Peter James :: A deux pas de la mort

Peter JamesDéjà la 51ème interview, que le temps passe. Aujourd’hui, je vous invite à découvrir un des auteurs majeurs de Grande-Bretagne, rencontré à Paris lors d’une soirée organisée par les Éditions Fleuve Noir.

Le premier roman que j’ai lu de Peter James fut Comme une tombe. Un vrai coup de maître, auréolé du Prix du Polar du Festival de Cognac en 2006.

Son dernier roman, A deux pas de la mort (Fleuve Noir) peut se résumer ainsi :

Nuit de la Saint-Sylvestre à Brighton : une jeune femme est violemment attaquée à l’hôtel Métropole. Son agresseur emporte ses vêtements et ses escarpins avant de prendre la fuite.

Quand l’information tombe, le commissaire Grace est précipité douze ans en arrière, en 1997. À l’époque, l’homme aux chaussures, comme on l’avait surnommé, avait agressé plusieurs femmes, avant de s’emparer d’un de leurs escarpins. Tous des modèles de créateurs. Un trophée… Un souvenir cuisant pour Roy Grace qui n’est jamais parvenu à arrêter le coupable.

Lorsqu’une seconde agression avec vol de chaussures est recensée à Brighton, le profil d’un fétichiste commence à se dessiner. Quant aux similitudes avec 1997, elles se multiplient. Même schéma. Même période de l’année. Même mode opératoire. Or après la cinquième victime, l’homme était passé au meurtre.

Roy Grace veut éviter à tout prix que ce cycle macabre ne se répète. Pour cela, il va devoir replonger dans un passé tourmenté, à une époque où son épouse Sandy n’avait pas encore disparu…

Je vous souhaite de passer un bon moment à la lecture de cette interview très complète, où l’auteur revient sur différentes périodes de sa vie, sur ses goûts littéraires et ses autres passions. Et je vous dis à la semaine prochaine, mes amis.

Pouvez-vous nous parler de votre enfance et comment vous en êtes venu à écrire des thrillers ?
J’ai toujours voulu écrire des romans policiers, depuis que j’ai découvert Conan Doyle à l’âge de 12 ans. J’avais toujours aimé les histoires de détectives, et mon premier héros fut sans aucun doute Sherlock Holmes, bien avant que je ne découvre et aime les écrivains américains plus hard boiled, plus acérés, plus sombres, comme Ed McBain, Joseph Wambaugh. Je me rappelle encore d’une façon très précise la première nouvelle avec Sherlock Holmes que j’ai lue, dans laquelle Holmes révélait à un Watson médusé qu’il était capable de dire de quel côté de la salle d’eau du suspect se trouvait la fenêtre – donc sa source de lumière – parce qu’il rasait toujours le côté droit de son visage avec plus de soin que le gauche ! J’ai su immédiatement qu’un jour je voudrais inventer moi-même un personnage qui aurait un tel œil pour les détails. Pourtant, quand j’ai commencé à écrire, je pensais qu’il y avait déjà tellement de grands auteurs de polars, qu’il ne pouvait pas y avoir de place pour un nouveau ! J’avais aussi l’impression que dans le polar anglais à énigmes, il y avait certaines conventions que l’auteur se devait de respecter, et que ce serait trop contraignant – prenez par exemple un Agatha Christie traditionnel, le décor dans une maison de campagne, un grand  nombre de suspects, une légère touche de sexe, un peu de violence et un soupçon de religion – j’aimais ces romans, mais ce sont plus des romans à énigmes que des thrillers. J’ai toujours aimé les auteurs de polar américains, mes favoris parmi les auteurs modernes étant Elmore Leonard et Michael Connelly, qui de mon point de vue écrivent de vrais romans « page turner » très palpitants. C’est le genre d’auteurs dont j’ai essayé de m’inspirer quand j’ai commencé à écrire des polars.

