Jean Paul Ceccaldi :: Œuf Corse !

Lors du dernier Salon du livre de Paris, Hervé Sard (que je remercie pour cette découverte) me recommande d’aller traîner mes guêtres du côté du stand de la Corse. J’y vois un petit homme moustachu avec un grand sourire qui se balade sur le stand. Je lui demande si c’est lui qui a écrit un roman avec un âne explosif ! Il lève le sourcil et je lis dans son regard quelque chose qui ressemble à un « Mais qui est ce fou ? »

Première rencontre avec Jean-Paul Ceccaldi et son roman explosif. Si vous aimez les ânes, vous en aurez une autre vision avec ce roman.

Ce fut un vrai plaisir que de lire ce roman peu ordinaire, qui se dévore rapidement et qui vous donne une vision pleine d’humour de l’actualité et de la Corse.

Allez, un aperçu de son roman Œuf Corse !, chez Ancre Latine :

Je me dirigeai vers les toilettes en y apportant le journal. Lunette des WC sous mes fesses et lunettes de vue sur mon nez. L’inverse aurait été insoutenable.
Dans l’ordre des choses, je pus lire enfin l’actualité du désordre des hommes.
Stupéfaction dans ce lieu de grande solitude !  
Jean-Do Luciani, charcutier corse, a été assassiné hier alors qu’il m’avait annoncé sa venue à Paris. Of course ! Faut qu’j’y aille !
Ainsi se parla à lui-même Gaston Maltais, aventurier et romancier à ses heures, avant d’aller découvrir la Corse qui venait d’être le théâtre du premier attentat à l’âne explosif.

Voici pour vous la belle interview que l’auteur m’a gentiment accordée. À la semaine prochaine, mes amis.

Pouvez-vous nous parler de votre enfance et ce qui vous a amené à écrire du polar ?
Mon enfance, c’est la guerre des boutons et les 400 coups. Je n’y vois aucune raison freudienne pouvant expliquer ma venue à l’écriture si ce n’est le plaisir d’écouter les histoires que l’on me racontait. Mes héros ne sont pas des flics mais D’Artagnan, Lagardère, Pardaillan, Davy Crockett, l’indien Winetou… et bien sûr dans la BD, l’illustre Tintin pour n’en citer qu’un. La télévision n’est arrivée chez moi qu’à mon adolescence.  Mon frère ainé lisait beaucoup la SF et les romans policiers. J’ai puisé dans sa bibliothèque où se côtoyaient notamment des romans de la Série noire et du Masque mais aussi des SAS et des San Antonio. J’y ai découvert les auteurs américains mais aussi des auteurs français comme Pierre Véry, José Giovanni… En ce qui concerne la SF, il n’y avait que les romans de Jimmy Guieu qui ont pris quelques années lumières mais qui, à l’époque, plaisaient. Je fais partie d’une génération pour laquelle la lecture était un plaisir mais, même si cela m’a constitué un bagage littéraire, ce n’est pas ce qui m’a amené à écrire des polars. L’élément évident est ma carrière en police judiciaire au cours de laquelle j’ai écrit de nombreux rapports d’enquête et continué à lire des polars. À l’horizon d’une retraite proche, j’ai eu envie d’inventer des histoires dans lesquelles mon identité corse prendrait sa juste part au moment où je quitterai une identité professionnelle qui a alimenté mon imaginaire. C’est ainsi qu’est né Mathieu Difrade, le Flicorse. Après un roman policier et l’invention du Flicorse, je me suis essayé au Thriller au moment où Jean-Pierre Orsi et Ugo Pandolfi m’ont contacté pour organiser dans le cadre de l’association Corsicapolar, le premier festival du polar corse et méditerranéen en 2007. Nous en sommes cette année à la 6ème édition. J’ai écrit cinq romans et coécrit un 6ème avec Ida Der-Haroutunian. J’écris parce que j’aime ça.

