Frédéric Mars :: Non Stop

fm3Non Stop de Frédéric Mars (Hachette) est un roman stupéfiant, qui ma apporté un agréable moment de lecture. De la première à la dernière page, ce roman se déploie à un rythme soutenu, une angoisse s’installe et ne vous quitte plus. Une belle réussite qui me fait penser a la série télé 24 heures Chrono. Les personnages sont super attachants, un vrai régal !

L’histoire :
New-York. Septembre 2012. Le matin. Dans la foule. Avancer. Compter ses pas. Ne pas s’arrêter, surtout ne pas s’arrêter. Un métro qui n’arrive pas assez vite et c’est l’explosion.

Un couple d’origine arabe qui prend l’avion sans bagage est suspect aux yeux du personnel naviguant. La crainte d’un attentat plane dans toutes les mémoires. Et certains éléments réunis augmentent les suspicions.

Sam, capitaine de police, veuf, a échappé de peu à l’explosion dans le métro. Sa fille, une adolescente très mature va sentir que « les choses ne tournent pas ronds » autour de son père.

Et étrange épidémie va frapper New-York, des individus explosent aux quatre coins de la ville. Il n’y a pas de revendications et leur nombre va croissant chaque heure.

Tous les services secrets, agents  FBI, policiers vont tenter d’intervenir mais il est difficile d’agir face à une cible qui n’est pas clairement définie.

Les heures avancent, une sorte de décompte inéluctable s’est mis en marche rythmé par les explosions…

La semaine prochaine nous partirons rencontrer un auteur grec. Je vous souhaite de très bonnes lectures noires.

 

non-stop-260533Pouvez-vous nous parler de votre enfance et nous dire comment vous êtes venu à écrire du thriller ?
Mon enfance ne fut pas un thriller, plutôt heureuse, en fait, avec ses drames minuscules et ses traumas de poche. Donc difficile de savoir comment on peut en venir à un genre « angoissant » comme le thriller. En conscience, je suis surtout venu à ce genre, car j’aime la manière dont il permet de déployer une mécanique narrative très serrée, tout en donnant beaucoup de liberté.

Comment se sont passées vos recherches pour écrire Non Stop ? Il est très détaillé, notamment ce qui concerne les différents services de police et d’état.
Ça a été plusieurs mois de recherches, d’épluchage de presse anglo-saxonne, de lectures de livres américains sur l’état de la sécurité intérieure aux États-Unis après le 11 septembre. Le risque, avec ce genre de projet, c’est aussi de se noyer un peu dans la documentation  Donc, à un moment donné, il faut aussi l’oublier, et se jeter à l’eau.

Parlez-nous des deux personnages principaux de votre roman : Sam Pollack et Liz McGeary ?
Je les ai tout de suite envisagés comme un couple, plus que comme un duo d’enquêteurs. Je voulais que leur manière de travailler ensemble fonctionne plus comme une relation amoureuse, avec sa générosité et aussi ses tensions. D’où l’idée de leur créer un passé sentimental commun, qui est assez vite venue.

Comment vous est venue l’idée des pacemakers piégés et de ces pauvre gens qui sont obligés de marcher ?
L’idée est venue d’une brève dans le Daily Mail, le quotidien britannique, qui évoquait la formation de chirurgiens pakistanais pour poser des implants mammaires explosifs. À partir de là, j’ai essayé d’imaginer tout ce qui pouvait être embarqué dans le corps humain et qui était susceptible de contenir un explosif.

Dans ce roman il y a un personnage qui me fait penser a Obama, le président Stanley Cooper , c’était voulu ?
Oui, évidemment. Mais je voulais lui donner une épaisseur morale et physique différente, plus proche en termes d’apparence d’un Denzel Washington, et s’agissant de ses dilemmes personnels d’un Kennedy.

27829_aj_m_2645Une anecdote sur votre roman Non Stop à nous faire partager ?
J’ai découvert après coup, une fois le roman fini et publié, que l’un de mes oncles avait eu une attaque cardiaque à New York, quelques années plus tôt, et s’était justement fait implanté un pacemaker au Roosevelt Hospital que je décris abondamment dans Non Stop. Une chose que j’ignorais totalement en concevant cette histoire.

Je vois bien ce thriller adapter en feuilleton comme 24 heures Chrono ?
Merci ! En l’occurrence, Non Stop est en soi un gigantesque hommage à des séries de ce type. En l’écrivant, j’ai constamment cherché à restituer le rythme et l’énergie spécifique de 24h chrono. Donc la boucle serait en effet bouclée s’il était adapté à son tour pour le petit écran.

