Peter Guttridge :: Promenade du crime

pgLa dernière interview de l’année aura pour cadre l’une des stations balnéaires les plus célèbres d’Angleterre avec le superbe roman de Peter Guttrige, Promenade du crime, chez Rouergue Noir.

À la suite d’une prise d’assaut qui a mal tourné, Robert Watts, chef de la police de Brighton, assiste à une succession de meurtres et suicides au sein de sa brigade. Sa vie professionnelle s’écroule lorsqu’il est poussé à démissionner. Et si une personne cherchait à le faire tomber ? Tout se complique lorsqu’une affaire non résolue de 1934 remonte à la surface.

La police de Brighton encercle une maison du quartier de Milldean où se terre Bernard Grimes, un dangereux criminel. L’opération dérape et quatre personnes sont tuées. Le fiasco provoque une émeute dans le quartier qui prend la police pour cible. Les officiers qui ont participé au raid sont assassinés un à un. Robert Watts, chef de la police responsable de l’affaire, soutient ses hommes et se voit contraint à démissionner. L’affaire est rapidement enterrée. Il comprend qu’il a été piégé et qu’on veut le faire tomber. Pour laver son nom, il fait équipe avec Kate Simpson, une journaliste, et James Tingley, un ancien agent du gouvernement. Parallèlement, Simpson reçoit un dossier ayant trait à un meurtre non élucidé de 1934, celui d’une jeune femme inconnue dont le corps a été disséminé dans les gares de Brigthon et Londres. Parmi ces documents, un journal se révèle une véritable mine d’informations.

Les deux affaires semblent liées mais trop de preuves manquent encore et des ennemis puissants, aussi bien du côté de la loi que de la mafia locale, vont tout faire pour que la vérité ne soit pas découverte.

Je remercie Maxime Gillio pour la traduction, il s’est décarcassé, le bougre !

Je vous laisse avec l’auteur qui dévoile ses passions et sa vie pour vous, lecteurs et lectrices.

Le Concierge Masqué et son coéquipier David vous souhaitent à tous une très bonne année 2013 et  de bonnes lectures de polars.

Pouvez-vous nous parler de votre enfance et nous dire comment vous en êtes arrivé à écrire du polar ?
Mon enfance s’est déroulée dans un milieu ouvrier, dans une ville industrielle du nord de l’Angleterre. J’y ai fait beaucoup de sport (en particulier du foot et cette étrange activité typiquement anglaise qu’est le cricket). Je pensais vraiment devenir sportif professionnel (j’avais remarqué, dès les premières affres de l’adolescence, que les sportifs célèbres de ma ville étaient ceux qui sortaient avec les plus belles filles). Puis je suis devenu hippie et j’ai rejeté la compétition sportive pour me consacrer au yoga. Ensuite, j’ai essayé d’écrire LE Grand Roman. À l’époque, ce n’était pas un polar, c’était de l’Art (mais attention, je n’ai pas dit que le roman policier ne pouvait pas être de l’art).

J’ai travaillé sur mon Grand Roman en Californie. J’y ai travaillé en Inde. J’y ai travaillé en France, en Italie et en Espagne. Mais où que j’aie écrit, le résultat était le même : de la merde.

promenade-du-crime-gfJ’ai bifurqué vers le journalisme. J’ai interviewé plein d’auteurs connus, en essayant de m’imaginer comment ils travaillaient. La plupart étaient des auteurs de polars (Elmore Leonard, Ian Rankin, Ruth Rendell, Michael Connolly, et James Ellroy, dans une brasserie parisienne où il paraissait complètement perdu.)

J’ai interviewé des réalisateurs célèbres, ainsi que des acteurs. Depardieu, Jean Reno, Isabelle Adjani, Fanny Ardent, Emmanuelle Béart et Juliette Binoche font partie de ceux qui ont accepté d’écouter mes questions stupides (même que Depardieu a bu une bouteille de vin en ma compagnie). Claude Berri, Patrice Leconte et Rappeneau furent trois formidables réalisateurs que je fus ravi d’interviewer, mais ma carrière de journaliste commença trop tard pour que je puisse rencontrer mon réalisateur français préféré, Jean-Pierre Melville.