Parlez-nous du Polar Corse, son histoire, car je ne connais pas votre belle île…
Le roman est un genre qui a eu du mal à s’enraciner en Corse où la culture est de tradition orale, donc plus tournée vers la poésie et le théâtre. La littérature orale corse n’a jamais été fermée sur elle-même et visait à intéresser toutes les classes de la société. Avant le roman, il existait une littérature corse avec ses genres : la « filastrocca » (comptine étirée de digression en digression), les stalbatoghji (histoires et anecdotes plaisantes comme celles de Grossu Minutu) le Chjam’rispondi et toutes les autres formes orales de la culture corse (Les nanne, les tribbiere, les voceri, la paghjella, le lamentu). Le polar corse est apparu tardivement  en 1994 chez un éditeur ajaccien qui a disparu après avoir aussi édité les premiers polars de Carrese et Thomazeau. En ce qui concerne les Corses, il faut retenir comme premiers polars, ceux d’Elisabeth Milleliri et le polar historique d’Ange Morelli qui se passe à l’époque de l’Office Saint Georges. Jusqu’à eux, il y a eu des auteurs d’origine corse comme José Giovanni mais pas de polar corse écrit par des auteurs corses. Elisabeth a même obtenu le prix calibre 38 avec son premier roman Caveau de famille et en a écrit un second Comme un chien dans la vigne. L’éditeur ajaccien a fermé et, avec lui, sa collection Misteri. En 2004, les éditions Albiana ont créé par la suite leur collection « Nera » qui a édité plusieurs polars corses avec des nouveaux auteurs que vous trouverez dans leur catalogue. Dans leurs ouvrages les héros et le décor sont souvent corses mais pas toujours. Les thèmes abordés puisent dans la corsité de chaque auteur et dans la réalité insulaire. La littérature corse contemporaine a d’abord affirmé son identité avec ce que l’on appelle le « Riacquistu » dans les années 1970. Ce sont des Corses qui racontent l’histoire de la Corse, sa résistance et ses révoltes, sa mythologie, ses légendes. Les auteurs corses veulent parler eux-mêmes de ce qu’ils connaissent, de ce qui les habitent… On peut en dresser un inventaire en vrac et non exhaustif : la politique, les autonomistes, les barbouzes, les révoltes, la musique et les chants, l’écologie, la désertification, la pauvreté, le chômage, le huis clos, les mythes, les légendes, le banditisme, l’omerta, l’honneur, le clanisme, la diaspora, la cursita (ce mal du pays qui rend l’exil douloureux, cette nostalgie hors de l’île bien particulière apparentée à la « saudade » brésilienne et portugaise. En Corse, le tragique côtoie l’humour… L’humour y révèle plusieurs genres ; le taroccu fait de malice et de mélancolie… la macagna plus caustique et l’autodérision. Une île est à la fois un laboratoire et un miroir. Les thèmes y sont à la fois insulaires et universels. J’aime bien ce que Roger Martin a écrit dans une anthologie de nouvelles intitulée Corse noire : « Cette universalité société, police, crime, nature humaine – permet d’avancer que le genre policier, qu’il soit français, anglais, espagnol, russe ou japonais, s’abreuve à des sources communes, auxquelles bien entendu, il convient d’ajouter celles propres au génie et à l’histoire de chaque peuple. » Dans ce recueil, des auteurs de nouvelles, précurseurs du polar et du roman noir, s’étaient inspirés de la légende noire de la criminalité insulaire. Librio a publié un recueil où l’on retrouve Mérimée, Balzac, Flaubert, Saint Hilaire, Gaston Leroux et deux Corses : Pierre Bonardi et Jacques Mondoloni.

