Jérémy Behm :: Démolitions en tous genres

Jérémy Behm et le concierge masquéD’habitude, je ne suis pas très chaud pour lire des nouvelles. Je rencontre Jérémy Behm au salon du polar de Montigny-les-Cormeilles. Après une discussion avec l’auteur, Je me décide pour son recueil de nouvelles sorti chez Rivages Noir Démolitions en tous genres. Un vrai choc. Quatre nouvelles absurdo-sinistres superbement écrites à l’humour très noir et très sanglant.

Cet auteur sera à suivre absolument et je dirai même que c’est une future grande plume du polar français. Si je me trompe, je suis prêt à faire mon mea culpa.

Behm, le nom vous dit peut-être quelque chose. Marc Behm, l’auteur de Mortelles randonnées, porté à l’écran par Claude Miller qui nous a dernièrement quitté n’est autre que le grand-père de Jérémy.

Voici un résumé de son dernier roman, Le hold-up des salopettes, chez Rivages Noir. Jérémy Behm s’attaque avec bonheur à la novélisation d’un scénario de son grand-père Marc :

Vince, c’est le genre de type qui s’accroche au pinceau une fois l’échelle retirée, comme il l’admet sur le ton de la plaisanterie. Ce n’est pas un gagnant. Alors qu’il se promène dans un parc en faisant rebondir une balle de tennis découverte par hasard, il est témoin d’un meurtre et se trouve immédiatement arrêté à la place de l’assassin. Rebaptisé « le sniper de Parkside Street », il voit son épouse lui demander le divorce. La journée commence mal, mais c’est loin d’être fini.

Je vous laisse en compagnie d’un charmant jeune homme que je remercie pour cette superbe interview, très bonne lecture à tous.

Jérémy, peux-tu nous parler de ton enfance et comment tu es venu aux Polar ?
En fait, ma passion pour tout ce qui est du domaine de l’imaginaire remonte à loin, très loin… Déjà, à l’école primaire, je racontais des histoires à tous mes potes. Mais attention, hein, pas n’importe quel genre : c’était personnalisé pour chacun d’entre eux. Ainsi, j’avais un carnet sur lequel je notais les noms de chacun pour qu’une fois leur histoire terminée, les autres ne se fassent pas griller leur place.

Je pense que c’était dû à l’influence des « livres dont vous êtes le héros », des livres-jeu que je dévorais à cette époque, et qui faisaient de vous le personnage principal du roman, mais également à tout un tas d’autres ouvrages, car je lisais énormément, à ce moment-là (bien plus qu’aujourd’hui, même). La lecture, c’était ce qui me permettait de m’évader quand les choses allaient mal.

Quelques années plus tard, j’ai aussi beaucoup raconté d’histoires à ma petite sœur et à mon filleul, quand je m’occupais d’eux. J’ai d’ailleurs couché l’un de ces récits par écrit, qui a été ma première « expérience littéraire ». Je devais avoir dans les douze ans.

Par la suite, j’ai écrit pas mal d’autres choses, la plupart inachevées – je commençais beaucoup de manuscrits, mais je les finissais rarement, je vous rassure, ça a changé, depuis – qui doivent dormir quelque part dans mes tiroirs : de l’heroic-fantasy, (oui, je sais, ça peut surprendre, mais je suis un grand fan), ainsi que deux ou trois trucs d’horreur pure (ma période adolescente, Stephen King, Graham Masterton, Dean Koontz, Peter Straub, etc…) et donc, du polar.

C’est à l’âge de 16 ans que j’ai achevé mon premier manuscrit et poussé la porte des éditions Rivages… Et à l’âge de 16 ans et demi qu’on m’a renvoyé à ma copie. La bataille pour l’édition venait de commencer.

Pour info, j’ai conservé ma première lettre de refus en me disant qu’un jour, j’en rirais. Depuis, il y en a eu d’autres, beaucoup d’autres. (Rires, ou « lol », comme tu veux.) Vous voyez ? Effectivement, aujourd’hui, j’en ris !!!

