Paul Colize :: Back up

Paul Colize et le concierge masquéJe reviens d’abord sur une phrase que Paul Colize m’a mise comme dédicace sur son dernier roman, Back up.

« Ce roman parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître…»

Eh bien c’est faux !! J’ai moins de quarante ans et grâce au roman de Paul Colize, j’ai découvert l’univers d’une génération du rock and roll.

Une machination à l’époque du rock and roll mais aussi de l’ambiance incroyable dans laquelle elle se déroule. Une génération partagée entre la guerre du Vietnam et la marijuana, une histoire entre deux époques, une histoire de trahison et de violence. Un roman qui ne vous laisse pas indemne qui vous prend dans l’émotion et aux tripes.

C’est un roman noir de très haute volée et surtout l’histoire d’une belle amitié. Vous ne lâcherez pas ce roman car tout s’enchaîne à grande vitesse et le final vous laissera sur les fesses !

C’est un des romans qui m’a le plus marqué cette année, et je veux vous faire partager cette superbe plume venue de Belgique… Merci monsieur.

Voici un résumé du roman :

Berlin, 1967. Quatre musiciens anglais faisant partie d’un groupe de rock, Pearl Harbor, trouvent la mort dans des conditions et des lieux différents. La police ne trouve ni lien ni élément suspect et conclut à des morts naturelles. Les familles des victimes se tournent vers les médias. Un journaliste irlandais, intrigué par l’affaire, accepte de mener des investigations.

Bruxelles, 2010. Un sans domicile est renversé par une voiture devant la gare du Midi. Il est transporté dans un état grave à la clinique où l’on diagnostique un coma particulier. L’homme ne peut communiquer que par le mouvement des paupières. La police tente de l’identifier, sans succès. Il est conduit dans un centre de réadaptation où l’un des kinés tentera d’entrer en contact avec lui.

L’inconnu de la gare de Bruxelles, se souvient… Son enfance dans un Bruxelles qui “Bruxellait” encore, sa découverte, avec sa mère, des premiers rocks de Chuck Berry, son adolescence difficile à l’heure de l’euphorie consumériste des sixties. Appelé sous les drapeaux, il fuit à Paris, devient batteur, toxico et vit comme un beatnik entre la France, Londres et Berlin. Petit à petit le marginal s’enfonce dans un monde de violence et de délires stupéfiants. Jusqu’au jour où ses errances l’amènent à Berlin, en 1967.

Merci à Paul Colize pour cet entretien, et à très bientôt pour une nouvelle interview.

Back up de Paul ColizePeux-tu nous parler de ton enfance et comment tu en es venu à écrire du polar ?
À quelques exceptions près (je ne dirai pas lesquelles), mon enfance ressemble étrangement à celle du personnage de Back up.

Mon envie d’écrire des polars est venue bien plus tard, il y a une dizaine d’années, lorsque j’ai quitté l’entreprise pour laquelle je travaillais en fomentant un coup d’état pour ne pas partir les mains vides. J’ai écrit cette histoire pour faire marrer mes associés et le virus de l’écriture est venu. J’ai ensuite écrit mon premier polar, puis le second, etc.

Quelle vision as-tu sur le polar en Belgique comparé à la France ?
La Belgique ne compte pas d’éditeurs de polars, les Belges lisent la même chose que les Français et leurs goûts sont très similaires, il suffit de comparer les chiffres de ventes, ce sont les mêmes titres qui cartonnent. En Belgique aussi, certains pensent que Musso, c’est du polar.

Avant même de commencer à lire ton roman Back up, j’ai flashé sur la couverture !! Peux-tu nous parler de ta rencontre avec les Éditions la Manufacture de livres et l’idée de cette couverture ?
Aaah ! Cette couverture, ça est une fois un bazar ! Quand Pierre Fourniaud me l’a proposée, je lui ai d’abord dit que ça ressemblait à un menu de restaurant tex-mex. Avec le temps, j’ai appris à l’aimer. Aujourd’hui, je n’imagine pas une autre couverture que celle-là. Il faut pouvoir remettre ses certitudes en question.