Enfin, on peut vivre l’insularité ailleurs que dans une île et, à ce propos, le philosophe corse Jean-Toussaint Desanti disait : « La peau qui nous enveloppe, c’est notre île, notre insularité. Nous ne pouvons pas en sortir, elle nous accompagne partout. Nous sommes tous insulaires au sens propre. Nous sommes obligés de montrer nos sentiments sur notre peau et de lire, sur la peau des autres, leurs sentiments. Nous sommes toujours dans ce rapport à la fois d’exclusion et d’intériorité. L’intérieur et l’extérieur se tiennent. La notion de frontière doit être pensée entièrement, elle n’est pas une ligne de séparation, mais une relation mobile. »

Dans Œuf Corse ! (Ancre Latine Éditions), vous tournez en dérision des sujets sérieux. Comment se sont passées vos recherches, particulièrement concernant cet âne explosif ?
Je viens de le dire : la Corse vit entre le tragique et l’humour. La vision austère que certains peuvent avoir d’une famille corse est faussée par la littérature française et les média. En Corse la dérision et l’autodérision font partie des traditions et on les retrouve dans des joutes orales comme le Chjam’é rispondi mais aussi dans la poésie, le théâtre, les dictons…. Au sein des familles et entre amis, c’est un moyen de communication qui passe toujours bien. C’est aussi une arme de défense contre tous les préjugés et les poncifs qui nous accablent.  La dérision m’a permis ainsi de mettre de la distance avec la tragédie de l’âne explosif, il faut comprendre, malgré le sort que je lui réserve, que ce livre est un hommage aux ânes corses. Il faut savoir faire l’âne pour avoir le son. C’est un proverbe qui sous-tend souvent l’humour corse, surtout en face des préjugés qui agacent. J’ai beaucoup d’affection pour cet animal qui sait s’opposer à l’homme tout en lui ayant rendu d’immenses services. Pour ce qui est de la méthode d’attentat, elle n’a pas eu lieu en Corse mais, selon mes sources, en Afghanistan. Œuf corse ! est une tragédie souriante dans laquelle seul l’âne corse est innocent. A cause de cela il est à la fois victime et arme du crime.

Parlez-nous de votre personnage principal : Gaston Maltais.
Je voulais un héros qui soit ni flic ni corse et l’amener à faire une enquête en Corse. Étant un lecteur de plusieurs aventures du Poulpe, j’ai pensé à Lecouvreur et j’ai inventé un personnage qui lui ressemble tout en étant différent. Je fais tout de même quelques clins d’œil au Poulpe dans le récit. Il est un peu le parent célèbre de Gaston Maltais qui, dans Œuf corse !, est un  romancier  préférant l’action à la fiction. De l’action, il va en avoir en Corse avec pour seules armes quelques préceptes chinois et de l’explosif. Cela apparaitra insuffisant sans des appuis locaux efficaces. C’est l’occasion pour lui de découvrir la Corse et d’abandonner ses préjugés grâce à sa rencontre avec une Corse d’origine marocaine et de vrais amis insulaires. À la fin du livre, on se rend compte qu’il a déjà écrit son enquête corse par le passage, dans le récit, de l’imparfait de narration au présent. Gaston revient dans son quartier et dans son bar-restaurant préféré. C’est l’occasion d’un débriefing. Finalement le présent est lié au lieu où l’on revient vivre ses habitudes. Les voyages et les aventures tombent vite dans le passé et la réalité ressemble alors à la fiction. Je me souviens tout de même que, pendant que j’écrivais ce roman, j’étais Gaston Maltais avec son regard neuf mais pas innocent sur la Corse. Au lecteur de rentrer dans sa peau et de la défendre.

