Interview de A.H. Benotman : Garde à vie

AH Benotman et le concierge masquéGoûtez un peu l’ironie de la situation. Il est là, en face de moi, ligoté sur une chaise en osier, dans une des caves mal éclairées de mes immeubles. J’ai dévoré son livre, sa description hyper-réaliste de la prison et de l’enfermement m’a habité à tel point que quand il a refusé ma demande d’interview, mon sang n’a fait qu’un tour, un élan du cœur, de celui qui fait mal. Je l’ai traqué, l’ai abordé, l’ai supplié à nouveau. Rien n’y a fait. Une petite leçon qu’il vous faudra retenir, ne jamais rien refuser à un concierge masqué, pas même quelques questions, surtout pas quelques questions.

A.H. Benotman semble calme. Il me regarde sereinement. Peut-être me toise-t-il du bas de sa chaise ? Comment arrive-t-il à faire ça ?

J’ai le sentiment de revenir en enfance. Je suis au tableau. Lui, mon instituteur, est assis derrière son bureau et attend que je récite ma fable.  Passé et présent s’emmêlent. Qui suis-je, dans l’ombre du tableau noir ou la pénombre des moisissures, le loup ou l’agneau ? Garde à vie me revient en pleine figure. Ce récit noir, très (trop) réaliste, est un magnifique témoignage sur la dure réalité des prisons françaises. Un de ces livres qui pourrait être d’utilité publique s’il était enseigné dans les écoles. Mon prisonnier, ne souhaite pas réciter sa leçon, accorder son violon à mes questions. De l’estrade à la cave, l’humidité s’insinue. C’est à grands coups de seau d’eau glacé qu’il parlera. Et il parle. Il m’avoue être né à Paris en 1960. Il m’apprend qu’il a connu sa première peine de prison à l’âge de 16 ans. Il continue, la première fois, c’est la leçon, la deuxième fois, la punition, la troisième fois, c’est ta maison.

Garde à vie de AH BenotmanÇa y est. Nous y voilà !

Et puis il part d’un rire sonore, me tend la ficelle et croise ses jambes. Il sourit, s’est joué de moi. Je lui présente la serviette éponge qu’il m’avait apporté et que j’avais précautionneusement posé sur l’étagère bancale de la grande armoire. L’espace d’un instant, je vois mon regard démultiplié par le miroir cassé posé à même le sol. Me suis-je vraiment laissé prendre au jeu ? Pour toute réponse, je me plonge dans le regard d’Hafed pour oublier le mien, j’y vois une lueur de tristesse à peine perceptible quand il me lance : « Alors, on l’a fait cette interview ou tu veux encore qu’on joue à la prison ? » Puis il ajoute plus bas, je ne suis sans doute pas sensé l’entendre « ce n’est pas un jeu la prison… »

Je lui tends son sac de sport et me retourne le temps qu’il se change. Je ne sais plus où j’en suis. Ne pas dépasser la limite. Ne jamais dépasser la limite. A-t-il eu des doutes ? Je n’en ai aucun sur le fait qu’Hafed est mon ami, qu’il se livrera maintenant sans concession avec sa gentillesse habituelle. Je vous envie. Vous allez faire connaissance avec un grand monsieur du roman noir qui laissera, à l’évidence, son empreinte dans la littérature.

Nous avons quitté la cave pour poser nos corps fatigués et mes questions alertes dans le sympathique cadre du restaurant associatif Diet éthique (Paris, 15ème) conseillé par Hafed et tenu par madame la Chef Francine. Mon petit doigt me dit qu’ils se connaissent bien ces deux là !