Mortelle randonnéeTu es le petit-fils de Marc Behm. Peux-tu nous parler de ton grand-père ? Quel souvenir gardes-tu de lui ?
Oui, Marc Behm est mon grand-père. Difficile de passer après un monument pareil, pas vrai ? Après tout, c’est quand même l’homme qui a écrit Mortelle randonnée, celui qui a fait le scénario de Help pour les Beatles, lui encore qui a côtoyé Cary Grant, James Coburn, etc… Okay okay, n’en jetez plus !!! (Rires.)

Nombreux sont ceux, d’ailleurs, qui me demandent si l’héritage n’est pas trop lourd à porter. Et ma réponse, invariablement, est toujours la même : non. Pourquoi devrait-il en être ainsi ? Après tout, il a été, et est encore, l’un des acteurs majeurs de ma propre carrière. Depuis tout petit, j’ai toujours été fasciné par cet homme qui vivait de sa passion, et qui n’a jamais dévié de sa voie, le tout avec une incroyable simplicité qui forçait le respect.

Bien au contraire, il m’a donné des ailes pour tendre vers mon propre idéal de vie. Et si aujourd’hui, je regrette un peu de ne pas avoir pu lui poser toutes les questions qui me trottaient dans la tête (ce n’était pas un homme facile d’accès, et je ne suis pas non plus quelqu’un qui va spontanément vers les gens), je me souviens de ces nombreuses sorties au MacDo avec ma grand-mère et lui (comment a-t-il pu vivre si vieux en mangeant tous les jours au MacDo, c’est un mystère), ou plus tard, des quizz cinéma que nous faisions entre nous, en tant que cinéphiles avertis, l’un comme l’autre. Bref, que des bons souvenirs…

Non, l’héritage n’est pas lourd à porter, m’sieurs-dames : bien au contraire, c’est lui qui me porte. Et je suis sûr que de là où il est, il est heureux de ce « passage de flambeau », lui qui a lu quasiment tout ce que j’ai pu écrire, et a même eu le courage de se farcir mes premiers jets, c’est dire…

Tu débutes par un premier coup de maitre : Démolitions en tous genres chez Rivages noire, peux-tu nous parler de ces quatre nouvelles ?
Coup de maître, coup de maître, c’est vous qui le dites… Stieg Larrson, Dennis Lehane, James Ellroy ont fait des coups de maîtres… Moi, j’ai juste écrit quatre histoires qui, je l’espère, plairont aux gens et leur donneront envie de connaître un peu plus mon univers. Qu’en dire sans trop en dévoiler ? Eh bien, le mieux, c’est de les lire, non ? (Rires.) Bon, d’accord, je veux bien essayer de développer un peu, mais juste ce qu’il faut pour préserver le suspense.

Chacune d’entre elles est différente des autres. Elles baignent toutes dans le même climat de noirceur un peu surréaliste, mais Poisson rouge est la plus étouffante, Le système Dean la plus percutante et la plus nerveuse, Entre gens de bon goût la plus affreuse, et à sa façon, la plus critique des quatre sur les excès d’un système qui ne fonctionne plus aujourd’hui que sur la dérégulation…

Et puis, il y a Kraken syndrome, certes la plus classique, mais pour laquelle j’éprouve une tendresse particulière, puisque je l’ai écrite il y a presque 16 ans maintenant (elle a connu maints remaniements), et que c’est elle qui a tout amorcé pour moi.

Lorsque François Guérif l’a lue, elle lui a plu, tout simplement, et il m’a alors proposé d’en écrire d’autres pour constituer un livre. Démolitions en tous genres était né.