La Mafia Corse est toujours présente sur l’ile ?
Si vous employez le terme « Mafia » en référence avec la Camora, N’Dranghetta et autres entreprises criminelles d’envergure, je répondrais non. Toutefois il ne faut pas faire l’autruche et il existe en Corse des clans et des équipes qui opèrent dans la grande délinquance. L’insularité et la réputation faite à la Corse grossissent la réalité de la violence qui, si on y ajoute les activistes nationalistes, devient complexe et ne peut se résumer en quelques lignes sans forcément tomber dans la caricature.  Qu’il y ait trop de morts, c’est cela qui préoccupe et alimente l’aspect mafieux d’une grande délinquance qui ne vient plus seulement en vacances dans l’île mais y fait aussi son business. Toutefois, le problème est moins important en Corse qu’en Calabre et en Sicile. On peut parler de comportements mafieux mais pas de mafia. A cet égard,  la série Mafiosa est caricaturale et outrancière mais c’est une fiction qui a le droit de l’être. Je lui reconnais volontiers des efforts de réalisme en ayant pris des acteurs corses et un conseiller en langue corse. Certains personnages peuvent ainsi trouver leur pendant insulaire. Par contre la Colomba mafieuse me paraît être ce qui est le plus romanesque et là le scénariste est tombé dans l’exotisme comme l’ami Prosper.

Avez-vous une anecdote sur votre roman ?
En Corse, il existe un producteur d’œufs à l’enseigne « Cors’œuf ». Ses affiches et ses camions qui sillonnent la Corse me font une publicité gratuite  mais mon Œuf corse s’achète à l’unité et non pas à la douzaine.

J’adore un dicton Corse que vous citez : A vouloir laver la tête de l’âne, on perd fatigue et savon. Avez-vous d’autre dicton comme celui-là ?
Un vale à fischjà si un sumere un vole beie ( Inutile de siffler si l’âne ne veut pas boire)

Hé un santu caca diavuli (C’est un saint de l’espèce de ceux qui font les diables)

Saccu viotu un tene arritu (Un sac vide ne tient pas debout)

Parlà quant’è un libru stracciatu (Parler autant qu’un livre qu’on déchire)

Parlez-nous de la maison d’édition Ancre latine que je ne connaissais pas ?
Les éditions Ancre latine ont été créées en 2010 un peu sur le modèle des Éditions Krakoën. Cela s’est fait dans le prolongement du Festival de polar corse et méditerranéen qui se tient chaque année à Ajaccio. Cette maison associative n’en est qu’à ses balbutiements tout en ayant à son catalogue un peu plus d’une dizaine d’ouvrages dont des recueils de nouvelles en langue corse issues de concours. Pourquoi Ancre latine ? Parce que l’ancrage est latin mais une ancre se lève aussi pour aller vers d’autres rivages et d’autres îles. A ce jour, nous sommes cinq auteurs et chacun est une île… et parmi les « Ils », il y a une « Elle », Ida Der-Haroutunian avec qui j’ai coécrit Kebab story aux éditions Mélis et qui a écrit une petite anthologie sur des femmes arméniennes intitulée Les yeux verts de Sardarabad aux Éditions Ancre latine. Le siège est en Corse mais déjà nous avons des auteurs à Avignon, Bordeaux et Paris. Nous sommes en pleine discussion pour une évolution avec l’ouverture à d’autres auteur(e)s. Vous pouvez consulter le blog.

Le Concierge est curieux !! Pouvez-vous nous parler de votre prochain roman ?
Dans mon prochain roman en cours d’écriture, le Flicorse revient en compagnie d’un personnage qui était présent dans Complices obscurs, paru en 2010. L’idée du lieu m’est venue en visitant des villages corses abandonnés ou presque. Je voulais aussi revenir et m’attarder sur ce personnage de nationaliste désabusé mais fidèle à ses idées. C’est l’idée de base. Vous m’avez questionné sur l’existence d’une mafia. Ce sera aussi le sujet de ce livre. C’est un polar avec la mort en spectacle mais j’espère que le lecteur y trouvera autre chose.