Hafed, peux-tu nous parler de ton enfance ?
Il faut que je vous en dise un peu plus sur mes parents. Ils étaient cons puisque domestiques sous la terreur de garder en eux la mémoire historique des rafles et des charniers. Brutaux donc d’avoir peur et pour complaire aux pouvoirs, des Polices et de la Magistrature, ils m’ont dressé à l’obéissance et ça n’a pas marché. Ils avaient perdu la foi en épuisant à tours de bras leur dure affection sur le cuir de la fratrie. Arrivé à moi, leurs coups n’avaient plus la force de leur amour, juste la terrible violence des échecs et des fatigues. D’où la prison. Pas fait pour la ferme, ils m’ont mis au zoo. Ils sont morts. Leur vie n’a servi à rien, pas même à ma venue au monde. Ils sont venus, restés, passés. Je n’ai jamais eu  envie de les tuer car ils étaient déjà morts.  Enfant, je le voyais bien. J’ai été nourri, lavé, habillé, éduqué par deux grands cadavres qui bougeaient. Comme une radio qui n’est pas branchée, qu’on allume et qui fonctionne une fraction de seconde grâce à l’électricité emmagasinée dans ses circuits lorsqu’elle était encore la fiche dans la prise de courant. Mes parents ont vécu cette fraction de seconde. Ensuite, le silence. Je ne les captais plus car ils n’émettaient pas. (Extrait du 5ème Mur ou l’Athéegriste – tentative de livre non publié -)

Comment es-tu venu au genre polar ?

D’aussi loin que me revienne, je n’ai jamais écrit de « polar » puisque dans mes écrits il n’y a pas d’enquêtes policières. J’aime beaucoup le polar mais n’en ai donc jamais écrit. J’écris ce qu’on pourrait qualifier de « roman noir » et, pour moi, le roman noir s’achève où commence le polar. C’est-à-dire que la tension entre les êtres est plus importante que les actes commis. Ce qui mène au « crime » m’importe plus que la recherche du criminel. Pour exemple, je cite LE CHAT de Simenon. Un couple âgé se déchire de solitude et d’habitude avec entre eux la présence d’un chat. L’homme ne se consacre qu’au félin et en oublie son épouse qui fait tout pour attirer son attention ce, jusqu’au jour où elle « assassine » le matou. L’homme ne lui adresse plus la parole et entre eux la tension est énorme durant tout le roman. Arrive la mort de la femme (infarctus) et la fin du roman ! Là s’achève le roman noir. Si, à ce moment la police arrive avec les pompiers et que l’on soupçonne le vieux d’avoir occis la vieille et qu’une enquête soit menée : commencerait alors le polar. Pour ma part, je suis venu à la littérature noire par mon éditeur car je ne savais pas que j’étais édité (j’étais évadé de prison à cette époque) et mon manuscrit à été pris en charge par d’autres puis publié. Jai appris à ce moment là que mon écriture était de la famille du NOIR.

Les poteaux de torture de AH BenotmanHafed , toi qui a fait de la prison, quelle est la situation actuelle des prisons françaises ?
Affreusement pourrie et de plus en plus car on enferme énormément de monde pour des broutilles sous prétexte du 0,001% de criminalité dite dangereuse (crime de sang sur les plus faibles). La prison est une machine qui ne sert qu’à une chose : gérer la misère sociale ! Depuis l’abolition de la guillotine (et non de la peine de mort) les peines sont de plus en plus longues et on enterre vivants des hommes et des femmes. De plus, il y a de plus en plus de pathologies graves dans les prisons. La misère s’est démultipliée et les gens arrivent détruit par les échecs successifs (école, travail, famille, affectif, sexuel etc.) et la prison les achève ! Le pire c’est qu’on enferme aussi l’enfance et mettre un gosse de 13 ans en prison : c’est de la maltraitance ! L’état par le biais de la justice cautionne la maltraitance et la cruauté vis-à-vis des enfants.

Tes romans prenne la prison comme thème, veux-tu faire réagir les lecteurs  sur l’injustice des systèmes ?
Je parle très peu de prison dans mes écrits même si elle est toujours là en filigrane. Je parle des enfermements divers qui vont du prisonnier dans sa cellule au S.D.F dans son carton via l’handicapé dans son fauteuil. Il s’agit à mes yeux de prison. Mes romans comme mes nouvelles sont une sorte de « Jeu de l’Oie » où il y a toujours une case prison. Ce qui m’intéresse et les sujets que je traite sont les malaises face aux enfermements qu’on ne voit pas d’où, les addictions : alcool, drogue, pharmacopée, suicide, violence entre les uns et les autres jusque dans les familles. Quand à l’injustice ? Elle est politique et voulue. Le pouvoir crée de l’injustice pour se dire humain puisque l’erreur est paraît-il humaine, alors il faut fabriquer de temps en temps de l’injustice de toute pièce. Pour ma part, je ne porte jamais plainte contre une justice à laquelle je ne crois pas… alors je ne crois pas non plus à son envers : l’injustice ! Crier à l’injustice et s’en indigner c’est laisser croire que la justice peut réparer une injustice et de ce fait : faire confiance au système de la magistrature qui n’est rien d’autre qu’une aristocratie protégeant cette autre, politicienne, qui elle est au service d’une royauté que j’appelle : la haute finance du DIEU argent.