C’est très noir, violent et  jubilatoire. Comment t’es venue l’idée de ce roman ?
D’où vient une idée ? De n’importe où, en fait. Il n’y a pas de règles : cela peut être une chanson, une image, une pensée, un coup de gueule qui se transforme en histoire… Cela ne s’explique pas, ça vient d’ailleurs. Une fois qu’on a compris ça, on a tout compris. Il ne reste plus qu’à s’installer devant sa feuille, sa machine à écrire, peu importe, et à se laisser porter par cette idée. Je ne dis pas que c’est facile (en tout cas, pas pour tous, et je n’en fais pas partie).

Parfois, il faut se donner un coup de pompe aux fesses et se dire « allez, mon pote, cette histoire ne va pas s’écrire toute seule, bouge-toi, un peu ! ». Mais une fois que vous avez l’idée, un grand pas est franchi. Pour le reste, veuillez prendre rendez-vous avec ma secrétaire, les cours ne sont pas gratuits ! (Rires.)

Quant à la noirceur et à la violence, eh bien, disons que c’est un moyen pour moi d’exprimer ce que nombre d’entre nous ressentent face à cet univers qui se resserre de plus en plus autour de nous, tel un étau. A moins que ce ne soient à cause de mes influences, qui vont de Fincher à Tarantino, en passant par Scorsese, Coppola, Christopher Nolan, etc, etc… Je vous avais dit que j’étais cinéphile, non ?

Démolitions en tous genresTu as pris un sacré pari de commencer par des nouvelles (on sait que les nouvelles, en France, sont moins lues par les lecteurs). Pourquoi ne pas commencer par un roman ?
Mais tout simplement parce que cela s’est fait comme ça. Comme je vous le disais, j’ai soumis la première nouvelle à François Guérif parce que cela faisait quelques années que je ne lui avais rien présenté. Je n’envisageais rien, c’était juste histoire de renouer le contact en lui faisant lire quelque chose d’inédit. Quand il m’a dit qu’il était prêt à l’éditer si j’en écrivais d’autres, vous vous doutez bien que je n’allais pas faire la fine bouche.

Et puis, j’aime la nouvelle : j’ai par exemple beaucoup lu Philip K. Dick, dont une bonne partie de l’œuvre repose sur des nouvelles, ce qui a pourtant donné quelques chefs-d’œuvre du septième art. Edgar Allan Poe, pareil (ça fait plus sérieux de citer Poe que K. Dick, non ?) Donc, si moi, j’aime ça, il n’y a pas de raisons que je sois seul dans ce cas. De plus, des nouvelles, c’est plusieurs romans pour le prix d’un seul, et en cette période de crise, c’est l’idéal, non ? (Rires.) Plus sérieusement, mes prochains livres à sortir devraient tous être des romans, je ne suis donc pas sectaire. Quant à un autre recueil de nouvelles… Peut-être un jour, qui sait ? Pour l’instant, ce n’est pas prévu au programme, mais je ne me ferme aucune porte.

Comment écris-tu ? (le matin, le soir, dans un bureau…)
Ah, bonne question, ça : eh bien, de ce point de vue, du moins, je diffère totalement de mon grand-père. Autant lui se levait aux aurores, autant moi, je suis une chauve-souris. J’écris environ deux heures et demi en fin d’après-midi (ça, c’est pour la « base », pour se dire que même si je n’écris plus rien par la suite, ma journée n’aura pas été vaine), et sinon, en pleine nuit, c’est l’idéal (d’ailleurs, là, à l’heure où j’écris ces lignes, on approche des deux heures du matin).

En ce qui concerne le contexte, il me faut mon bureau, mon ordinateur, le casque sur les oreilles, bref, une bulle, un cocon. Et surtout du calme, beaucoup de calme. J’envie ceux qui arrivent à se concentrer même au milieu de la foule, mais ce n’est pas mon cas. Un coup de fil, une visite impromptue, même courts, peuvent suffire à me faire perdre le fil de l’histoire, et après, je dois ramer pour le retrouver. C’est gonflant, mais c’est comme ça ! Bah, ça pourrait être pire : je pourrais avoir besoin de ma dose d’opium, comme Poe (tiens, on en revient à lui…) Finalement, je ne suis pas si mal loti. (Rires.)