Parlez-nous de votre personnage principal, Roy Grace, que je trouve attachant.
Il y a 15 ans, j’ai été présenté à un jeune inspecteur nommé David Gaylor, une star montante de la criminelle dans le Sussex. Je suis allé dans son bureau et l’ai trouvé plein de caisses en plastique débordant de classeurs cartonnés. Je lui ai demandé s’il était en train de changer de bureau et il a répondu avec un sourire sardonique : « non, ce sont mes amis défunts. »

Un moment j’ai pensé que j’étais tombé sur un cinglé total ! Puis il m’a expliqué qu’en plus de ses enquêtes pour homicide en cours, on lui avait confié la tâche de rouvrir des dossiers non résolus pour leur appliquer les nouvelles techniques de police scientifique. Il a dit quelque chose qui m’a vraiment touché : « Chacune de ces caisses contient les principaux éléments d’un meurtre non résolu. Je suis la dernière chance pour que justice soit faite pour chacune de ces victimes, et je suis la dernière chance pour que leurs familles puissent faire leur deuil. »

J’ai aimé les aspects profondément humains de cet homme. Dans son travail, il a vu les plus terribles choses imaginables (et inimaginables), et pourtant il a conservé une humanité calme et mesurée, et cet aspect est une des caractéristiques principales que j’ai constatées chez presque tous les inspecteurs de la criminelle que j’ai rencontrés. Ils sont calmes, gentils et très prévenants. Très souvent, ils nouent des relations très étroites avec les proches des victimes, et résoudre les crimes devient pour eux une affaire personnelle. C’est la raison pour laquelle si souvent, même des années après avoir quitté la police, beaucoup d’enquêteurs continuent à travailler sur les cas non résolus pendant leur carrière.

Le créateur du FBI, J Edgard Hoover, a dit : « Aucun honneur plus grand ne peut être fait, ni de devoir plus profond confié à un agent, que quand on lui confie une enquête sur le meurtre d’un être humain. »

Lors de cette première rencontre avec le détective David Gaylor, il m’a interrogé à propos du roman sur lequel j’étais en train de travailler, et a immédiatement commencé à me faire des suggestions créatives concernant les aspects policiers – et sur d’autres aspects également. J’ai réalisé que pour être un bon enquêteur de la criminelle, il fallait non seulement avoir un esprit très analytique, mais aussi créatif. C’est parce que chaque crime majeur est un grand puzzle, généralement avec une pièce maîtresse manquante. Depuis ce jour-là, j’ai pris l’habitude de discuter des intrigues de mes romans en avance avec lui.

Quand Macmillan m’a contacté pour créer un détective de fiction, David avait été promu chef du service de police criminelle du Sussex, chargé de la supervision du service des crimes majeurs. Je lui ai demandé ce que ça lui ferait de devenir un personnage de fiction – et il a adoré l’idée ! Maintenant, il lit mes livres toutes les 100 pages au fur et à mesure que je les écris, et me donne son avis sur ce qu’un vrai détective penserait à la place de Roy Grace.

A deux pas de la mort de Peter JamesParlez-nous de votre roman, À deux pas de la mort (Fleuve Noir), comment vous est venue cette histoire ?
Il y a 5 ans, j’ai assisté à une conférence donnée par le chef des enquêteurs sur une affaire horrible de viols en série : entre 1983 et 1987, dans le sud du Yorkshire en Angleterre, un homme surnommé « le violeur aux chaussures de Rotherham » avait violé brutalement plusieurs femmes dans la région de Rotherham et Barnsley. Il les agressait  tard la nuit alors qu’elles sortaient de pubs ou de night-clubs, les ligotait, et après avoir fini, il prenait leurs chaussures en guise de trophées. Puis il a soudainement mis fin à ses agressions, et la piste a refroidi.

En 2003 une femme dans la région de Rotherham a été arrêtée pour conduite en état d’ivresse, et, comme le veut la procédure standard, son ADN a été prélevé. Il y avait une correspondance familiale – partielle – avec le violeur. La police est allée la voir pour lui demander si elle avait un frère. Elle a répondu que oui, il s’appelait James Lloyd, mais qu’il ne pouvait être l’homme qu’ils recherchaient car c’était un homme d’affaires honnête et respectable. Quand la police est partie, elle a téléphoné à son frère pour lui faire part de cette étrange visite. Cette nuit-là, il s’est pendu dans son garage.