Tu fais toujours une émission de radio ? Pour quelle raison la radio ?
La radio est un outil de lutte magnifique (De Gaulle s’en est servie). On peut censurer la presse, l’art, il est difficile de censurer les ondes, même si on peut les brouiller de temps à autres en prenant le risque de parasiter les radios officielles de pub et de propagande, car elles sont du domaine de l’invisible. C’est la parole directe qui passe par la radio et la notre, enfin notre émission s’adresse aux prisonniers/prisonnières et, de ce fait, nous traversons les murs. L’émission l’Envolée sur Fréquence Paris Plurielle tout les vendredis soir à 19h sur 106.3 crée un pont de l’extérieur vers l’intérieur. C’est un véritable outil de combat et de lien social.

Dis-moi si je me trompe, tu as joué dans une pièce de théâtre, sorti un livre pour la jeunesse. Quels sont tes projets littéraires actuellement ? Car le concierge masqué attend avec impatience ton prochain livre !
Ouh la la ! J’ai énormément joué au théâtre puisque durant 3 ans j’étais comédien dans une compagnie qui montait les classiques (Tchekhov/Hugo/Racine etc.). j’ai aussi joué dans une de mes pièces (j’en ai écris une vingtaine dont deux de publiées). Actuellement mes projets littéraires sont en accompagnement pour des réalisateurs de cinéma. J’ai eu la belle surprise de voir notre premier long métrage, à la réalisatrice Leila Kilani et moi, deux ans après l’écriture du scénario sélectionné à la quinzaine des réalisateurs à Cannes 2011 (Titre : SUR LA PLANCHE). Donc en ce moment j’écris un film avec un autre ami. J’aime parfois accompagner un artiste en écrivant un peu avec lui, surtout au niveau des dialogues. Pour mes projets personnels ? Je suis sur un roman et un recueil de nouvelles… je rame comme un chien !! Ou j’en chie si vous préférez.

Hafed, comment tu écris (le matin, le soir ,dans un bureau…) ?
Je n’ai pas vraiment de méthode ou d’horaire pour écrire. Comme je fais un roman tous les trois ans environ, je rumine une idée, macère des notes, parle avec des gens, vis des choses et je laisse l’alchimie se faire… un jour, je sens que ça va sortir et là, je prends deux ou trois mois d’isolement pour écrire. Par contre je ne sais jamais la forme que ça prendra : un roman ? Des nouvelles ? Des poèmes ? Du théâtre ? Des chansons ? Je ne sais jamais à l’avance… Comme je n’ai pas d’imagination, il me faut bien trois ans pour me confronter à la vie, au réel, vivre avec et parmi les autres pour écrire. Mes rencontres sont là pour rendre compte par l’écriture. Je préfère vivre les choses plutôt que de les écrire mais je ne peux pas écrire du vécu, même s’il n’est pas autobiographique, sans l’avoir expérimenté… il passe tout de même par ma viande. Je suis un auteur, je crois, de chair et de peu d’esprit.

Pour toi le polar c’est quoi ?
J’en sais fichtrement : RIEN ! Des histoires aux plus proches de l’humain ? Par contre, je peux t’en dire un peu plus sur l’écriture : enfin la mienne… Je n’ai aucune histoire à raconter, je n’en ai jamais eu d’ailleurs, juste des états, des réactions, des agissements, mais je trouve l’histoire romanesque de plus en plus futile, où est-ce que le monde agit trop sur moi ? Je suis proche du frémissement de l’animal inquiet  ou à l’affût. Ce frémissement, moustache de souris – oreille de chat – œil d’oiseau – est toujours un mot, le premier qui invente le second ainsi de suite et là, trotte la souris furtive bondit le chat joueur et s’envole l’oiseau. C’est l’hésitation du chat qui fait ma griffe ma patte mon style. Après quoi doit-il chasser, souris ou oiseau ? Choisir vite, en réflexe, le Haut ou le Bas ? Ce qui esquive ou ce qui se cache ?