On voyage dans l’histoire du rock dans ton roman Back up, comment est venue l’idée de ce livre ?
Je terminais le Baiser de l’ombre et je cherchais une idée pour mon prochain roman. Et les idées ne viennent jamais quand on les cherche. En écoutant ma radio préférée (Classic 21), j’ai entendu le making-of d’un album de Nirvana et les zones d’ombre qui entouraient la mort de Kurt Cobain. J’avais l’idée de départ. 

Sans dévoiler le roman, peux-tu nous parler des deux citations du début du livre de John Lennon et Keith Richards ?
Les Beatles et les Rolling Stones ont été les deux groupes phares de la déferlante du pop rock british du début des sixties. Il me tenait à cœur de leur donner la parole, d’autant que ce qu’ils disent colle bien à la trame du roman.

Peux-tu nous parler de X MIDI et de Dominique, deux personnages que j’ai beaucoup aimés dans ton livre ?
Ils existent tous deux. Dominique s’appelait Michel, c’était un coach sportif dont le comportement était proche de celui du personnage du bouquin. Il nous a quitté inopinément il y a deux ans. Je tenais à lui adresser un signe amical.

As-tu une anecdote sympa à nous raconter sur ce roman ?
Le roman est truffé d’anecdotes sur le monde du rock, certaines sont flagrantes, d’autres dissimulées, d’autres encore frisent le subliminal. Toi qui adores les concours, tu devrais en organiser un pour les amateurs du genre en les défiant de les trouver toutes.

Comment tu écris ? (le soir, le matin…dans un bureau)
Quand j’en ai envie et uniquement quand j’en ai envie. Je n’ai aucun objectif de productivité. Pas de contrainte, que du plaisir. Enfin si, une contrainte. Contrairement à certains auteurs, j’ai besoin du silence absolu pour pondre une ligne.

J’avais adoré  ton livre  La troisième Vague sur les tueurs du Brabant chez Krakoen, peux-tu nous en parler, car j’ai vu dans la presse que l’on avait des nouveaux éléments ?
L’affaire rebondit à intervalles réguliers sans pourtant avancer vraiment. Mon petit doigt me dit qu’un dossier reprenant la chronologie des événements et l’état actuel de l’enquête sortira bientôt à la Manufacture de Livres.

Rock n' RollQuel est l’actualité qui t’énerve actuellement ?
Aujourd’hui, c’est la journée de la femme. Ça m’énerve qu’on doive instituer une date pour se pencher sur la discrimination qui existe encore dans bien des domaines. J’espère que les choses vont changer. Ce sera une réussite quand on pourra abroger cette « fête ».

Quel livre emmènerais-tu sur une ile déserte ? Et pourquoi ?
Le GSPTSSID. Le Guide de Survie pour les Pauvres Types qui Sont Seuls sur une Ile Déserte, ça peut servir.

Le Concierge est curieux ;-) Quels sont tes prochains projets ? Si tu peux nous mettre l’eau à la bouche.
Je termine tranquille un polar dont le héros est un avocat spécialisé en divorce qui se retrouve avec une affaire épineuse sur les bras (un Top Model belge s’est fait larguer par un capitaine d’entreprise français qui lui arrive au menton, toute ressemblance, etc.). Après cela, retour vers le noir et une sombre affaire qui a défrayé la chronique dans les années septante (et oui, c’est comme ça qu’on dit chez nous).

Quel est ton film, et ta musique préférée ?
J’aime bien Casablanca et la musique qui va avec. Je pleure chaque fois que je le regarde. Rejoue-le moi, Sam.

Quel coin de la Belgique aimerais-tu nous faire découvrir ?
Avec la mer du Nord, comme dernier terrain vague, et des vagues de dunes pour arrêter les vagues. Oui, clairement la côte belge et sa charge de nostalgie.

Quel serait  ton dernier mot pour tes lecteurs et lectrices ?
Keep on rockin’