James Lloyd avait 47 ans, il avait une belle apparence, dirigeait une grande imprimerie, était franc-maçon, marié et père de deux enfants qui l’adoraient, et était généralement considéré comme un pilier de la communauté. Quand la police a fait une descente dans son bureau le lendemain, ils ont trouvé une trappe sous le tapis, sous laquelle étaient cachées 126  chaussures à talon aiguille, toutes amoureusement enveloppées de cellophane.

J’ai été captivé par cette histoire, parce qu’elle m’a donné des frissons. J’ai toujours été fasciné par le fait que des gens d’apparence la plus normale s’avèrent souvent être de monstrueux criminels. Le pire serial killer qu’ait connu le Royaume Uni, le docteur Harold Shipman, en est un exemple classique, mais il y en a beaucoup plus. James Lloyd correspondait exactement à ce modèle. Ça m’intéressait aussi d’observer comment l’attitude de la police envers le viol a drastiquement changée durant la décennie passée, et pourtant le viol a un taux de résolution effroyablement bas, surtout parce que si peu de victimes portent plainte. Le taux de résolution des meurtres au Royaume Uni est de 98%, et pour le viol c’est 6%.

J’ai aussi réalisé qu’en ayant deux lignes narratives dans le roman, aujourd’hui et 12 ans en arrière, j’aurais l’opportunité de montrer un peu plus de la vie de Roy Grace quand il vivait avec Sandy, avant qu’elle ne disparaisse, et aussi de montrer pour la première fois un peu de leur vie ensemble à travers ses yeux à elle…

Vous aimez nous surprendre, et d’un seul coup nous époustoufler avec brio pour le final, comment faites-vous ?
Je pense que ce qui va suivre est essentiel quand j’écris un nouveau livre. Premièrement, il est important de toujours se rappeler que les gens lisent des livres pour découvrir ce qui arrive aux personnages qu’ils rencontrent et pour lesquels ils se sentent concernés. Deuxièmement, la recherche est cruciale. Si l’écrivain ne comprend pas totalement chaque aspect du sujet sur lequel il écrit, le livre manquera d’étayage et le lecteur le ressentira. Troisièmement, la première ligne et la dernière page sont absolument vitales : vous devez avoir une première phrase qui accroche le lecteur instantanément. Le choix de lire un livre représente pour le lecteur un gros investissement de temps. C’est aussi un gros investissement sur moi, l’auteur. Si j’entraîne ce lecteur dans un voyage qui pourrait l’occuper pendant un grand nombre d’heures, de jours, voire de semaines, ce que le lecteur pensera de moi en tant qu’auteur va beaucoup dépendre de la façon dont je termine l’histoire. J’essaie de faire en sorte qu’à la lecture de la dernière page de mes romans le lecteur s’exclame « Wow ! »

Votre premier roman s’appelle Comme une tombe. Pouvez-vous nous parler du prix que vous avez gagné pour ce roman ?
Ce fut un grand honneur pour moi que l’un de mes premiers prix littéraires soit un prix français, le prix Polar International de Cognac. Puis j’en ai gagné un second en France, pour le même roman, le Prix du Cœur Noir. C’était un sentiment merveilleux pour un modeste rosbif !

