Catherine Bessonart :: Et si Notre-Dame la nuit…

DCF 1.0Voici un premier roman qui m’a énormément surpris et qui fut une belle découverte. Il s’agit du roman Et si Notre-Dame la nuit… chez L’Aube Éditions, signé Catherine Bessonart.

Décidément, à Montmartre, il y a énormément d’écrivains de talent. Comédienne, scénariste et auteur prometteur, Catherine Bessonart nous livre là un premier roman sublime qui nous présente un commissaire que l’on n’oubliera pas de sitôt.

Un polar psychologique à souhait, un face à face qui vous prend aux tripes. L’auteur nous tisse une superbe toile et on se laisse piéger comme un débutant.

Avec impatience, j’attends la prochaine aventure de Chrétien Bompard et la superbe plume de cet auteur prometteur.

Résumé du roman :
Neuf statues de la cathédrale Notre-Dame de Paris sont décapitées en pleine nuit. Une drôle d’affaire. Qui peut en vouloir à des statues ? Mais des corps de chair viennent bientôt succéder aux corps de pierre, en une série sinistre et imprévisible. Femmes sans têtes, nues, déposées avec art dans des lieux de Paris que le commissaire Bompard s’étonne de bien connaître… Récemment divorcé et en proie à une certaine nervosité due à l’arrêt de la cigarette, Chrétien Bompard a l’impression bizarre que cette affaire le concerne.
Chrétien, un nom pas commun pour un flic, surtout quand il se dit mécréant à tendance bouddhiste. Avec l’aide de Machnel et de Grenelle, ses lieutenants, Bompard va retourner tout Paris pour mettre la main sur l’assassin. Un pervers perfectionniste, qui ne laisse aucune trace. L’enquêteur doit-il écouter son psy qui lui répète qu’il doit se libérer de son enfance pour pouvoir avancer ? Pourquoi Mathilde, son ex, a-t-elle failli être elle-même enlevée par le tueur ? Celui-ci en veut-il personnellement à Bompard ?

L’auteur sera présent au génial Festival international du roman noir de Frontignan, du 28 au 30 juin.

La semaine prochaine, nous partirons une nouvelle fois à Bruxelles rencontrer un Balai d’Or que j’adore. Je vous souhaite de très bonnes lectures noires.

 
 

Pouvez-vous nous parlez de votre enfance et nous dire comment vous êtes venue à écrire un roman ?
L’ennui était à cette époque, fidèle comme mon  ombre… Bien sûr j’avais des ami(e)s, mais je m’ennuyais terriblement et j’attendais le jour où, le « plus tard » qui me permettrait  de faire, de dire, de vivre autrement… Alors pour oublier cet ennui, je lisais, beaucoup, et écrivais tout autant. Je me promenais avec un petit carnet  sur lequel j’avais écrit l’inspecteur mène l’enquête. Je vivais dans une petite ville de province et je me promenais beaucoup, j’observais les gens et je prenais des notes sur leurs déplacements, leurs habitudes…. J’ai gardé l’habitude du petit carnet

726-BESSONART-Et-si-notre-dame-la-nuitŠ-Couv_1Pourquoi avoir choisi comme lieux principal Notre-Dame de Paris pour votre premier roman Et si Notre-Dame la nuit… (L’Aube Édition) ? Comment ce sont passées vos recherche ?
Parce que ça correspond au kilomètre zéro et cela me semblait intéressant, un symbole en quelque sorte… Comme j’observe toujours et depuis longtemps mon environnement, j’ai  eu très peu de recherches à faire, si ce n’est pour quelques détails  concernant la vie d’un policier, par exemple son arme : un Sig Sauer, les grades…  et dans ce cas-là, je prends mes informations directement à la source, c’est-à-dire auprès d’un policier en l’occurrence, d’une policière.

Pouvez-vous nous parler du personnage principal : Le commissaire Chrétien Bompard que j’ai trouvé super attachant ?
Sensible au climat social, Chrétien Bompard a sans doute un peu trop de compassion pour être heureux.

Il est désenchanté, désabusé, déprimé.  Il se sent souvent comme un bipolaire stabilisé en phase dépressive.  Il vient de divorcer. Il est dans une nostalgie immense de ses années d’amour avec Mathilde et, en plus, une autre nostalgie menace, celle de l’enfance… Il dit toujours qu’il faut se résoudre à perdre beaucoup pour devenir adulte et il est toujours dans ce regret, il ressasse. Et en même temps, il a quelque chose d’assez joyeux, sans doute, justement, parce qu’il a  gardé sa part d’enfance.

On est parfois déstabilisé par les arcanes de sa pensée, on le trouve souvent vulnérable et parfois très fort, à moins que ce soit le contraire… Je peux vous dire tout ça et rajouter encore qu’on est parfois agacé et souvent sous le charme et que bien sûr on trouve qu’il boit trop. Mais je suis dans l’incapacité de vous dire s’il va ralentir l’alcool ou se rabibocher avec Mathilde. Chrétien Bompard n’en fait qu’à sa tête…

« Un monstre n’était jamais qu’un humain qui n’a pu supporter la souffrance et s’est alors détaché de sa condition d’humain. » pouvez-vous nous argumenter cette phrase de votre roman ?
Je suis très attachée à cette idée… et très touchée que vous l’ayez relevée.

