Jeff Abbott :: Adrénaline

jaJe suis un auteur du Texas, je fais partie des maîtres du thriller américain, je suis, je suis… Jeff Abbott pour son roman Adrénaline chez J’ai Lu, bravo !

Elle n’est pas bien mon imitation de Julien Lepers ?

Pour tout vous dire, je ne connaissais pas cet auteur. Le lire fut un véritable plaisir.  J’ai dévoré Adrénaline, un roman captivant avec une course contre la montre avec des chausse-trappes comme je les aime. L’intrigue s’offre des clins d’œil à la James Bond, trouve des références dans La mémoire dans la peau. Jeff Abbott apporte une certaine fraîcheur à ce récit trépidant (somme toute qui se révélera aussi classique que basique) écrit de façon très moderne (un découpage d’une centaine de petites scènes sous forme de chapitres), pour la plupart à la première personne, Sam Capra, auquel nous nous identifions dans ce parcours.

J’envie un tel talent qui nous fait rêver et nous transporte dans son univers. Jeff Abbott vient de gagner un fan en France.

Résumé du roman :
Brillant agent de la CIA basé à Londres, Sam Capra mène la vie dont il a toujours rêvé. Un jour, sa femme Lucy, enceinte de leur premier enfant, l’appelle au bureau et lui demande de sortir immédiatement du bâtiment. À peine a-t-il quitté les lieux qu’une déflagration dévaste l’édifice ! Lucy disparaît et la CIA tient Sam, seul rescapé de l’explosion, pour responsable des événements. Incarcéré, il parvient à déjouer la surveillance de la Compagnie. C’est désormais un homme brisé, traqué, mais prêt à tout

J’attends avec impatience la suite qui, je n’en doute pas, sera aussi brillante.

Je vous laisse avec l’auteur et vous donne rendez-vous avec un auteur qui adore le tir à l’arc…

Pouvez-vous nous parler de votre enfance et nous dire comment vous en êtes venu à écrire du thriller ?
Je suis probablement devenu écrivain  à cause de ma grand-mère. Elle a été institutrice d’école primaire  pendant plus de 30 ans et m’a appris à lire à un très jeune âge. Elle me donnait tout le temps des livres. J’ai commencé à inventer des histoires pour mes camarades d’école et ai vite appris qu’avec eux c’était mieux de finir sur un gros suspense et leur raconter la suite le lendemain. Mon instituteur a dû dire à mes parents que ce serait mieux de m’acheter un carnet pour y noter toutes mes histoires. J’ai commencé à lire des polars quand j’avais 12 ans, parce que des voisins arrivés de Londres et gros lecteurs de polars ont emménagé dans la maison d’à côté. J’étais en convalescence après une opération et ils m’ont apporté la collection complète de Sherlock Holmes pour lire dans mon lit, et c’est comme ça que ça a commencé. J’ai redécouvert ma passion pour le polar après avoir décroché mon diplôme à la Rice University de Houston. J’ai finalement décidé d’essayer d’en écrire un. Le premier roman ne s’est jamais vendu (normal), mais j’ai beaucoup appris et le deuxième s’est vendu, et depuis lors j’écris.

381eacdbced5910aa9dbb1a94e7851a7c2e7a776.pngComment se sont passées vos recherches d’écriture pour votre roman Adrénaline ?
J’ai fait des recherches sur les nouveaux réseaux de criminels sur Internet qui sont apparus depuis quelques années – ces réseaux de spécialistes pour les losers qui se mettent ensemble pour des coups particuliers. La globalisation a changé l’industrie du crime. J’ai aussi fait des recherches sur le trafic clandestin, comment quelqu’un peut se glisser à bord d’un cargo, et comment biens et personnes sont transportés clandestinement autour du monde. Et j’ai passé du temps à Londres et à Amsterdam, où se déroule le plus gros de l’histoire. Et bien sûr, comme Sam est propriétaire de bars, j’ai dû faire des recherches consciencieuses dans les bars de Londres et d’Amsterdam pour trouver de bonnes sources d’inspiration pour les bars de Sam. C’était la partie amusante des recherches.

