Nadine Monfils :: La vieille qui voulait tuer le bon Dieu

nmQuel plaisir j’ai à chaque fois de vous parler de cet auteur… De sa gentillesse et de sa simplicité, de son écriture et de son style que l’on reconnaît entre mille. Je veux parler de Nadine Monfils,  écrivain belge au cœur Montmartrois.

Elle nous revient avec une revenante, Mémé Cornemuse, qui va se coller dans la peau d’une concierge, et je vous jure que le Concierge Masqué à côté, c’est faiblard ! Bien sûr, les catastrophes vont se déchainer sur l’immeuble ou elle travaille, niveau découpe vous serez servis. Sans oublier ses amours pour Jean-Claude Van Damme. Ce livre devrait être remboursé par la Sécurité sociale pour ses bienfaits sur le moral

Non, rien à dire de plus… Si, une petite chose : vite le suivant !

Voici un résumé de son dernier roman La vieille qui voulait tuer le bon Dieu :
Mémé Cornemuse, fan d’Annie Cordy et de Jean-Claude Van Damme, est une vieille bique, entre Ma Dalton et Carmen Cru, à la sauce belge. Elle a trouvé un emploi de concierge dans un immeuble foutraque… où son arrivée va déclencher des horreurs rocambolesques.
Ce soir-là, Ginette, une des locataires, gaga de Lady Di, s’envoie en l’air dans un parking et trompe son mari pour la première fois. L’extase est de courte durée ! De retour chez elle, elle découvre le cocu en kit dans son plumard. Ses mains ont été coupées et son zizi est rangé au frigidaire. Panique à bord ! Ginette va mener son enquête tandis que mémé Cornemuse prépare un casse dans la bijouterie d’à côté, avec un ancien braqueur qu’elle héberge dans la cave. Elle fait les repérages et lui, il creuse… Un événement imprévu – l’arrivée d’une criminelle hébergée au couvent d’en face – va bouleverser leurs plans…

Pour info, Nadine Monfils sera présente à Polar à la plage du 14 au 16 juin au Havre, venez la voir !

La semaine prochaine, nous partirons du coté de Notre-Dame de Paris, le Concierge a besoin de se confesser… Je vous souhaite des lectures très noires.

 
 

85661107_oComment t’est venue l’idée du roman La vielle qui voulait tuer le bon dieu ?
Sans doute parce que j’habite dans une ancienne loge de concierge à Montmartre et puis, je t’avoue que tu n’y es pas étranger… Ma rencontre avec toi y est aussi pour quelque chose ! 

Mémé Cornemuse a trouvé un emploi comme concierge, métier que je connais bien. Pourquoi avoir choisi de lui trouver un boulot de Concierge ?
Parce que ça permet de lui faire croiser plein de gens différents, de fouiller dans leurs petits secrets, de leur faire des crasses… et de surprendre les médisants qui pensent que t’es pas dans ta loge et qui te font des sourires quand tu les croises…

J’adore le personnage de Ginette, fan de lady di et cocue par son mari. Peux-tu nous en parler ?
Difficile d’en dire plus sur mes personnages que dans mes romans. Disons que c’est une femme ordinaire, dans le sens populaire, cassée par une vie de merde et qui a des rêves de princesse.

Est-ce que Jean-Claude Van Damme a lu ton roman ?
J’aimerais beaucoup ! Mais je ne sais pas comment le joindre. Si quelqu’un a un tuyau…

la-petite-felee-aux-allumettes-fev2012As-tu une anecdote sur ton roman La vielle qui voulait tuer le bon dieu ?
Oui. Mémé Cornemuse, de dos sur la couverture, c’est mon mec. Pas mal non, d’ arriver à faire faire ça à un homme !!! Ce ne me déplairait pas qu’il vire travelo du coup…

Pourquoi, à ton avis, l’humour n’est pas reconnu à sa juste valeur ? On le voit au cinéma, rares sont les films humoristiques récompensés, comme en littérature.
Oui, c’est vrai. L’humour a malheureusement toujours été considéré comme une « bêtise », un truc mineur et sans importance. Pourtant, c’est bénéfique et salutaire ! En Belgique, on a le sens de la dérision et les sujets les plus dramatiques sont souvent traités avec un nez de clown. Nous sommes le pays de C’est arrivé près de chez vous… Bon, vous avez aussi votre Père Noël qui est une ordure, vous êtes sauvés ! Le polar également, a été longtemps considéré comme une sous littérature, parce qu’il est populaire et que pour certains péteux de la littérature, la culture est réservée aux intellos. Des couilles tout ça !