Comment écrivez-vous (le soir, le matin, dans un bureau…) ?
J’ai un modèle de journée de travail complètement inversé ! Je partage ma semaine entre ma maison dans le Sussex et mon appartement à Londres, mais que ce soit dans l’un ou dans l’autre ma journée de travail commence à 18h par une grande vodka martini avec 4 olives, et de la musique, du jazz ou des airs d’opéras, surtout. J’écris jusque vers 22h, puis je dîne d’un plateau-télé devant un programme de télé bas de gamme, genre Desperate Housewives. Puis je lis jusque vers minuit et demi (pas de la fiction quand j’écris). A 6h20, je me lève et je vais courir, 2 à 5 miles selon mon état de forme, tout seul quand je suis à Londres, avec mes chiens quand je suis dans le Sussex. Puis à 9h30 après avoir pris un petit-déjeuner et lu le Times et le courrier, je lis ce que j’ai écrit la nuit précédente, généralement un chapitre complet, ou deux s’ils sont courts, j’en écris une deuxième mouture, puis je commence à préparer le chapitre suivant. Je fais une pause à 13h30, déjeune, vais prendre l’air, parfois je vais jouer au tennis, puis je consacre deux heures à ma correspondance – je réponds essentiellement aux mails de mes fans. Puis je me remets au travail sur mon manuscrit à 18h. Je travaille 6 jours par semaine et essaie de me détendre autant que possible le dimanche, mais parfois mon courrier est tellement dense que j’y consacre la moitié de mes dimanches.

Avez-vous  une anecdote sur votre dernier roman, À deux pas de la mort ?
Le livre parle d’un violeur dont les cibles sont des femmes qui portent des chaussures haute couture. J’ai reçu plusieurs e-mails d’hommes qui me remerciaient de leur avoir fait économiser une fortune, car leurs femmes avaient cessé de s’acheter des chaussures de prix !

Comme une tombe de Peter JamesParlez-nous de votre passion pour le cinéma, car vous êtes producteur et scénariste si je me trompe pas ?
Quand je faisais des études de cinéma dans les années 60, j’adorais le cinéma français en général, et les films de la nouvelle vague en particulier. J’aimais les films de Duras, Alain Robbe-Grillet, Godard, Renoir, Resnais, Chabrol. Tous ces réalisateurs ont eu une grande influence à la fois sur ma façon d’écrire et sur ma façon de faire des films. Mais ce que j’aime le plus, c’est l’écriture de romans. Cependant je pense que j’ai appris beaucoup de mes débuts en tant que scénariste, ça m’aide à écrire des romans accrocheurs. Pendant l’écriture d’un scénario il y a une phrase invisible qui trotte sans arrêt dans la tête de l’auteur. Une phrase très simple : qu’est-ce qui se passe après? C’est presque un mantra. Pour moi les plus grandes leçons que j’ai retirées de la production au cinéma et à la télé sont le rythme et le montage. J’aime utiliser la technique du montage entre les différents personnages et leurs histoires convergentes. C’est une technique très cinématographique et j’ai toujours aimé lire des romans construits de cette façon. Il y a une différence entre l’écriture pour le cinéma et l’écriture pour la télévision, car avec un film, dès le début le public est captivé et le film peut se dérouler plus lentement qu’une série télé. J’ai travaillé un temps sur une sitcom américaine et j’en ai tiré une grande leçon : la règle pour une sitcom américaine est qu’il doit y avoir un rire toutes les 12 secondes, car ils se figurent qu’autrement ils vont perdre leur public. J’ai transposé cette règle dans l’écriture de polar. Pas un rire toutes les 12 secondes, évidemment, mais la réalisation que pour accrocher mes lecteurs et les tenir en haleine, j’ai besoin de constamment les surprendre. Le rire et la peur sont des émotions très proches et elles se complètent. Vous riez pour ignorer la peur. Puis quand le rire s’arrête, la peur est encore pire. Beaucoup de grands thrillers, romans ou films, contiennent de l’humour – Le silence des agneaux en est un grand exemple. Le premier film de Polanski, Cul de sac, est un grand exemple de mélange de tension, de terreur et de pure comédie.