Parlez-nous du personnage principal de votre roman : Sam Capra.
Sam est un jeune agent qui travaille pour un groupe de la CIA basé à Londres, et sa femme Lucy est un expert informatique de la CIA. Ils attendent leur premier enfant lorsque Lucy l’appelle et lui demande de sortir du bureau. Il le fait, et le bureau explose derrière lui, tuant tous ses collègues. Il voit Lucy dans une voiture avec un homme étrange et la voiture s’en va dans un rugissement de moteur. Il est accusé d’avoir tué ses collègues et jeté dans une geôle de la CIA. Sa vie parfaite est en ruine. Mais Sam est un gars qui se défend et il va retrouver sa femme, son enfant à naître, et les gens qui les lui ont pris et détruit sa vie. Je lui ai aussi donné  comme hobby le parkour, parce que j’ai été fasciné par les vidéos des adeptes du parkour à Paris. En plus le parkour me paraît lui aller comme un gant : ça demande de la grâce, de la force et du courage, mais il faut être aussi un peu fou pour le faire. C’est tout Sam. Il est jeune et intelligent et endurant, mais il doit encore déterminer qui il est, et qui il va être.

Si je vous dis que votre roman est une longue course ? Comment arrivez-vous à tenir vos lecteurs en haleine ?
J’essaie effectivement d’être très attentif au rythme – je sais que le lecteur me fait don de son temps et je respecte ça. Aussi je pense très attentivement à la façon de dérouler l’action dans l’histoire, quand placer les grandes séquences d’action excitantes et les moments émotionnels plus intimes. Je pense qu’il faut un peu des deux.

Le Concierge est curieux ! Pouvez-vous nous parler de la suite des aventures de Sam Capra ?
The last minute est une suite directe de Adrénaline, dans laquelle Sam se voit offrir un choix impossible. J’ai fini le troisième livre avec Sam, intitulé Downfall, et dedans Sam sauve la vie d’une belle étrangère et se fait un ennemi très dangereux, l’homme qui contrôle les gens les plus puissants au monde. Et je suis actuellement en train d’écrire le quatrième roman avec Sam. Mais il y a des chances pour que les romans aient des titres différents en français.

The Last Minute jacket (for online)Avez-vous une anecdote sur votre roman Adrénaline ?
Il y a une grande scène d’action à Amsterdam, dans une brasserie abandonnée, et pour me rendre compte des sensations qu’on pouvait y avoir, je me suis rendu au musée Heineken d’Amsterdam, qui est leur brasserie d’origine. Il y a une scène où Sam se cache dans un grand brassin et il y en avait un comme ça au musée, et à un moment où personne ne regardait je suis entré dedans, ce qui, j’en suis sûr, était interdit. Mais je voulais voir ce qu’il pourrait voir. Personne ne m’a vu, et je suis content de ne pas avoir eu à expliquer que j’étais en train de chorégraphier une bataille au pistolet dans la brasserie.

Qu’est-ce qui est le plus important pour vous ? L’intrigue ou les personnages ?
Ils ont la même importance pour moi. Il faut faire en sorte que le lecteur se dise « allez, je vais lire encore juste un chapitre », et soudain il est deux heures du matin. Mais l’action et les rebondissements n’ont pas d’importance si le lecteur n’a pas d’intérêt pour les personnages. Et l’intrigue dépend des choix des personnages. Même si j’écris des intrigues internationales, je donne aux personnages des problèmes que tout le monde peut avoir : la famille, l’amour, les carrières, l’ambition, la peur de perdre les personnes que l’on aime le plus.

Comment écrivez-vous ? (Le matin ? Le soir ? Dans un bureau…)
J’ai un studio au-dessus de mon garage. J’écris toute la journée. J’essaie d’écrire un certain nombre de mots par jour (en général 2000 – 3000, selon où j’en suis dans la rédaction). Je garde beaucoup de notes sur le livre que j’écris, et je travaille en suivant une ligne directrice, bien que je prenne la liberté de m’en écarter s’il me vient de meilleures idées au fil de l’écriture. Quand j’ai atteint mon quota de mots journaliers, il se peut que j’écrive un peu plus, ou alors que j’occupe mon temps à parler avec mes éditeurs, mon agent, mon publicitaire, ou à faire des recherches, répondre à des mails, répondre à des invitations pour des discussions, etc.

Harlan Coben dit de votre roman Adrénaline : « Une intrigue implacable, de l’action à couper le souffle et des rebondissements qui laissent sans voix », ça doit vous faire plaisir ?
Oui ça m’a fait très plaisir. C’était très gentil de la part d’Harlan. Je suis ravi du succès qu’il a eu en France. C’est un écrivain très travailleur et très intelligent. Et il soutient beaucoup les autres. Nous avons dîné ensemble à Paris la dernière fois que nous étions en France en même temps pour le Salon du Livre et on le reconnaissait dans la rue. C’est rare pour un écrivain.