Quels sont tes projets futurs niveau littéraire, le concierge est curieux.
Une autre aventure avec ma vieille bique de Cornemuse, parce qu’elle m’éclate et éclate aussi les lecteurs. J’ai encore envie de m’amuser un peu avec et lui faire faire les pires conneries…Puis quelque chose de très différent : une fiction autour du Facteur Cheval, personnage ordinaire qui a fait une oeuvre extraordinaire : « le palais Idéal » dans la Drôme.

vacancesUn jour, pourrait-on voir le Commissaire Léon et mémé cornemuse dans un même roman ?
Tiens, tiens… J’y avais pas pensé ! Mais pourquoi pas ? Tu me donnes une idée… Merci !

Tu prépares un nouveau film inspiré de ton roman Nickel Blues, où en es- tu avec ce projet ?
Vu mon univers de dingue, c’est pas facile. Là, y a deux ados qui se promènent avec la tête de leur mémé dans un bocal à poissons rouges, et elle est ventriloque…  J’ai ,comme toujours, un casting d’enfer car les acteurs adorent mon univers, mais j’ai du mal à trouver un producteur en France. En Belgique, j’en ai un. Mais il faut deux pays pour qu’un film se monte. J’essaie aussi de monter Les vacances d’un serial killer, avec Myriam Boyer dans le rôle de Mémé Cornemuse…

Quelles sont actuellement tes lectures de chevet ?
Le dernier roman de Patricia Mc Donald que j’adore (La sœur de l’ombre) chez A. Michel.

Tu as donné des ateliers d’écriture Polar dans des prisons, qu’as- tu gardé de cette expérience ?
Quelque chose de très fort. Mon cœur allait plus vers les détenus que vers les gardiens. Pas de jugement. Une atmosphère lourde dont je ne pouvais me débarrasser qu’en prenant une douche. Un monde en soi avec tout ce que ça comporte de mesquineries, de souffrances et de moments de générosité aussi. Mon ami le cinéaste et écrivain José Giovanni qui avait été condamné à mort, m’a beaucoup aidée à l’époque, pour comprendre les codes de ce milieu.

Tu ressors chez Belfond les enquêtes du commissaire Léon. Parle-nous de ton  personnage principal, le commissaire qui tricote : Le Commissaire Léon.
C’est un flic qui tricote des paletots ringards pour son chien Babelutte (qui déteste ça ! et le dit…). Il tricote depuis qu’il a arrêté de fumer. Et le clébard n’a de cesse de lui dénicher des mégots pour l’inciter à retrouver son vice et cesser le tricot !

Tu as participé aux Quais du polar 2013 pour la première fois, quelles sont tes impressions sur ce festival ?
C’était génial ! Superbe accueil, j’ai dédicacé à tours de bras, même quand je n’étais pas prévue ! Plein plein de monde intéressant. Que du bonheur ! Je suis revenue avec des milliers de petites bulles de champagne qui pétillent et ça m’a filé une patate d’enfer, cré vin djeu !

monfils_lActuellement, quelle actualité t’énerve ? (lâche toi ;-)
Mais je me lâche toujours !

L’affaire « cul-de-sac » comme je le surnomme…encore un gros faux-cul de politicien menteur comme un arracheur de dents. Les mères des banlieues qui ne savent plus quoi faire contre la violence, et que le gouvernement semble ignorer, trop occupé à grappiller du fric partout où il peut pour soi-disant combler les effets de crise, alors que pour casquer pour des banques de merdes, ça ils trouvent le pognon !

Hollande, un mollusque qui déçoit aussi les gens de gauche comme moi. Et enfin ces imbéciles d’intégristes de la « bonne morale » qui vont manifester contre la loi pour l’adoption par les homos. Comme si les hétéros élevaient mieux leurs moutards que les autres… J’ai des amis homos qui sont de merveilleux parents, bien plus soucieux du bonheur de leur petit que des hétéros qui divorcent et sont surbookés. Puis un enfant ne demande qu’à être aimé. C’est tout. Pour le reste, les homos sont souvent des gens très sensibles et leurs principes d’éducation valent largement ceux des bobos engoncés dans leur bonne conscience catho.

Tu as réalisé quatre pièces de théâtre, quel souvenir en gardes-tu ?
Très émouvant. Magique de voir vivre les personnages qui jouent dans ta tête !

Quel sera ton mot de fin ?
Je constate que le concierge n’est pas toujours dans les escaliers… hé, hé…