Comment écrivez-vous ? (le matin, le soir, dans un bureau….)
J’écris d’abord dans ma tête. Ensuite je déroule soit d’abord de façon manuscrite soit directement sur l’ordinateur. Je n’écris que lorsque ma tête a enregistré et digéré d’abord une histoire avec une intrigue, des personnages et ensuite les anecdotes qui viennent se glisser dans la trame du récit. Je suis incapable de me forcer à écrire. Le jour où ma tête n’écrira plus, ma main n’aura plus rien à dire. Je n’ai ni moment ni lieu d’écriture en dehors de l’usage d’un ordinateur. Je ne pratique pas l’écriture comme un métier mais c’est plutôt un plaisir qui devient un travail lorsque j’en arrive aux corrections longues et parfois fastidieuses. Ensuite j’espère partager ce plaisir avec des lecteurs.

Quels sont vos écrivains préférés et pourquoi ?
Dire que je préfère des auteurs plus que d’autres, ce n’est pas dans mon caractère. J’aime ou je n’aime pas. Il n’y a pas de préférence pour l’un ou l’autre. Il y a par contre ceux que je déteste mais je me suis fait une ligne de conduite qui est de ne pas les révéler. Je peux aussi aimer un livre et détester son auteur. C’est le cas pour Voyage au-delà de la nuit de Céline. On m’en a offert un bel exemplaire illustré par Jacques Tardi. J’aime Tardi et son travail sur la première guerre mondiale. J’ai lu le livre de Céline avec autant d’intérêt que La Nausée de Jean-Paul Sartre. Ce n’est pas original et je pense partager cela avec de nombreux lecteurs. Pour rester dans le polar,  je ne donnerai pas de bibliothèque idéale à mon sens. D’autres l’ont fait comme la regrettée Michèle Witta de la Bilipo. Je conseille simplement de suivre ses conseils pour celles ou ceux qui le souhaitent. Pour moi, le plaisir commence avec la découverte d’un livre sans à priori. De façon générale, je cherche dans mes lectures des récits construits à partir du noyau dur qu’est l’énigme et qui laisse la part belle aux anecdotes. Il faut qu’il me surprenne et que les personnages aient de la profondeur plutôt que de l’épaisseur. Pour donner des exemples, j’ai bien aimé les livres parus chez l’éditeur L’Atinoir, comme Le linceul du vieux monde de Sébastien Rutes, ou bien les romans des auteurs latino-américains traduit par ce même éditeur comme Juan Hernandez Luna (décédé trop jeune) et Lorenzo Lunar (pour en citer deux).  J’ai beaucoup aimé le roman d’Adlen Meddi, La prière du Maure (chez Jigal). Je l’ai apprécié pour cette réalité algérienne qu’il nous  transmet dans une langue française à la suture de la langue arabe, ce qui donne un style épicé et une respiration à son écriture. C’est cette rareté que j’apprécie aussi tout particulièrement chez un écrivain. J’aime lorsque l’écriture a une musique. Pour dire vrai, je parle plus volontiers des derniers livres que j’ai aimés que de leurs auteurs dont, pour certains, je n’ai lu qu’un ouvrage. En général lorsqu’un livre me plaît, j’écris parfois un petit article sur le site « Île noire ». Je n’ai pas cité d’auteurs corses pour n’en oublier aucun. Ensuite, il y a de bons auteurs chez Krakoën et chez l’écailler. Je laisse de côté les best-sellers et les grosses maisons d’édition… le dictionnaire des littératures policières a déjà été écrit par Claude Mesplède.

Quelle est l’actualité qui vous énerve le plus et celle qui vous fait rire ?
Contrarié plutôt qu’énervé… Actuellement, c’est la monstrueuse tuerie dont l’auteur est feu Mohamed Merah et les séries d’arrestations dans les milieux islamistes. Au-delà de la barbarie, j’ai l’impression pour reprendre l’humoriste de Radio-bistrot que l’on ne nous dit pas tout. J’ai aussi le sentiment que les chantres du « tout répressif », au lieu d’améliorer la sécurité, ne font que se servir de ce drame pour exacerber le sentiment d’insécurité, garder le pouvoir et justifier la xénophobie. Nous verrons les crimes retenus et les résultats judiciaires de toutes les interpellations. Je suis d’autant plus contrarié que la lutte contre l’intégrisme d’où qu’il vienne me paraît justifiée et que l’angélisme n’est pas la solution. Il y a tout cela et les manipulations des médias à chaque affaire. Ils en disent trop et pas assez à la fois.