J’échappe de moins en moins à cette hésitation et je raconte ce que je vois, ce que j’ai vu : le souvenir caché fantasmé des autres.

L’écriture n’est pas un travail, juste la continuité de mon émotion, de la pensée émue. Cela coule seul, déborde ma cervelle. J’écris alors en crue sans rien retenir. Plaisir atteint parfois, rarement car j’écope feuille après feuille et ramette après ramette justement je rame. Le chemin au plaisir est houleux. Au moment où ça passe, où la phrase s’insinue et vient s’aligner dans sa typographie, consolider la fondation du texte, quand je la tiens contre la digue, je colmate vite de ciment de grammaire et je décore de faïence page après page, un  mille feuilles contre la tempête du sujet traité.

Il n’y a pas d’autre jouissance que celle de voir vague à vague les phrases se cogner les unes les autres contre cette digue de littérature, ça fait des chocs d‘éclaboussures, des fulgurances disent les professionnels. Sans précédent, ni passé ni futur, que le présent. Rien après rien avant. Que du pendant. Juste nous. Moi et l’Écriture. Égoïstement liés, seuls et besoin de l’être. Tu vois, quand j’écris il n’y a plus de père ni de mère, je perds conscience même d’être né ou vivant. J’écris. Même mon nom lorsque je l’installe en page de garde ou en signature m’apparaît comme fictif. Je ne suis plus du tout réel, j’abandonne le dur pour traverser le Mur.

Aucun détournement possible. Eurydice n’est que l’ombre d’Orphée et s’il se retourne, entre lui et son ombre le soleil se glisse et efface l’ombre. Je ne me retourne plus car j’ai confiance en celle qui me suit, je peux la devancer les yeux fermés. Mon ombre est écriture. L’appartenance au royaume des morts. Vampire de mes rencontres aussi. Ils et Elles me reprochent de boire leur mauvais sang d’encre tout en vantant mes qualités d’Écoute alors que mon silence les mord. Lorsqu’ils se découvrent exsangue dans un livre leur reproche : Tu es un vampire toi ! Si cela est fondé, vrai, alors je leur donne la vie éternelle et la damnation de se survivre jusqu’au pieu non dans le cœur mais dans le brasier d’une censure, d’un autodafé. Je les emmène en enfer, les miens, puisque me serrant la main dans un acte d’amitié ou d’amour ils ont signé un pacte.

Tu sais toi et toi, tu sais vous que je suis pris en otage par l’alphabet et je ne peux – pour rançon – m’échanger que contre l’objet précieux: le Livre, ce cercueil où je dors ma fatigue et d’où je me relève de mes couches.

Pas de livre, pas d’échange et je meurs ou pire, mes ravisseurs, mes kidnappeurs me renvoient de dégoût et me rendent libre à la vie civile. Alors là, je me suicide en devenant lecteur du livre d’un autre pour qui l’écriture à versé la rançon qui n’est en rien le prix de la gloire mais la gratuité du filon découvert de la mine.

Me voilà suspendu, entre le bond et le plongeon.

En ce moment le polar est en plein boum, pour quel raison a ton avis ?
Pour des raisons de télévisions. 7 films ou téléfilms sur 10 sont des histoires de gendarmes et de voleurs. Les médias font leur choux gras du « crime » et plus on en parle, plus les peuples font haro sur le baudet/délinquant  ce, afin de ne pas voir, penser ou agir contre les crimes collectifs que sont les guerres, les massacres, les famines à travers le monde. Le polar est en plein boum car… il est les nouveaux jeux du cirque. On traque partout l’homme seul dans le réel (fait divers) dans la fiction (film/livre). Le polar, quand il est bon, touche au profond de l’homme et si la plupart des personnages criminels sont loin très loin de nous, c’est-à-dire qu’ils sont loin dans le plus profond de chacun d’entre nous.