Ma carrière d’écrivain policier a commencé alors que je travaillais dans le milieu de la comédie. Pendant quatre ans, j’ai collaboré au festival « Juste Pour Rire », un show comique annuel en français et anglais à Montréal. Dans les coulisses, je voyais des comiques prêts à tuer pour un rôle au cinéma ou une carrière à la télévision. J’ai vu des imprésarios et des agents pour qui la comédie n’était rien d’autre qu’un business et qui auraient tué pour être assurés de faire le plus d’argent possible.

J’ai donc eu l’idée d’un roman policier – No Laughing Matter (Pas de quoi rire) – qui se déroulerait dans le milieu des spectacles comiques. Et voilà, ma carrière de romancier noir avait commencé.  

Pendant dix ans, vous avez été critique de romans policiers dans The Observer, le magazine le plus lu au Royaume-Uni. Est-ce dur de passer de l’autre côté de la ligne ? En tant qu’écrivain, est-ce plus facile d’être critiqué ?
J’avais déjà écrit trois romans policiers avant d’être engagé à l’Observer, donc j’avais l’habitude de la critique. Le crime traité de façon comique est assez rare, donc il était peu fréquent qu’il y ait un conflit entre mes fictions et mes critiques. Quand Promenade du crime fut publié, j’avais la certitude inébranlable qu’aucune critique ne m’atteindrait.

J’aime être critiqué – tant que les critiques sont bonnes ! La plus mauvaise qu’on m’ait faite vient d’un collègue de l’Observer. Il a tellement détesté mon cinquième roman, Foiled Again, qu’il en a même dévoilé la fin ! Le troisième roman de ma trilogie de Brighton, The Thing iteslf, a reçu d’excellentes critiques de la part des professionnels américains quand il est sorti, mais n’en a reçu qu’une publique sur Amazon – et une critique à une seule étoile… Cette critique est dure à lire, car elle est faite de la part d’une personne qui ne comprend pas que mettre une seule étoile à un livre fait chuter ses ventes jusqu’à ce qu’un autre lecteur vienne en remettre plus.

Comment vous est venue l’idée de la trilogie de Brighton, et quelles recherches avez-vous effectuées pour vos romans ?
Brighton Rock, de Graham Green, est l’un de mes romans favoris. Ainsi que le film (je parle de la version en noir et blanc avec Richard Attenborough dans le rôle de Pinky, pas du remake affreux de 2011). Il y a six ans, j’ai lu une étrange biographie de Greene, dans laquelle l’auteur avance l’hypothèse que Greene ait pu être le tueur à la malle.

Brighton-Trunk-MurdersÀ l’époque, je n’avais pas entendu parler de l’affaire du tueur à la malle. Je me suis documenté. En 1934, un homme – jamais identifié ni capturé – a abandonné le buste nu d’une femme dans une malle de la gare de Brighton. Greene traînait souvent à l’époque à Brighton, fréquentant des gangs pour les besoins de son livre, Brighton Rock. Or il aurait dit à des amis qu’il faisait des cauchemars dans lesquels il voyageait dans un taxi avec le cadavre d’une femme dans une malle.

En même temps que je lisais cette biographie, je fréquentais un ancien chef de la police de Brighton qui avait été contraint de démissionner après qu’une de ses équipes avait investi la maison d’un homme désarmé et l’avaient abattu alors qu’il était au lit avec son amie.

Ces deux affaires séparées se sont rejointes dans mon esprit. Et après plusieurs de mois de réflexion, l’intrigue était devenue très complexe.
Faire des recherches sur l’année 1934 implique d’aller lire les archives de la police, celles des journaux et celles du gouvernement. J’ai même tenté de retrouver la trace de la tombe anonyme où a été enterrée la victime. J’espère vraiment écrire un livre réel, et non fictionnel, sur le tueur à la malle de Brighton.

Effectuer des recherches sur une histoire contemporaine signifie aussi qu’il m’a fallu interviewer des officiers de police, retraités ou toujours en activité. J’ai donc utilisé assez librement tout ce matériau pour créer le massacre de Milldean qui figure dans la trilogie. L’objectif était de faire en sorte que tout ce travail de documentation ne prenne pas le dessus et ne nuise pas à la narration ni à l’intrigue.