Pouvez-vous nous parler de votre dernier roman, Le Manuel du Serial killer ?
C’est un thriller psychologique assez tortueux, qui se déroule à Boston et Harvard. On y suit Thomas Harris, 21 ans, orphelin de père et de mère, et étudiant en lettres à Harvard. Grand amateur de littérature policière, il se retrouve momentanément mêlé à une enquête en cours, portant sur une série de meurtres, dont les victimes sont toutes des enfants. C’est aussi à cette période que le jeune homme commence un stage au service des manuscrits d’une maison d’édition spécialisée dans les romans de gare et le thriller, Killin Publishing. Chargé du premier tri au service des manuscrits, il y fait la lecture du Manuel du serial killer, soumis de façon totalement anonyme, et qui ne propose rien moins qu’un mode d’emploi détaillé du parfait tueur en série ! Entre horreur et fascination, Tom choisit de rejeter le texte. Quelle n’est donc pas sa stupéfaction lorsque, quelques semaines plus tard, il découvre ce livre en vitrine de toutes les librairies… et publié sous son propre nom, Thomas Harris ! Commence alors une véritable descente en enfer, à la limite de l’absurde : ce livre dont on lui impute la paternité fournit tous les détails des meurtres qui ne cessent d’ensanglanter la région. Et chaque tentative pour prouver qu’il est innocent rapproche un peu plus Thomas Harris de la cellule où croupit un redoutable prédécesseur, qui avait terrorisé le pays avec des crimes comparables, dix ans plus tôt.

pochemalLe Livre du Mal est un autre de vos romans paru en poche chez J’ai Lu ?
Il s’agit d’un thriller historique qui se situe à Jérusalem, il y a 2000 ans, quelques jours avant la crucifixion d’un certain Jésus de Nazareth. Le corps supplicié de Jean de Gamala, le fils ainé de Judas de Gamala, le fondateur de la secte zélote et l’héritier du trône d’Israël, est retrouvé dans une grange non loin de là, alors qu’il a disparu depuis plus de 20 ans.  Ses frères enquêtent et leur route va croiser celle du Jésus en question. En résumé, on peut dire qu’il s’agit du best of des scènes clés des Évangiles, revu comme un thriller ésotérique, avec de nombreux codes, clés, énigmes, etc.

Le concierge est curieux !! Pouvez-vous nous parler de votre prochain roman ?
Non ! ;-) C’est un peu secret pour l’instant, mais je peux vous dire que ce sera une trilogie, que ce ne sera pas un thriller même si le suspense sera au rendez-vous, et que ça ne sortira pas avant 2014 en France.

Comment écrivez-vous ? (le matin ? Le soir ? Dans un bureau ?)
Dans un bureau, dans le calme absolu (pas de musique) et généralement au cours de journées continues. Je suis un peu un diesel, donc je n’envisage pas d’écrire une heure ou deux. Quand j’écris, c’est toute la journée… Ou alors, si je ne peux pas m’y consacrer pleinement, je fais autre chose !

Quels sont vos écrivains préférés, ceux qui vous ont donné envie d’écrire. Quel est votre lecture en ce moment ?
Il y en a beaucoup (trop), mais je cite un peu toujours les 3 même, donc ça doit être vrai : Franz Kafka, Philip K. Dick et Patrick Modiano. En ce moment, je ne lis pas de fiction, car j’ai trop de lectures documentaires en retard pour mon projet en cours.

Quels sont vos films préférés et pourquoi ?
Hannah et ses sœurs de Woody Allen : parce que plus émouvant et drôle à la fois je ne connais pas. Brazil de Terry Gilliam : parce que plus fou je ne connais pas non plus. 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick : parce que j’ai mis plusieurs jours à m’en remettre quand je l’ai vu au cinéma… à huit ans !

Quelles sont vos chansons préférées ?
Impossible de répondre. Même si je n’en écoute jamais en écrivant, la musique est vitale pour moi. J’adore des centaines de titres, et plus que ça encore. J’ai même déjà établi une liste de chansons à passer à mon enterrement. Je vous fournirai la liste, si vous voulez ;-)

Sur Wikipédia j’ai vu que vous aviez dit : Que vous arrêteriez tout (y compris d’écrire quelques instants) pour le plaisir d’un sorbet aux fruit rouge. Pouvez-vous nous expliquer ça ? ;-)
Quand j’étais petit, j’avais souvent des crises de laryngites avec étouffement. La seule chose qui me soulageait, c’était la glace. Donc j’en ai gardé une addiction à tout ce qui s’ingère et qui est frais ou glacé.

Quel sera votre mot de fin ?
Je n’en aurai pas, car j’oublie toujours la fin des films que je vois ou des livres que je lis. C’est pratique, car comme ça je peu les revoir des dizaines de fois s’ils me plaisent !