranquilles…

Quel sera votre mot de fin pour cette interview ?
Merci pour votre intérêt !