Mais par-dessus tout, la plus grande joie que l’écriture de roman apporte par rapport à l’écriture d’un script de télé ou de cinéma est celle-ci : pour un film ou une production télé, vous faites partie d’un comité, où un groupe de gens différents réclament chacun leur part du produit fini. Il y a deux ou trois producteurs qui clament que c’est LEUR film ! Le réalisateur dit que c’est SON film. Le directeur de la photographie clame que c’est SON film parce que sans lui, il ne serait rien. Vous avez deux, trois ou quatre acteurs principaux qui clament qu’en réalité c’est LEUR film. Les metteurs en scène aussi disent que c’est LEUR film ! Le monteur dit que c’est SON film. Le compositeur dit que le film serait nul sans la musique. Et cætera… Vous finissez par faire des compromis sur presque tous les films, parce que sur le plan créatif ils sont une bataille du début à la fin. Avec un roman c’est absolument différent – il n’y a que moi ! Je n’ai pas à changer un seul mot, si je n’en ai pas envie. Et j’adore ça !

Si vous étiez sur une île déserte, quels livres emmèneriez-vous ?
Le rocher de Brighton, de Graham Greene. Greene est mon romancier préféré et c’est le roman de lui que je préfère. Il se passe dans ma ville natale, où j’ai situé ma série de romans avec Roy Grace. Brighton Rock est un merveilleux roman palpitant et très sombre sur les bas-fonds criminels de Brighton, sur la foi et sur la nature humaine. Et la fin de ce roman est une des plus noires et des plus poignantes fins de roman que j’ai jamais lues. C’est le roman qui m’a donné envie de devenir écrivain. Mon rêve, c’est un jour d’écrire un roman qui fasse ne serait-ce  que s’approcher de l’excellence de ce livre.

Get Shorty, d’Elmore Leonard. On dit de lui qu’il est LE romancier, et il suffit de le lire pour comprendre pourquoi. Les personnages, les personnages et les personnages. Les personnages d’Elmore Leonard sont si vivants, si captivants qu’il n’y a même pas besoin d’intrigue. On pourrait avoir un groupe de ses personnages en train de lire l’annuaire, et on serait encore captivés. Et c’est mon préféré parmi ses romans.

Le chien des Baskerville, d’Arthur Conan Doyle. J’ai commencé à lire les aventures de Sherlock Holmes à l’adolescence, et j’ai immédiatement eu envie de devenir auteur d’histoires de détectives. Il y a autre chose que j’admirais chez Conan Doyle, c’est l’intérêt qu’il a porté au paranormal tout au long de sa vie – intérêt que je partage. Ce roman combine de manière exquise une intrigue policière et le surnaturel – en tout cas c’est ce qu’on pense… Sans jamais avoir recours à des ficelles grossières, et qui se termine par un brillant coup de théâtre.

Abattoir 5, de Kurt Vonnegut Junior. La première fois que j’ai lu ce livre, j’avais 23 ans, et il a changé à la fois ma perception du monde, et ma perception des limites pour un romancier. Paradoxalement ce roman fou, et follement drôle, est le livre référence vers lequel je me tourne quand le monde – ou MON monde – est devenu fou !

Un bébé pour Rosemary, d’Ira Levin. C’est le plus grand roman d’épouvante jamais écrit – un joyau ! C’est un chef-d’œuvre d’écriture mesurée, économique, un chef-d’œuvre de caractérisation, d’émotion et de litote. Il n’y a pas d’horreur dans ces pages, Levin la fait naître directement dans votre esprit.

Le bûcher des vanités, de Tom Wolfe. De mon point de vue, une des plus grandes richesses de ce roman, c’est sa mise en question et son analyse du monde et de la société dans laquelle nous vivons. Je ne peux penser à aucun autre roman moderne qui le fasse mieux que cette satire mordante, intensément humaine et passionnante de la vie à New York pendant le boom des années 80. L’ambition, l’esprit de  classe, l’avidité, le racisme, la politique, l’infidélité – le tout brillamment écrit. C’est un livre dont je ne me lasse jamais.

Practical Homicide Investigation (qu’on peut traduire par Guide pratique de l’enquête criminelle, non traduit en français), de Vernon J. Geberth. C’est une livre de référence essentiel. Mais il comporte des illustrations horribles, à ne pas lire avant un repas !