J’ai eu un grand rire intérieur lorsque j’ai entendu qu’un quidam a été amené au poste de police parce qu’il avait injurié Nicolas Sarkozy en lui disant « Pauvre con ».  L’arroseur en début de mandat a été arrosé en fin de mandat. Il reste à savoir si ce quidam va être poursuivi ?

Quelles sont votre musique et chanson préférées ?
J’aime bien un chanteur corse Pierre Gambini et sa chanson A Sirena que je réécoute. Je l’ai d’abord découvert à travers un groupe I cantelli et leur musique du film Sempre vivu réalisé par Robin Renucci. J’aime bien aussi plusieurs groupes et chanteurs corses. Je n’oublie pas Brassens, Brel, Ferrat, Nougaro… et des chanteurs à textes moins connus comme Jean Vasca et Lafaille. Et puis il y a le jazz et la musique classique comme des îles musicales lorsque l’on revient aux fondamentaux. Pour ma partie Rock’n roll en évitant de citer des stars connus, je conseille de découvrir un jeune groupe Off Duty Clowns qui se produit sur des scènes parisiennes. Je me remets souvent leur premier single…

Votre film Préféré ?
Décidément, il faut des préférences. Alors pour rester dans le polar et faire le cinéphile, je citerai M le maudit pour n’en citer qu’un qui fait référence.

Quel lieu de la Corse aimeriez-vous nous faire découvrir ?
La Corse offre une grande variété de beaux paysages dans un espace réduit. On peut donc en faire le tour. Bien sûr il y a les plages de la Balagne et de Porto-Vecchio. Il y a aussi l’intérieur avec ses villages, ses montagnes et ses lacs. Bonifacio offre des falaises spectaculaires. Prosper Mérimée a dit que Sartène est « la plus corse des villes corses ». Corte est au cœur de la Corse et des Corses, Bastia est restée populaire et vivante… Le Cap corse est sauvage. Pour associer belles plages et villages proches typiquement corses, un séjour à l’Île-Rousse ou Calvi vaut le déplacement. Surtout, sur les pas de Maupassant, en partant d’Ajaccio (avec un détour sur les îles sanguinaires au coucher du soleil), passez par les calanques de Piana jusqu’à Porto et, pour les randonneurs, bifurquez vers l’intérieur où vous découvrirez mon village : Evisa à la lisière de la forêt d’Aïtone mène au col de Vergio et au lac de Nino, là où naît le Tavignano dont les eaux coulent jusqu’à Corte… et au dessus de Corte, il y a d’autres lacs de montagne comme le Melo, décrit à la fin de mon ouvrage Complices obscurs.

Parler nous du site internet Corsicapolar.eu.
Corsicapolar.eu est un site indépendant et partenaire de l’association Corsicapolar et du Festival du polar corse et méditerranéen. Le Webmaster et seul maître à bord est Ugo Pandolfi, auteur d’un pastiche : la Vendetta de Sherlock Holmes. Les cinq derniers articles d’Île noire sont repris dans une rubrique de la colonne de droite face à l’écran. Corsicapolar.eu est un site dédié au polar et à la Corse mais non exclusivement. On y trouve la rubrique satirique de Michel Moretti sur l’air du temps, les événements et la politique.

Quel sera votre mot de fin ?
Je remercie le concierge masqué de m’avoir montré son vrai visage. J’encourage les lecteurs de polars à toujours emprunter le chemin du doute pour arriver à la vérité puis, au bout, de douter encore car la vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain…

Per istrada s’accorcia somma (Chemin faisant tout s’arrange)