Dans votre premier roman traduit en France, aux éditions Rouergue (Promenade du crime), vous évoquez ces meurtres à la malle de Brighton, en 1934. Pouvez-vous nous en dire plus, maintenant, sur ces crimes effrayants ?
Il y a eu deux meurtres à la malle. L’un fut résolu – bien que le meurtrier présumé n’ait pas été accusé par la cour (il ne l’a reconnu dans une interview que trente ans plus tard). L’autre, celui dont je parle dans mon roman, reste à ce jour irrésolu. Un homme a laissé une malle dans les consignes de la gare de Brighton. Six semaines plus tard, la puanteur qui s’en dégageait était telle que la police l’a ouverte. Elle y a trouvé le tronc dénudé d’une femme. Pas de bras, pas de tête. Les jambes furent retrouvées dans une valise dans la consigne de la gare Kings Cross, à Londres, le lendemain. En dépit des efforts incroyables de la police – réellement impressionnants en cette période de l’avant-ordinateur – cette femme n’a jamais pu être identifiée, le tueur jamais arrêté et donc l’enquête jamais résolue. Sauf dans la trilogie de Brighton…

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Pouvez-vous nous décrire la ville de Brighton, la façon dont vous la voyez ?
Criarde et glamour ; sexy et sordide ; enthousiasmante et épuisante ; stylée et miteuse ; avant-gardiste et dangereuse… Le passé est présent dans la ville actuelle, où que vous vous trouviez à Brighton, que ce soit sur les grands boulevards ou dans les petites ruelles. Brighton est la méchante petite sœur de Nice, et la très, très méchante petite sœur de Deauville.

Dans Promenade du crime, il y a trois personnages principaux : Robert Watts, Gilchrist et Tingley. Pourriez-vous nous les décrire ?
Lorsque l’action commence, Robert (Bob) Watts à 40 ans. C’est le plus jeune commissaire de police du Royaume-Uni. Les médias l’apprécient pour son franc-parler et sa vision moderne de la police. Il est promis à un futur radieux. Puis, soudain, il tombe en disgrâce et perd son boulot. Durant toute la trilogie, il va essayer de comprendre pourquoi et va tenter de se venger de ceux qui sont à l’origine de sa chute. En même temps, il doit s’occuper de son père, Victor Tempest, un auteur à succès de romans policiers, dont on soupçonne qu’il pourrait être impliqué dans l’affaire du meurtre à la malle de Brighton.

Sarah Gilchrist est une jeune policière ambitieuse qui a eu une courte relation avec Bob Watts. Elle fait également partie de l’unité impliquée dans la bavure rebaptisée « le massacre de Lilldean ». Elle ne fait pas partie des tireurs, mais elle veut savoir ce qui s’est réellement passé. Elle nage en eaux très troubles, mais est très déterminée.

Jimmy Tingley est un guerrier improbable. Ex-membre des services secrets, d’apparence maniérée, mais en réalité, c’est une machine à tuer. Efficace, fiable, énigmatique… C’est le meilleur ami de Bob Watts. Tout à l’heure, j’ai mentionné les films du réalisateur Jean-Pierre Melville. Bien que Tingley ne lui ressemble pas physiquement, je me suis inspiré pour le créer du personnage joué par Lino Ventura dans L’armée des ombres (bien des passages de la trilogie sont d’ailleurs inspirés par le film de Melville, Un flic, notamment la scène  d’ouverture, lors d’un braquage sous la pluie, dans la tempête, au bord de la mer).

Avez-vous une anecdote au sujet de votre trilogie de Brighton ?
J’en ai plusieurs. Mais j’en retiens une en particulier. Lorsque j’ai commencé le premier tome, il n’y avait pas de romans policiers contemporains se déroulant à Brighton. Mais plus mon histoire devenait complexe, plus je réalisais qu’un seul roman ne serait pas suffisant. Avant d’écrire le premier tome, il fallait que j’aie l’intrigue du second. Ce qui m’a pris beaucoup de temps. Alors que j’étais en train de plancher sur les trois intrigues, Peter James a publié ses romans avec Roy Grace. Ce fut un succès immédiat. Et au moment où le premier tome de ma trilogie est enfin sorti, Peter avait connu un large succès avec sa série se déroulant à Brighton. Aïe !