Mort... ou presque de Peter JamesLe concierge est curieux, pouvez-vous nous parler de votre prochain roman ?
Le titre anglais est The dead man’s grip. Carly Chase traverse Brighton à toute allure au volant de sa voiture, car elle est en retard pour le travail. Son téléphone sonne, elle y jette un coup d’œil mais intelligemment ne répond pas. Mais quand elle reporte son regard sur la route, un jeune homme à bicyclette se dirige droit sur elle. Elle fait un écart et emboutit le mur d’un café désert. Une camionnette derrière elle percute le cycliste, l’envoyant en vol plané de l’autre côté de la route sous les roues d’un poids lourd, qui le tue. On fait faire à Cathy un alcootest sur le lieu de l’accident et il se trouve qu’à cause de ce qu’elle a bu la nuit précédente elle est au-dessus de la limite. La camionnette a fui le lieu de l’accident. Le chauffeur du poids lourd a conduit pendant 18 heures d’affilée sans pause, ce qui est illégal, depuis Aberdeen. Le mort est identifié. Il est originaire de New York, et est venu à Brighton pour pouvoir étudier dans la même université qu’une fille qu’il avait rencontrée à New York l’année précédente. Puis la police découvre que sa mère est la fille du parrain de la mafia newyorkaise. Elle prend l’avion vers l’Angleterre pour identifier son fils, folle de chagrin. Quand elle apprend que Carly avait un taux d’alcoolémie au-dessus des limites, que le conducteur de la camionnette a disparu et que le chauffeur du camion était en infraction au niveau des horaires, elle jure de se venger. De retour à New York elle engage un tueur pour torturer et tuer chacun de ces trois conducteurs.

Qu’aimez-vous de la France quand vous venez nous voir ?
Tout ! J’ai toujours aimé passionnément la France. Mes parents avaient un appartement de vacances à Cavalaire, près de Saint-Tropez et c’est là que j’ai appris à parler votre langue, un peu !

Quelles sont vos passions dans la vie ?
Le ski, le tennis, les voitures rapides, les courses de voitures, le vin, la nourriture, les conversations stimulantes, et j’adore passer du temps avec la police. Je passe un jour par semaine avec eux en moyenne. Je trouve leur monde, et la façon dont ils voient le monde, fascinants.

Votre famille a lu vos romans ? Et qu’en pense-t-elle ?
Je me souviens avoir été très inquiet de ce que ma mère penserait de mon premier roman, qui contenait une scène de sexe très torride. Elle m’a téléphoné après sa parution et j’ai pensé « oh non, ça y est ! » Mais elle m’a dit qu’elle adorait la scène de sexe et se demandait où j’avais appris ça ! Tout ce qu’elle a dit c’est « S’il te plaît, demande à tes éditeurs d’enlever ton âge de la couverture, les gens vont se rendre compte que j’ai plus de 40 ans…! « 

Quelles sont votre musique et votre chanson préférées ?
Ma chanson préférée est  Mr Pleasant des Kinks. Elle est si formidablement obscène ! Mais ma chanteuse préférée est la chanteuse de jazz Marla Glen. J’écris souvent au son de sa musique. Elle a une voix renversante.

Quelle est l’actualité qui vous énerve absolument et celle qui vous fait rigoler ?
Les comportements stupides liés à la santé et à la sécurité me mettent en colère. Comme cette règlementation qui empêche les policiers de grimper par-dessus un mur haut de plus de 2 mètres pendant une poursuite, à moins qu’ils n’aient été spécifiquement entraînés pour travailler en altitude ! Ce qui me fait rire ? C’est quand les gens génèrent leur propre malheur en faisant quelque chose de vraiment débile. Mon histoire préférée c’est celle de l’inventeur américain Reuben Tice, qui a décidé que les gens mangeraient plus de pruneaux s’ils n’étaient pas ridés. Alors il a inventé un compresseur à vapeur pour les rendre lisses. Il a été tué par l’explosion de la machine.

Quel sera votre dernier mot pour vos lectrices et lecteurs de France ?
Merci à vous !

Merci à Sandrine pour la traduction.