Si tu avais un coup de cœur, dans les écrivains actuels, ce serait qui ?
Joker ! J’ai trop d’ami(e)s parmi les écrivains que je ne saurais lequel choisir… Oui, je suis lâche !

Si tu avais un message à lui transmettre ?
Continue d’avoir cet immense, énorme talent qui est le tien et ne rougis pas de mon compliment car quand un génie te dis que tu as du talent… tu peux le croire !

Et si tu avais un coup de gueule sur l’actualité ?
Le regard vieillit
Je ne dis pas les yeux
Comprenez bien
– le regard –
Ni la rétine
Ni la pupille
Pas plus le globe
Ou la cornée
Juste le regard
Sur un monde ridé de naissance

Mon coup de gueule est celui là : on ne se regarde plus les uns les autres. Donc on ne se regarde ni vivre ni mourir ! L’actualité c’est l’infinie indifférence d’une nouvelle atroce qu’une autre chasse le lendemain. L’actualité nous distance et nous habitue à la cruauté des humains vis-à-vis les uns des autres. On nous à greffé tant d’inutilité qu’il nous faut nous arracher des morceaux de notre propre viande, de notre pauvre chair d’automutilation en automutilation. Et faisant, nous arrachons l’autre que nous aimions jadis. Que nous avions dans la peau. On se dépèce de l’autre et chacun reste écorché ! Bref, l’actualité nous en a mis tellement plein la vue qu’elle nous à énucléé de notre regard et du temps qu’il faut pour voir vraiment les choses.

As-tu une anecdote par rapport au polar ? Une situation marrante ?
Oui. Mais ce n’est pas très marrant. Comme je suis sans papier, Césaré Battisti m’avait proposé de m’héberger chez lui si un jour j’avais un problème. Dans la même semaine il était arrêté… ce n’est pas drôle mais la situation c’est que si je m’étais planqué chez lui ? Vous imaginez !!!

Ta musique et ta chanson préférée ?
Je suis très classique dans mes goûts musicaux. J’aime la chanson française, dites à textes. Donc ça va de Henri Tachan à Anne Sylvestre via Bobby Lapointe et beaucoup d’autres. Sinon, j’aime l’opéra et en particulier le Carmen de Bizet. Comme j’écris moi-même des chansons, je suis très proche des interprètes comme Reggiani.

Peux-tu nous parler de la maison d’édition Syros collection Rat Noir ?
C’est une maison d’éditions qui fait du roman jeunesse et la collection est dirigée par Nathalie Beuna et François Guérif. Donc je ne me suis pas trop éloigné de Rivage/Noir. C’est la première fois que j’écris un roman étiqueté « jeunesse », je pense l’avoir écrit comme un roman « normal » sans me préoccuper du public ciblé. Ceci dit c’est aussi un « cadeau » à mon ami Jean-Hugues Oppel qui, me visitant en prison, m’a encouragé à entrer dans cette collection.

Jérémie Guez a parlé de toi lors d’une interview au concierge masqué et il avait une question pour toi : « Alors pourquoi t’écris tout ces trucs dégueulasse ? »
Antonin Artaud a écrit : « Là où ça sent l’Être ? Ça sent la merde… ». La merde c’est, je crois, un peu dégueulasse alors comme j’écris sur l’Être, il y a des relents… et puis Jérémie : je t’en pose des questions moa ?

Comment se passe ton séjour dans le phare de Ouessant ?
C’est magnifiquement beau. L’océan vient cogner sur les rochers et j’ai une vue imprenable. La nuit, quand le phare se met en route, c’est très beau et très étrange car tout le paysage est repeint par les faisceaux en noir et blanc. C’est magique et ça me remet les yeux en face des trous.

Dernière question du concierge : as-tu quelque chose à déclarer pour la fin de l’interview ?
Oui, j’ai quelque chose à déclarer : Je ne parlerais qu’en présence de mon avocat.

Un grand merci Hafed d’avoir répondu aux questions du concierge masqué.
C’est moi qui te remercie de me donner la parole et de faire du lien entre les auteurs et ceux qui nous lisent. C’est une chance de pouvoir s’exprimer librement là où d’autres risquent leur vie juste de lever les yeux sur des hommes de pouvoir. Donc : merci à toi ami.