Le Concierge est curieux : quand le second tome de la trilogie sera-t-il publié en France ?
Le Dernier Roi de Brighton sera publié avant la fin de l’année. Mon excellent traducteur, Jean-René Dastugue, vient juste de terminer la traduction. Ce roman sera plus rapide que le premier, en partie parce que j’ai fait de John Hathaway (un gangster secondaire dans le premier tome), le personnage principal de ce deuxième opus. Tout le début du roman est consacré à son évolution, comment il est devenu gangster dans les années 60 (référence au film de Melville, encore).

2163530010_66b0eafe31_o2Quelles sont vos habitudes d’écriture ? (Le matin, le soir, dans votre bureau, …)
L’idéal, c’est quand j’écris toute la journée, avec beaucoup de pauses. J’écris n’importe où (là, par exemple, je vous réponds depuis un café dans la National Gallery de Londres, avec beaucoup trop de tasses de café noir devant moi). Je me lève très tôt le matin. Souvent, je commence à écrire à 4 h 30. Ce qui explique probablement pourquoi je suis célibataire !

Un autre grand romancier, Peter James, a évoqué la ville de Brighton dans ses romans. Avez-vous déjà parlé de Brighton ensemble ?
Peter et moi parlons souvent de Brighton, comme d’un tas d’autres choses. Nous sommes amis. J’étais encore avec lui ce week-end à un festival du polar à Stirling, en Écosse. La première fois que nous nous y sommes vus, c’était à l’hôtel où nous logions. Il en sortait pour effectuer son footing matinal, et je m’apprêtais à effectuer ma séance quotidienne de natation. Cela fait vingt ans que je le connais, depuis que nous vivions dans deux villages voisins aux alentours de Brighton. Il écrivait des romans d’horreur, et j’écrivais mon premier roman policier satirique.

Les lancements de ses romans à Brighton sont fantastiques. Récemment, plus de 500 personnes se sont réunies au Grand Hôtel. C’est un homme charmant, en plus d’être talentueux. J’aimerais le détester – car il vend beaucoup plus que moi, mais je n’y arrive pas !

Quels romans emmèneriez-vous sur une île déserte ?
Un sacré paquet, si je dois y rester longtemps ! Mais probablement pas de romans policiers, bien que j’apprécie ce genre.

1) Gros romans :
Terra Nostra par le Mexicain Carlos Fuentes est un de mes livres préférés.
L’Arc-en-ciel de la gravité, de cet Américain génial qu’est Thomas Pynchon – probablement mon écrivain préféré. Il y a tout, dans ce livre !
Fictions, de Jorge Luis Borges.  Ce n’est pas un roman, mais un recueil de grandes et magnifiques nouvelles, provocantes et intelligentes. Sa toute première à être publiée le fut d’ailleurs dans le Ellery Queen Mystery Magazine.
Le Quintette d’Avignon et Le quatuor d’Alexandrie de Lawrence Durrell. Durrell est démodé, mais ses intrigues sont fantastiques, comme certaines de ses descriptions de paysages. La construction si complexe de son histoire pour Le quatuor d’Alexandrie m’a servi de modèle pour ma trilogie de Brighton.

2) Romans courts :
Fred Vargas serait sur la liste. Chandler,
Sur un air de navaja. J’aime La vie mode d’emploi, de Georges Perec. Raymond Queneau, Le vol d’Icare. J’emmènerais aussi Le troisième policier, de Flann O’Brian (ainsi que At swimm-two-birds). Je prendrais toute l’œuvre de Gide ainsi que L’Étranger, de Camus. Et afin pour me rappeler les passions de ma jeunesse (pour les opposer aux folies de l’âge mûr), Le diable au corps, de Radiguet et Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier.