Peux-tu nous parler de tes futurs projets littéraires ? Le concierge est curieux !!
Eh bien, vous avez de la chance, j’ai une actualité quasi-immédiate. Mon grand-père m’avait jadis proposé d’écrire ensemble un recueil de nouvelles. Seulement, pour diverses raisons, cela n’a pas pu se faire. Mais au moment où François Guérif m’a fait part de son désir d’éditer mes nouvelles, il m’a dans la foulée soumis un scénario de mon grand-père, qu’il m’a suggéré d’adapter en roman.

Et voilà comment j’ai finalement écrit un ouvrage à quatre mains  qui, je le pense, tient autant de lui que de moi. C’est l’histoire totalement folle d’un pauvre type qui, à la suite d’un malentendu, se retrouve aux prises avec les pires crapules, et cela devrait sortir aux éditions Rivages dans les mois qui viennent. Moins noir que Démolitions en tous genres, mais encore plus barré, cela devrait certainement vous plaire.

Ensuite, j’ai écrit une nouvelle aventure de Lucy, la « collecteuse d’âmes » de Et ne cherche pas à savoir et Crabe, toujours de mon grand-père, ce que j’avais envie de faire depuis très longtemps déjà, la « démone » étant chez lui l’un de mes personnages préférés. Comme vous le voyez, on n’échappe pas à son karma : ma carrière est étroitement liée à la sienne. Pour le futur, je suis bien sûr déjà en train d’écrire autre chose, mais chut ! Je vous en ai déjà bien assez dit.

Si tu devais emmener sur une île déserte plusieurs livres que serait ton choix ?
Ouh là : difficile de restreindre mon choix à seulement quelques livres. Je vais quand même essayer. Outre les livres de mon grand-père (ce serait trop facile), je suis un inconditionnel du Seigneur des Anneaux. A mon humble avis, Tolkien a accompli un travail de titan avec ce livre, et le succès cinéma de la version de Peter Jackson lui rend enfin justice au bout de toutes ces années.

Le roman tentaculaire de Stephen King La tour sombre, immense saga totalement délirante où le western rencontre la SF, l’horreur et la fantasy figurerait également en bonne place, ainsi que le Talisman, qu’il a co-écrit avec Peter Straub (le premier, pas la suite, qui m’a énormément déçue).

Agatha Christie et ses Dix petits nègres, le huit-clos parfait qui a inspiré des générations d’auteurs de romans policiers serait aussi du voyage, tout comme Dragon rouge et Le silence des agneaux de Thomas Harris, qui a juste posé les bases du thriller moderne.

Pour faire plaisir à un ami qui me les a fait découvrir, je mettrai aussi du Baudrillard et du Guénon, qui n’ont rien à voir avec tous ceux cités précédemment mais qu’il est bon de lire et de relire de temps à autre pour savoir où on en est aujourd’hui ! Ah, et puis, Démolitions en tous genres, of course… Mince, je sais pas ce que j’ai, j’ai mal aux chevilles, depuis quelques temps. (Rires.)

Je demande également pardon à tous ceux que je n’ai pas cités et qui le mériteraient pourtant. Je ne pourrais pas emporter une bibliothèque, plutôt ?

As-tu une anecdote sur ton livre, Démolitions en tous genres ?
J’ai dit pas mal de choses plus haut, déjà. Mais il y a quand même un truc assez amusant : j’aime bien demander autour de moi, une fois que les gens ont lu le livre, laquelle des quatre nouvelle ils préfèrent. En général, dans ce genre de livres, il y en a toujours une qui sort du lot. Mais pas là. Chacun a vraiment sa propre préférence, celle qui lui parle le plus. Et la dernière est immanquablement celle qui a les opinions les plus tranchées, qu’on l’adore ou qu’on la déteste.