Il y a dans votre roman différentes rencontres avec des concierges…
Je vis aujourd’hui dans un immeuble sans concierge et je le regrette. Comme vous l’avez remarqué, c’est un personnage qui m’inspire. C’est celui qui voit, qui sait, c’est aussi celui qui peut faire du lien…

Le Concierge est curieux. Retrouverons-nous bientôt Le Commissaire Bompard ?
Mais oui… Mon texte est attendu fin septembre et la parution de la deuxième enquête est  prévue pour janvier/février 2014. Et je peux  même vous dire que le titre sera Trous Noirs… à moins que cela ne change bien sûr…

ndComment vous écrivez-vous ? (Le matin, le soir, a un bureau…)
J’adorerais vous décrire un rituel d’écriture, mais je ne suis pas une femme de rituel même si j’ai quelques habitudes… mes proches vous le confirmeraient, j’ai toujours un carnet dans une poche, un sac à portée de main… il y a dans la rue des gens qui m’inspirent et je ne veux pas prendre le risque de les voir tomber dans un trou de ma mémoire  (comme dit Anne Sylvestre)… Et puis vient le moment de l’ordinateur… portable bien sûr et donc,  par définition, j’écris partout et je dirais même n’importe où. C’est ma liberté. En ce qui concerne le moment où je me mets à écrire et le temps que cela me prend… là aussi c’est variable. Mon idéal étant quand même de me lever vers cinq heures du matin, de faire un pause vers neuf heures, de m’y remettre une paire d’heures avant quatorze et de m’y recoller encore une paire d’heures avant la fin de la journée… Mais je peux également écrire à d’autres moment, je m’adapte aux possibilités de mon quotidien.

Pouvez-vous nous parler des Édition de L’aube et nous dire comment c’est passé la rencontre ?
Le plus simplement du monde… Un envoi par courrier et un matin, un coup de fil, tellement espéré :

– Catherine Bessonart ?
– Oui !
– Manon Viard, des éditions de l’Aube… Vous m’avez fait passer une nuit blanche magnifique…  Merci de nous avoir adressé la première enquête de ce beau personnage qu’est Chrétien Bompard.

Depuis ça se passe aussi bien que je pouvais l’espérer… Nous avons une excellente communication et des rapports de confiance  se sont établis.

Élève au cours Florent. Comédienne et scénariste, parlez-nous de votre autre parcours.
Au cours Florent et au cours Simon… J’ai bien sûr fait les premiers pas au café théâtre. J’ai joué pas mal de temps dans un café théâtre, dans le Marais, qui s’appelait le Tai Théâtre et qui malheureusement n’existe plus. J’ai ensuite joué, assez longtemps au Lucernaire sous la direction de Luce Bertommé, de Christian Leguillochet, de Jean-Jacques Dulon… J’ai également travaillé avec Michel Guyard. Parallèlement, j’ai fait de la radio sur France Inter avec José Artur. Et pendant tout ce temps je n’ai jamais cessé d’écrire… des pièces de théâtre, des scenarii… Un de mes scenarii a été adapté  pour France 3 « Heureusement qu’on s’aime »  avec Bernadette Laffont et André Ferréol…

Mon petit doigt de concierge me dit que vous êtes en ce moment  sur la réalisation d’un long-métrage, pouvez-vous nous en parler ?
C’est remis à plus tard… pas aux calendes grecques… enfin j’espère ! Ça pourrait être un drame (la perte de la mère, le même traumatisme chez deux jeunes femmes qui portent le même prénom : Marie) mais c’est traité sur le ton de la comédie et, là aussi, il y a une enquête… à suivre !

Notre-Dame_rose1Quels sont vos écrivains préférés ?
Alors,  dans le désordre et pour des raisons différentes, Henry Miller, Blaise Cendrars, Alexandra David-Neel, Simenon, Flaubert, Makine, Tennessee Williams, Duras même si ses livres tombent des mains de Bompard… Et tous ceux que j’oublie…

Quels sont vos films préférés ?
Ceux d’Almodovar, d’Alfred Hitchcock, de Fellini, les films réalistes italiens des années 50 avec entre autre Anna Magnani,  In the mood for love, 2046 de Wong Kar-Wai…

Quelle est l’actualité qui vous énerve en ce moment ?
C’est variable… mais d’une manière générale je déteste que tout le monde dise la même chose au même moment…

Quel endroit de Paris aimeriez-vous nous faire partager ?
Comme Chrétien Bompard j’adore les quais…

Quel sera votre mot de fin ?
Mille mercis, cher Richard Contin, pour l’aide que vous apportez à la littérature policière !