Gaëlle Perrin :: Au fil des morts

La citation de Jean Giono en préambule résume bien le roman de Gaëlle Perrin : « La mort attrape d’abord ceux qui courent. »

Action, suspense, hémoglobine… Au fil des morts, c’est pour moi un coup de cœur pour une auteur que je découvrais au travers de la lecture de ce roman qui tient en haleine de bout en bout, très prometteur.

Le pitch :
Un mail, une pièce jointe : la photo d’une femme recroquevillée dans le coin d’une pièce sombre. Un message l’accompagne : « Je t’offre celle-ci en cadeau. La prochaine…  au chapitre suivant. »

Mike Carpenter, professeur de criminologie à l’université de Boston, connaît bien la noirceur de l’âme humaine pour l’avoir côtoyée pendant de longs mois. Son livre au titre évocateur, Comment devient-on tueur en série ?, est un succès lors de sa sortie en librairie. Mais il ne se doute pas que dans l’ombre, on étudie ses écrits avec minutie.

Le professeur va se retrouver au centre d’un jeu où les chapitres de son livre s’égrènent au fil des morts. Le jeu commence. Les mots se transforment en cadavres.

La partie s’annonce sanglante…

Je vous conseille également Chute Libre, le recueil de nouvelles sorti en septembre et conçu par eXquisMen. Huit nouvelles, huit histoires de gens qui pourraient être vous, nous, moi… Penchez-vous juste un peu, observez-les, chacun dans leur monde, mais attention. La chute vous guette…

Je vous donne rendez-vous début novembre pour la troisième édition des Balais d’Or et, bien sûr, pour le résultat final le 11 novembre, lors du festival Paris Polar.

À bientôt pour une nouvelle interview.

Peux-tu nous parler de ton enfance et raconter comment t’est venu l’envie d’écrire du thriller ?
J’ai toujours beaucoup bouquiné. A l’adolescence, j’étais friande des Stephen King, Dean R. Koontz et autres joyeusetés du genre. Plus tard, j’ai découvert Maxime Chattam et sa Trilogie du mal. Quelle baffe ! Et au fil du temps, j’ai eu envie d’essayer aussi. Pourquoi pas ? ça a donné un premier roman un peu brouillon mais qui a quand même été publié ! J’ai appris de mes erreurs et des critiques constructives qui m’en ont été faites. Le second a suivi quelques années plus tard. Depuis, c’est devenu une drogue !

Comment ce sont passées tes recherches pour l’écriture de ton roman Au fil des morts ?
Google, Wikipedia et pas mal de témoignages de gens ont été mes amis ! Merci à eux, d’ailleurs… Sans quoi, il y aurait eu un paquet de boulettes bien assaisonnées !

Pourquoi Boston ?
Certainement parce que ma culture littéraire est avant tout américaine. Et Boston est une très jolie ville (même si je n’y ai jamais mis les pieds !), et une proximité avec la mer qui n’était pas pour me déplaire. Mais le prochain se passera en France. C’est une demande de pas mal de mes lecteurs, je me suis donc exécutée !

Il y a trois personnages essentiels dans ton roman : Mike Carpenter, Allan et Tess Kelman. Peux-tu nous en parler ?
C’est un peu un trio infernal. L’un ne peut aller sans l’autre. Ils sont très différents les uns des autres mais, en même temps, très complémentaires. Allan et Mike sont frères : aux antipodes, que ce soit physiquement ou psychologiquement, mais ils ne peuvent évoluer que côte à côte. Tess est un peu l’intruse. Elle s’immisce entre les deux frères, plaît à l’un mais est détestée par le second… je ne vous dirai pas lequel succombe à son charme de femme froide, pour le découvrir, il faudra lire… !

J’aime bien dans ton roman les pages où le tueur raconte sa vie. Parle-nous de ce tueur, comment t’est venue l’idée d’un tueur si machiavélique ?
L’idée de ce tueur est venue d’un reportage sur une star du ciné. Icône du grand écran, acteur que j’affectionne particulièrement, c’est un peu son histoire que je raconte. A la différence que lui, a su rester du bon côté de la barrière, même si parfois, il la franchit allégrement… Je ne peux pas donner son nom ici, les gens qui connaissent cette histoire auraient une partie de la mienne de découverte. Ce serait dommage.