En ce qui me concerne, celle dont je suis le plus fier est Poisson rouge. Et toi, cher concierge ? Laquelle a tes faveurs ?

Si tu avais le choix, quel personnage de polar aimerais-tu être ? Et pourquoi ?
Voilà encore une question à laquelle je n’avais jamais réfléchi. Certainement pas un personnage de mon roman, il leur arrive trop de galères. En ce moment, je suis à fond dans les romans de Dennis Lehane, et j’adore le personnage de Patrick Kenzie, son détective. C’est le genre de type qui reste cool et qui a toujours le mot qu’il faut quand il le faut, même s’il reste malgré tout fondamentalement humain, et n’arrive pas toujours à gérer tout ce qui lui arrive.

Dans le même genre, il y a également Dexter Morgan, de Jeff Lindsey, dont les pensées empreintes d’une ironie mordante sont à mourir de rire. Enfin bon, être un tueur en série, même « gentil », ce ne doit pas être évident à gérer. Je ne sais pas… Sherlock Holmes, peut-être ? Un génie à qui personne ne résiste ? Ah oui, mais… opiomane, lui aussi. C’est ça qui est embêtant, avec les héros de polars ou de policiers : ils ont toujours des failles grosses comme celles du Pacifique.

A part James Bond : lui, il sauve le monde, il emballe les filles, et il s’en sort toujours sans la moindre égratignure. Voilà, je voudrais être James Bond : un type qui ne se pose pas de questions sur ses employeurs et qui a une vision très « unilatérale » du monde. Tout serait si simple…

Non, tout bien réfléchi, je veux être Aragorn. Lui, il a du charisme, des principes, de la loyauté, et le visage de Viggo Mortensen au cinéma. Et il a Arwen. Vraiment, il est parfait. Sauf que… ce n’est pas un héros de polar, désolé.

En fait, être un type comme moi, ça me convient. Le genre anonyme, simple, terne… normal, quoi. Cela dit, je n’ai que 33 ans. J’ai encore le temps pour me confronter à des psychopathes ou pour résoudre des puzzles tordus qui mettent le FBI en déroute, non ?

Le hold-up des salopettes de Jérémy et Marc BehmQuel est le thème d’actualité qui te fâche le plus ?
Quel est le thème d’actualité qui ne me fâche pas aurait été une question plus simple, hé hé hé !!! Je suis résolument pessimiste quant à la société dans laquelle nous vivons actuellement même si je suis loin d’être quelqu’un d’engagé (je laisse ça à d’autres, bien plus capables que moi), et c’est ce que j’essaye de transcrire dans mes écrits, mes héros étant chacun à leur façon le produit de cette civilisation qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans un marasme économique et social où les inégalités entre les classes sont de plus en plus prononcées (vive la mondialisation à tout prix et le libéralisme sauvage, qui n’ont fait qu’accélérer les choses). Bref, je ne sais pas où on va, mais on y va, les amis !

Enfin bon, je pourrais disserter de ça pendant des heures, mais là n’est pas le propos, et puis finalement, on s’en fout, de l’avis d’un jeune écrivain. C’était quoi, la question, déjà ? Qu’est-ce qui me fâche le plus ? Allez, disons, la politique mondiale actuelle dans toute sa monstrueuse ampleur. Mais c’est loin d’être exhaustif, très loin !

Quel est ton film préféré ? Et pourquoi ?
Désolé, mais au risque de me répéter, je dirais, après le livre, la trilogie du Seigneur des Anneaux, qui est un film que je peux voir et revoir sans jamais me lasser. Peter Jackson a accompli l’impossible, lui qui auparavant n’avait fait que des petits films gores, et je lui tire mon chapeau. Il y a tout, dans ces trois films : mythologie, fantastique, aventure, humour, larmes… Autant dire que j’attends son adaptation de Bilbo avec une certaine impatience.