Qu’est-ce qui vous met en colère dans l’actualité ? Et qu’est-ce qui vous amuse ?
La colère me met en colère, mais peut aussi me faire sourire (de façon dérisoire). La vie est à la fois magnifiquement et horriblement absurde, non ? Je pense que ma colère va à l’encontre de ces puissances manipulatrices qui encouragent les populations sous-éduquées à commettre des exactions contre les innocents.

Avez-vous un auteur britannique que vous aimeriez voir connu en France ?
Pas un Anglais, mais un Argentin. Si tant est qu’il ne soit pas déjà connu en France : Andres Neuman et son roman Traveller of the Century (Le voyageur du siècle, Fayard. NDT) un livre brillant. Une histoire d’amour se déroulant au XIXe siècle, dans l’Allemagne postnapoléonienne. Le point de départ est une composition de Schubert. Mais c’est également une histoire contemporaine qui se déroule dans une ville qu’on ne peut identifier ni localiser. Les habitués d’un café portent les noms des joueurs de l’équipe de foot allemande qui a battu l’Argentine pendant la Coupe du monde.

Quelle est votre musique préférée ?
Essentiellement le jazz. Pat Metheny est toujours dans le vrai. Charlie Haden est un dieu. Cassandra Wilso, qui est à la croisée des styles, avec cette cette voix magnifique. Mais je possède également tous les albums de Tom Waits. D’ailleurs, il me doit toujours la facture de trois heures passées ensemble dans un café de Londres, à boire des cognacs et des cafés. Il n’avait pas d’argent sur lui, et j’ai tout payé alors que j’étais pauvre, mais pas lui !

La reprise du Lever Net Me Go de Johnny Ace par John Martyn est la plus belle chanson d’amour de tous les temps. Bien que Martyn et moi ayons pris un mauvais départ tous les deux. Il a essayé de me décapiter avec une queue de billard dans un club de Chelsea, parce qu’il pensait que je flirtais avec sa copine de l’époque (ce qui n’était pas le cas. Et il m’a raté parce qu’il était complètement ivre). J’ai écouté beaucoup de reggae. Et j’ai même joué un 5 contre 5 au foot avec Bob Marley. Mais c’est une longue histoire…

Quel est votre film préféré ?
Ça dépend des jours. Longtemps, ce fut le Cyrano de Rappeneau (mon amie m’avait réservé, pour un de mes anniversaires, une salle entière de cinéma pour une projection privée car elle savait que j’adore ce film). Je l’aime toujours, Depardieu y est exceptionnel, mais ça fait un bout de temps que je ne l’ai pas regardé.

Salvatore Guiliano, un film de bandits siciliens de Francesco Rossi, est à la lutte avec un film de Ken Loach sur l’IRA, Le vent se lève. Mais pour moi, le must, c’est  Illustrious Corpses, de Francesco Rosi. Malheureusement, il n’est pas sorti en DVD, alors je ne l’ai pas vu depuis des années.

De la même façon, j’ai adoré La Stratégie de l’araignée, de Bertolucci. Mais lui non plus n’existe pas en DVD. Mais on peut trouver Le Conformiste (Dieu que Dominique Sanda y est belle ! Hélas, je ne l’ai interviewée que par téléphone.)

La scène finale de Profession : reporter, d’Antonioni, justifie à elle toute seule de voir tout le film.

Je n’aime pas particulièrement les films de Melville avec Alain Delon. Trop sophistiqués et maniérés (je préfère Delon dans Plein Soleil, de René Clément, l’adaptation de Highsmith).

Okay, je ferais mieux de m’arrêter maintenant. Bien que j’aie revu Assurance sur la mort la nuit dernière…

Quel sera votre dernier mot pour vos lecteurs français ? Avez-vous prévu de venir à leur rencontre ?
Mon dernier mot ? Désolé, je parle tellement… L’enthousiasme est l’un de mes péchés (ou une vertu ?). Tu sais (oui, bien sûr, tu sais…), j’ai vécu en France, fut un temps. Une fois à Varengille-sur-Mer (dont je parle dans le deuxième volume de la trilogie) et une autre fois à Homp, près du canal du Midi. Mais quoi qu’il en soit, mon français est très mauvais.

J’espère venir en France au printemps prochain. Vérifiez le programme des Quais du Polar, à Lyon. Avec de la chance, je devrais y être invité.