As-tu une anecdote marrante sur ton roman Au fil des morts ?
Marrante, non, mais touchante : Lorsque nous sommes arrivés à l’étape de la couverture, avec mon imprimeur, celui-ci m’a soumis une photo trouvée sur internet qui collait parfaitement avec le bouquin. Magnifique photo mais pas libre de droit. J’ai donc appelé la photographe et lui ai demandé l’autorisation d’utiliser sa photo. Elle a accepté dans la seconde sans rien demandé en retour ! En plus du talent, cette jeune femme est d’une grande générosité. D’ailleurs, si vous avez l’occasion d’aller voir son travail, n’hésitez pas ! son site est le suivant : joganelken.com.
Âme sensible s’abstenir…

Parle-nous de ton recueil de nouvelles qui vient de sortir. Comment s’est réalisé ce projet ?
C’est un recueil de huit nouvelles, d’univers différents, allant du noir au plus romantique et pour finir sur une touche humoristique. Chaque histoire a son personnage qui ressemble à chacun de nous. Un détective désabusé, une femme au bout du rouleau, des jeunes qui s’amusent, un couple qui cherche à se retrouver. Des situations banales pour des histoires qui finissent pas toujours bien.

Ce projet est venu après avoir écrit une nouvelle pour un concours. J’en avais déjà écrit d’autres qui dormaient dans mon ordinateur et je me suis dit : pourquoi pas un recueil ? Je sais que le genre n’est pas très prisé par les lecteurs français. Mais j’ai pris le risque.

Pour la mise en page, les corrections et l’impression, je me suis tournée vers Exquismen qui ont pris mon bébé en main pour lui donner vie en version papier et numérique.

C’est un pari que je me suis lancé. J’espère que mes lecteurs me suivront !

Est-ce que dans ton prochain livre on retrouvera quelques personnages de ce roman ?
Non, aucun. En général, une fois que j’ai fini d’écrire un roman, je laisse les personnages vivre leur vie dans l’esprit du lecteur. Et je passe à autre chose. Mais je ne dis pas qu’un jour, un personnage ne reviendra pas ! Il y en a quelques uns que j’affectionne particulièrement et que j’aurais plaisir à retrouver dans une autre histoire.

Comment écris-tu ? (le soir, le matin, dans un bureau….)
J’écris essentiellement le soir. Une fois les enfants couchés, le mari endormi devant la télé, je fonce sur mon ordi. N’ayant pas de bureau, je travaille soit au salon, soit dans ma cuisine. Mais toujours avec une tasse de thé avec des petits gâteaux ! Indispensable.

Quel sont les écrivains qui t’ont marquée ? Quelles sont tes références ?
Il y a encore quelques années, je lisais essentiellement des auteurs américains : Mary higgins Clark au départ, Patricia Cornwell ou Harlan Coben. Puis j’ai découvert Maxime Chattam et Franck Thilliez. Depuis, je ne lis plus que des productions françaises. Parce qu’il n’y a pas à tortiller, on a quand même un sacré vivier de francophones. Pour en nommer quelques uns : Laurent Guillaume, Paul Colize, Jean-Luc Bizien, Marin Ledun, Gilles Caillot, Maxime Gillio et tant d’autres. Je n’aurais pas assez d’une vie pour tous les lire et je le déplore !

Quel est l’actualité qui t’énerve et celle qui te fait rire ?
L’actualité qui m’énerve : la politique. Celle qui me fait rire : la politique !

C’est un sujet tellement vaste qu’on peut passer du rire aux larmes rien qu’en écoutant un homme politique. J’adore ça !

Quelles sont tes passions ?
Mes enfants et mon mari en priorité. Ensuite, je lis beaucoup mais je suis aussi très manuelle. J’adore bricoler, cuisiner, modeler… bref, je ne tiens pas en place !

Quels sont tes films cultes, ceux qui t’ont fait vibrer ?
Mon film culte, Au-dessus d’un nid de coucou. Magnifique Nicholson…

Ensuite, je suis une fan inconditionnelle du Seigneur des anneaux et de la dernière trilogie de Batman par Christopher Nolan.

Si tu avais pu être un héros de roman policier…
Personne en particulier, pour être honnête. Ma vie me convient et nos personnages sont souvent trop torturés pour moi ! Ou peut-être Alice, héroïne de la bibliothèque verte qui m’a fait rêver étant petite…

Si tu pouvais poser une question à un auteur, ça serait laquelle et à qui ?
Après lecture de Back Up de Paul Colize, j’aimerais beaucoup lui demander de me raconter sa vie… Ce que je ferai lors d’une prochaine rencontre avec lui.

Quel sera ton mot de fin pour tes lecteurs et lectrices ?
Merci. Merci aux lecteurs d’être là pour que nous, auteurs, puissions continuer à exister. Et un merci particulier au Concierge qui m’a reçu dans sa loge avec toujours autant de gentillesse !