Mais allez, donnons également quelques films noirs, sinon les gens vont finir par penser qu’ils se sont gourés de site. Le Seven de David Fincher est une perle, tout comme Usual suspects de Bryan Singer, sans oublier Les nerfs à vif de Martin Scorsese. Je vais certainement m’attirer les foudres des puristes, mais j’ose dire que je préfère le sien à la première version. N’oublions pas non plus Scarface de Brian De Palma, la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola… Je suis aussi un inconditionnel de Clint Eastwood, dont je vais désormais voir chaque film  au cinéma depuis de très nombreuses années.

Oh, et j’aime bien aussi regarder des films pourris avec les potes pour le simple plaisir de les commenter et de se marrer. C’est devenu un rituel, mais on ne s’en lasse pas.

Mince, encore une fois, j’ai cité bien trop de films. Comme je vous l’ai dit, je suis cinéphile, alors pour moi, n’en choisir qu’un seul, c’est juste une torture. Après la bibliothèque, il n’y aurait pas moyen d’emmener aussi une DVDthèque, sur l’île en question ???

Quelle est ta musique et chanson préférées ?
Je suis assez pop rock, blues et soul. Dans ces genres-là, j’écoute pas mal de choses, mais en règle générale, je suis plus porté sur l’ancien que sur le nouveau. Mais si je ne devais retenir qu’une seule chanson, ce serait vite vu (pour une fois, je ne vais pas en citer dix mille) : Russians de Sting. Une pure merveille qui me file des frissons chaque fois que je l’écoute. Je l’ai découvert tout gosse, et je ne m’en lasse pas.

Ah oui, et puis A la queue leu leu, aussi. Un chef-d’œuvre de la chanson française que beaucoup continuent de dénigrer, même après tout ce temps. Je ne comprends pas pourquoi, d’ailleurs. (Rires.)

As- tu une passion dans la vie, à part l’écriture ?
Vous l’aurez donc compris, mon autre grande passion, c’est le cinéma. De ce fait, on me demande souvent pourquoi je n’ai pas encore écrit de scénario, depuis le temps… Comme si c’était si facile. J’ai déjà suffisamment bataillé pour être édité, alors écrire pour le cinéma, ce serait un peu comme repartir à zéro. Peut-être cela se fera-t-il un jour, mais pour le moment, je suis très bien à ma place.

Une autre passion, moins évidente à première vue, c’est le jeu de rôles. A l’heure des jeux vidéo (dont je suis aussi friand, je l’admets), je fais partie des irréductibles qui s’éclatent encore avec des dés, un crayon et une gomme et qui peuvent décoller des heures durant pour des univers délirants issus d’un imaginaire collectif. D’où mon attrait pour J.R.R. Tolkien.

En fait, je réalise que je suis un peu geek sur les bords. Ce n’est pas grave : j’assume totalement mon statut d’adolescent attardé. Dans ce monde si sérieux, ça ne peut pas faire de mal, non ?

Que serait ton mot de la fin  pour tes lecteurs et lectrices qui lisent l’interview ?
Eh bien, pour ceux qui n’ont pas encore lu mon livre, je vous invite à le découvrir et à vous « plonger avec délice dans les méandres d’un esprit malade ». (Rires.)

Quant aux autres, ceux qui l’ont lu et apprécié, j’espère pouvoir continuer à vous amuser et à vous effrayer pendant encore de longues, très longues années. Merci à vous, chers lecteurs, chers lectrices, d’exister, tout simplement ; car après tout, c’est vous, et vous seuls, qui me donnez envie de vous livrer le meilleur de moi-même.

Rendez-vous très vite pour la suite, qui s’amorcera donc avec ce livre « écrit en famille », d’ici quelques mois tout au plus, et à bientôt pour de nouvelles aventures !!!

Et bien évidemment, encore merci à toi, Concierge Masqué, pour cette amusante interview. Comme tu peux le constater, j’ai été assez prolixe (c’est l’avantage avec les écrivains : ils écrivent encore plus qu’ils ne parlent, enfin, c’est mon cas, ah ah ah !!!).