9782253161387-tQuels sont vos auteurs préférés ?
Le choix est vaste. J’apprécie beaucoup certains des auteurs de suspense du milieu du 20ème siècle, comme John D. MacDonald, Eric Ambler et Patricia Highsmith. J’aime le sens du détail et du rythme de Robert Ludlum. Et je suis en train de redécouvrir Charles Dickens, je l’avais lu il y a des années et c’est génial de le redécouvrir, j’ai l’impression d’en retirer plus maintenant qu’à l’époque. J’ai toujours peur de citer des auteurs actuels parce que la liste est immense et il est inévitable que j’oublie quelqu’un, mais j’adore Harlan Coben, Laura Lippman, Lee Child, Ruth Rendell, Ken Follett, Hilary Mantel, George RR Martin, Kate Atkinson, et James Lee Burke. Parmi les auteurs plus récents que j’apprécie beaucoup il y a Michael Koryta, Megan Abbott, et Charles Cumming.

Quelle actualité vous énerve en ce moment ?
J’essaie de ne pas m’énerver et je passe peu de temps à penser à l’actualité. J’ai des inquiétudes concernant les réductions de budget dans l’Éducation. C’est l’investissement pour notre futur le plus important, avec des effets à long terme énormes si on ne dote pas notre prochaine génération d’esprit créatif, d’intelligence et d’esprit critique.

Si je vous demandais de me parler de votre ville Austin, nous donner envie de connaître le Texas, que me diriez-vous ?
Je vais d’abord vous parler des liens avec la France : la maison la plus ancienne d’Austin est la French Legation, c’était la maison de l’ambassadeur de France quand le Texas était une nation indépendante. Maintenant c’est un musée et ils y organisent une grande fête de la Bastille tous les ans. Austin est un endroit très différent de l’image que les gens se font du Texas. C’est vert et vallonné, avec une rivière qui traverse la ville et beaucoup de lacs. C’est la capitale de l’État, et aussi le siège de l’immense Université du Texas, qui compte plus de 50 000 étudiants. Nous avons beaucoup d’entreprises de software et d’informatique. C’est une ville très créative, beaucoup d’artistes, d’écrivains et de réalisateurs. Il y a à Austin des restaurants et des bars  merveilleux, et la ville est célèbre pour les concerts live dans beaucoup de ces bars. C’est une ville très sympathique. Quand les gens visitent Austin, ils veulent y emménager.

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Quelles sont vos passions dans la vie à part l’écriture ?
L’écriture m’occupe énormément, alors je passe le reste de mon temps avec ma famille. Ma femme est photographe et nous avons deux fils. Nous adorons le sport (nous sommes de grands fans des New Orleans Saints – équipe de football américain, ndt), les voyages, regarder des films et juste être ensemble.

Que pensez-vous de vos lecteurs et lectrices de France ? Et avez-vous déjà lu des auteurs de thrillers français ?
Je suis ravi que mes romans soient disponibles en France. J’ai visité la France pour la première fois à l’âge de 14 ans et le pays m’a laissé une forte impression. J’ai un peu de sang français du côté de la famille de ma mère et j’aimerais parler mieux le français – j’ai appris le français à l’école, mais pas assez longtemps. La première fois que je suis venu en France pour la promotion de mes premiers romans, je me rappelle avoir vu un homme acheter un de mes livres, Panique, dans une boutique à l’aéroport. En tant qu’écrivain, on ne s’y habitue jamais ! Je suis ébahi que Georges Simenon ait pu être aussi prolifique tout en maintenant une telle qualité. Je viens de commencer à lire Fred Vargas. Et j’ai lu Sébastien Japrisot. J’ai beaucoup aimé lire la série des romans sur Ripley de Patricia Highsmith, spécialement après qu’il se soit installé en France. Et j’ai aussi aimé des films policiers français, comme Ascenseur pour l’échafaud, Du rififi à Paname, et Diabolique. Il faut que je les revoie tous.

Quel sera votre mot de fin ?
Merci beaucoup (en français dans le texte – ndt) à tous mes lecteurs français, je suis si reconnaissant pour votre soutien. J’espère que vous aimez vraiment la série avec Sam Capra.